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10 anecdotes sur la naissance de Napoléon Bonaparte à Ajaccio

Quand : 15 août 1769

Napoléon, Ajaccio | ©Holger Gottschalk / Pixabay
Maison Napoléon Ier Maison Bonaparte

Direction la maison natale du futur empereur, à Ajaccio !

Sources : Madame Mère, Napoléonis mater (Hippolyte Larrey, 1892) / Napoléon inconnu, papiers inédits (Frédéric Masson, ‎1895) / Bonaparte (André Castelot, 2019).

1 - Une comète dans le ciel !

La naissance de Napoléon aurait été annoncée par une comète extrêmement lumineuse, que l’astronome Charles Messier découvre à Paris le 8 août 1769.

Soit une semaine avant la naissance de l’intéressé !

Tout le long du mois d’août, la comète devient de plus en plus brillante.

Messier dédiera en 1808 ce corps céleste à l’empereur, en publiant le mémoire Grande comète qui a paru à la naissance de Napoléon le Grand.

À noter qu’une comète est également observée le 2 avril 1821, au-dessus de Saint-Hélène !

Un mois à peine avant la mort de Napoléon. Qui s'écrie, troublé :

« Une comète ! Ce fut le signe précurseur de la mort de César… Je suis à bout, tout me l’annonce. »

Maison Bonaparte

Maison Bonaparte | ©Sebring12Hrs / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

2 - D'où vient le prénom Napoléon ?

Étrange prénom que ce Napoléon, non ? C’est Laetizia, sa mère, qui le choisit !

Il a été porté par un arrière-grand-oncle, mort en 1598, et par un grand-oncle, un patriote corse qui se rebelle contre les Français, en 1768...

Certes, mais le prénom reste tout de même bien étrange ! Vous en connaissez, vous, des Napoléon ? Aucun saint n’a jamais porté ce patronyme !

Ah, une petite anecdote, justement, rapportée par Napoléon en personne…

À l’École militaire de Paris, en 1785, l’archevêque s’étonne de son prénom et fait la remarque que ce saint lui est inconnu et qu’il ne se trouve dans aucun calendrier.

Réponse du jeune Corse : ce n’est pas une raison, il y a après tout 365 jours dans l’année, mais bien plus de saints que ça !

Pour l’étymologie, plusieurs possibilités !

Le Guide de la Corse mystérieuse explique : Napoléon pourrait se rapprocher de Nea-Apollon, le « nouvel Appolon », ou encore Ne-Appollyon, le « véritable guerrier ».

Mais cela pourrait être en fait tout simplement la francisation de Nabulione, qui désigne en Italie... le Napolitain. Tout simplement !

©Napoléon Bonaparte (Appiani, 1798)

©Napoléon Bonaparte (Appiani, 1798) | ©National Gallery of Art / CC0

3 - Sa date de naissance devient un jour férié

Napoléon naît le 15 août 1769. Plus tard, il fixe la saint Napoléon au 15 août, par un décret du 19 février 1806.

« Il y aura, ledit jour, une procession hors l’église dans toutes les communes où l’exercice extérieur du culte est autorisé.
Il sera prononcé avant la procession, et par un ministre du culte, un discours analogue à la circonstance... »

Une fête nationale très impériale, supprimée à la Restauration, puis rétablie en 1852 par son neveu, Napoléon III.

Il faut attendre 1870 pour voir la fin de la saint Napoléon.

Ajaccio

Ajaccio | ©Pixabay

4 - La maison natale… partagée avec les cousins !

La maison natale (la « casa ») de Napoléon existe toujours rue Saint-Charles, ancienne rue Malerba (rue de la « mauvaise herbe »).

Napoléon qualifie la maison de « misérable » (les Bonaparte ne sont pas riches).

La famille Bonaparte habite le rez-de-chaussée et le premier étage ; leurs cousins, les Pozzo di Borgo, logent au deuxième.

Mme Bonaparte et Mme Pozzo di Borgo se détestent !

Celle-ci aurait volontairement conchié le plus bel habit de M. Bonaparte, Charles, qu’on faisait sécher à la fenêtre.

