Mais qui se cache derrière la Marguerite d'Angoulême ?

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Chocolatier Duceau - ©JLPC / CC-BY-SA Chocolatier Duceau - ©JLPC / CC-BY-SA
Marguerite de Navarre Spécialité

Késako ?


Crée en 1876 par le chocolatier Duceau, ce chocolat rend hommage à la sœur chérie de François Ier, Marguerite d'Angoulême. C'est une spécialité en forme de petite marguerite à base de chocolat noir amer, de chocolat au lait ou de chocolat blanc, légèrement parfumé à l'orange confite.

La petite histoire


Les débuts de Marguerite


Ah, mais quelle femme, Marguerite ! Une vraie femme, forte, intelligente, belle, fine et douce... La fille de Charles d’Orléans, comte d'Angoulême, et de Louise de Savoie naît le 11 avril 1492 dans une tour du château d'Angoulême. Son frère, c'est le (futur) François Ier : il naîtra 2 ans plus tard. Marguerite a 4 ans lorsque son père meurt.

Sa mère va alors s'occuper de ses enfants avec le plus grand soin. Marguerite, elle, sera une femme de tête ! Elle apprend et parle le grec, le latin, l'anglais, l'espagnol, l'italien et l'hébreu ! Ajoutez à ça un soupçon de poésie, un peu de philosophie et de sciences... Pour ne rien gâcher, elle est très belle !

Mais on la marie avec le duc d'Alençon, Charles IV, en 1509 : Marguerite ne l'aime pas, celui-là. Une sacrée rudesse, un esprit très carré et... un niveau intellectuel qui laisse à désirer. En 1517, son frère enfin roi lui donne le duché de Berry : elle s'appelle désormais Marguerite de France. Ah, son frère, son François chéri ! Heureusement qu'elle l'a... Lui la surnomme affectueusement la « Marguerite des Marguerites », sa « mignonne ». Elle, le guide, lui donne des conseils politiques et diplomatiques très affûtés.

Une cour brillante


Mais voilà : le duc d'Alençon meurt en 1525. La même année, François se fait capturer à Pavie. Sort cruel... Elle épouse 2 ans plus tard le roi de Navarre, Henri d'Albret : oh, ils auront bien une fille, Jeanne... future mère d'Henri IV. Mais ce mariage n'est pas plus heureux que le premier. Marguerite tient alors sa cour à Nérac et à Pau : elle réunit poètes, savants, gentilshommes et dames cultivés.

Elle s'entoure de valets de chambre et de secrétaires, comme Clément Marot, l'écrivain Bonaventure des Périers... Marot, c'est son petit protégé, un grand poète qui la décrit ainsi : « Corps féminin, tête d'ange, cœur d'homme ». Aah, mais Marot est protestant, et à l'heure où catholiques et huguenots commencent à se chercher des noises, on l'accuse d'avoir mangé du lard en plein carême ! Marguerite le défend bec et ongle, le fait même sortir de prison.

Poèmes sur fond de guerre


La voilà qui prend parti pour les protestants. Pas très bien vu, à l'époque ! Mais la belle s'en fiche. Tout en composant des poèmes (on la surnomme la dixième muse du Parnasse), elle aide son frère à la fondation du Collège de France, contribue au développement de l'université de Bourges et de Nîmes. Et Marguerite s'engage de plus en plus : elle écrit Le miroir de l'âme pécheresse, poème sur fond de religion, censuré car considéré comme contraire aux valeurs catholiques.

Les élèves de la Sorbonne, excités par ce brûlot, publient des satires dans laquelle ils appellent Marguerite la « furie d'Enfer ». Et la voilà qui fait publier la traduction en français des prières latines qui se disent à la messe. Pire, elle met à la mode la messe à la protestante ! Sacrilège ! Mais elle n'abandonnera jamais vraiment le catholicisme, ne serait-ce que par respect pour son frère.

Marguerite, qui rêvait souvent le nez au ciel à contempler les astres, attrape froid une nuit d'hiver. Elle meurt au château d'Odos (65), le 21 décembre 1549. Seule. Son corps repose dans la cathédrale de Lescar (64). Sa devise ? « Non inferiora secutus », « Je n'ai pas suivi de buts insignifiants », avec un souci tourné vers le soleil...


Et encore !