Une autre version raconte que Mme Bonaparte aurait renversé un pot de chambre sur la tête de sa voisine du dessus, au moment où elle sortait de la maison…

Napoléon passe en tous cas son enfance dans cette maison d’Ajaccio jusqu’à ses 10 ans, où il « ne peignait que des soldats toujours rangés en bataille » sur les murs de sa chambre…

Maison Bonaparte, galerie

Maison Bonaparte, galerie | ©Sailko / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

5 - Les parents de Napoléon

Son père, c’est Charles Bonaparte, un petit avocat. Sa mère s’appelle Laetizia Ramolino.

Lui a 18 ans, en 1764, quand son oncle lui fait épouser Laetizia, 13 ans.

Elle le suit partout où ses bottes le mènent, alors que la Corse se débat face à la France pour l’annexion et la guerre d’indépendance.

Elle partage tout, tout ! Même en étant enceinte de Napoléon, sur les chemins de pierres sèches, les rudes collines couvertes de broussailles !

En mai 1769, alors qu’elle fuit avec des patriotes corses en pleine montagne, elle crie en évoquant son futur fils : « Il sera le vengeur de la Corse ! »

Et de dire plus tard en se souvenant :

« Je portais dans mon sein mon Napoléon avec la même joie le même bonheur tranquille la même sérénité que j’éprouvais plus tard à le tenir dans mes bras à l’allaiter de mon lait. Je n’avais d’autre préoccupation que les dangers de son père et ceux de la Corse... »

Elle se retrouve, à 35 ans, veuve de Charles, mort à 39 ans.

Laetizia, pour Napoléon, c’est son pilier. « C’est à ma mère que je dois toute ma fortune et tout ce que j’ai fait de bien », dira-t-il à Sainte-Hélène.

Laetizia Ramolino

Laetizia Ramolino | ©Wellcome Collection / Public domain

6 - Né sur un tapis… ou pas !

Laetizia, dit la tradition, aurait eu ses premières contractions alors qu’elle se trouve à la grand-messe dans la cathédrale d’Ajaccio.

Elle rentre chez elle en urgence, à pied ou en chaise à porteurs, selon les sources, mais elle n’a pas la force de monter à l’étage dans ses appartements.

Elle accouche donc… dans la pièce du rez-de-chaussée. Paf !

Le bébé aurait roulé sur le tapis : une carpette représentant des scènes de l’Iliade, avec Achille… on a même dit que sur ce tapis figurait Jules César !

Interrogée plus tard sur ce sujet, madame Mère répond : « C’est une fable. Le faire naître sur la tête de César ! Avait-il besoin de cela ? »

A quoi elle rajoute : « Chez nous, en Corse, il n’y avait pas de tapis, encore moins qu’en plein été qu’en hiver. » Et toc !

Le docteur Héreau, ancien chirurgien ordinaire de Laetizia, écrira en tous cas plus tard :

« La naissance de l’empereur eut cela de particulier qu’elle ne causa à sa mère presqu’aucune des douleurs et incommodités qui accompagnent d’ordinaire un enfantement. »
Maison Bonaparte, salon

Maison Bonaparte, salon | ©Sailko / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

7 - L'origine des Bonaparte

On a spéculé, mais spéculé sur les origines des Bonaparte, je vous jure !

On leur a attribué des origines grecques, scandinaves, moyen-orientales...

A Sainte-Hélène, on murmure même que Napoléon est le descendant légitime des Bourbons !

Le frère jumeau de Louis XIV, le masque de fer, enfermé en prison à Pignerol, serait tombé amoureux de la fille du gouverneur, M. de Bonapart.

Un mariage secret se conclut, des enfants seraient nés, envoyés en Italie, où ils italianisent leur nom, devenu Buonaparte.

Ce à quoi Napoléon répond, peu dupe, qu’il « dit avoir entendu quelque chose comme cela. »

Il ajoute « que la crédulité des peuples est telle, leur amour du merveilleux si fort, qu’il n’eût pas été difficile de monter une affaire de cette sorte pour la multitude »...

En fait, c’est plus simple : les Bonaparte viennent de Toscane !

Charles Bonaparte (Girodet, 1785)

Charles Bonaparte (Girodet, 1785) | ©Internet Archive Book Images / Public domain

8 - Le père de Napoléon, breton ?

Le père du futur empereur serait… breton !

Un certain Marbeuf, séduisant marquis lieutenant des armées du roi, gouverneur de Corse, qui, en 1769, offre à Laetizia sa voiture personnelle et plus tard, donne de l’argent de poche au petit Napoléon à l’école militaire de Brienne...

C’est grâce à lui qu’il a pu entrer dans cette école, seulement accessible à ceux qui montrent huit quartiers de noblesse…

Il n’en faut pas plus pour que les mauvaises langues attribuent la paternité du petiot à Marbeuf !

Un enfant conçu en novembre ou décembre 1768, au beau milieu du combat opposant Corses et Français.

Charles Bonaparte ne se trouvait pas à Ajaccio, au moment de la conception, Marbeuf, si.

Napoléon sera lui-même pris de doute, car il aurait dit en 1799, au moment de mettre le cap sur l’Égypte :

« D’où viennent mes talents militaires ? Les Bonaparte étaient avocats ou magistrats. On a prétendu que, en réalité, je serais issu d’un général. Cette hérédité pourrait tout expliquer... »
Marbeuf

Marbeuf | ©Rijksmuseum / CC0

9 - La fratrie

Le couple Charles Bonaparte / Laetizia Ramolino ont eu 14 enfants, dont 8 ont survécu :

  • Maria Anna (1767 - 1768) ;
  • Joseph (7 janvier 1768 - 28 juillet, 1844), roi de Naples puis roi d'Espagne ;
  • Lucien (21 mars 1775 - 29 juin 1840) ;
  • Élisa (3 janvier 1777 - 7 août 1820), grande-duchesse de Toscane. Sa fille, Elisa Bacchiochi ;
  • Louis (2 septembre 1778 - 25 juillet 1846), époux d'Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine de Beauharnais ; roi de Hollande. Leur 3e fils, Charles Louis, deviendra empereur sous le nom de Napoléon III ;
  • Pauline (20 octobre 1780 - 9 juin 1825), la célèbre épouse de Camille Borghèse ;
  • Caroline (25 mars 1782 - 18 mai 1839), épouse de Joachim Murat, roi de Naples ;
  • Jérôme (15 novembre 1784 - 24 juin 1860), roi de Westphalie.
Louis et Joseph, deux des frères de Napoléon

Louis et Joseph, deux des frères de Napoléon | ©Rijksmuseum / CC0

10 - La nourrice de Napoléon, une deuxième maman

C’est elle qui remarque que le nouveau-né a une grosse tête, une figure vive, crie fort, s’agite et tète immédiatement son pouce.

Qui ? La vieille gouvernante Caterina !

Elle prend immédiatement le bébé pour lui faire sa toilette et le remettre à sa mère. Il arrête de crier une fois bien emmaillotée !

Laetizia tente de nourrir son bébé, mais n’y arrivant pas, elle engage une nourrice, Camilla Illari.

Ah, Camilla ! Elle l’appelle « son petit », elle l’adore, oh que oui… Imaginez : elle avait réussi à se faire aimer et de l’enfant et de sa mère.

Elle déteste qu’on le gronde ! Elle préfère même Napoléon à son propre fils. Mais entre Camilla et Caterina, la gouvernante… la mésentente gronde !

Camilla se prend sans arrêt le bec avec Caterina, « femme dévote, exigeante, voulant de son chef corriger l’enfant ou le faire obéir. » Elle lui disait : « Allez prier le bon Dieu et ne vous mêlez pas de mon petit. Cela ne vous regarde point ! »

Bien plus tard, en revenant de sa campagne d’Égypte à Ajaccio, les premiers baisers de Napoléon sont pour Camilla, qui lui remet une bouteille de lait : « Mon fils, je vous ai donné le lait de mon cœur, je n’ai plus à vous offrir que celui de ma chèvre. »

Elle assistera même au sacre de l’empereur !

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !