Citroën et l'illumination de la tour Eiffel de 1925

Tour EiffelTour Eiffel | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

On connaît la tour Eiffel qui change de couleurs au gré des illuminations et des événements...

Hé bien, en 1925, André Citroën se fait le cadeau (2 millions et demi de francs, quand même) de faire écrire en lettres enflammées son nom sur la tour, grâce à l'ingénieur italien Jacopozzi.

Quelle pub formidable !

Jacopozzi le magicien

Fernand Jacopozzi illumine le Tout-Paris de l’époque !

Le gouvernement français le charge, pendant la Première Guerre, de reconstituer un faux Paris, afin de tromper les avions bombardiers ennemis.

Des lumières mouvantes imitaient le mouvement des trains, des voitures...

Il devient véritablement célèbre lors de l’exposition des Arts Décoratifs de 1925.

Il savait bien, pour l’avoir vu, qu’en Amérique, de formidables publicités lumineuses recouvraient toute la masse des gratte-ciel…

Jacopozzi devait faire mieux !

Une nuit, les Parisiens découvrent la tour Eiffel enguirlandée de milliers d’ampoules électriques.

Suivent l’illumination de l’Arc de Triomphe, de la place de la Concorde, de l’Opéra Garnier…

Peu avant de mourir, il étudie la possibilité d’illuminer, par l’éclairage par diffusion, toute l’avenue des Champs-Élysées.

Les illuminations de 1925Les illuminations de 1925 |
Les illuminations de 1925, "Citroën"Les illuminations de 1925, "Citroën" | ©Rijksmuseum / CC0

La tour Eiffel prend feu !

Mais revenons à la tour Eiffel et Citroën !

Le 4 juillet 1925, à 22 heures, la tour prend feu.

200 000 ampoules l'ornent. Le nom de Citroën s’éclaire lettre par lettre, sur une hauteur de 300 mètres.

Le Petit Parisien de ce jour-là rapporte :

« Ce soir, pour la première fois, le nom de leur constructeur apparaîtra, en lettres géantes, sur l'armature de la tour, du sommet à la plate-forme du deuxième étage. Puis on verra, entre le premier et le second étage, les doubles chevrons dans leur écusson ovale. Une première manœuvre de commutateur fera apparaître le dessin architectural de la tour. Puis, surgira toute une constellation de petites étoiles d'or qui scintilleront. On verra poindre ensuite cinq ou six étoiles plus grosses, et qui bientôt, s'agrémenteront d'une queue de comète. Alors, surgiront des flammes mouvantes qui grimperont vers le ciel. Puis, la queue des comètes s'allongera de façon à former les sept lettres au nom de Citroën. Une flamme énorme couronnera le sommet de la tour, avant l'apparition des écussons bleus et rouges, portant d'abord, en jaune, les dates « 1889 » et 1925 » et, enfin, les doubles chevrons. Après quarante secondes d'éclairage, la tour se trouvera de nouveau dans l'obscurité et l’illumination recommencera selon le même rythme. »

Le dispositif mis en place pour ces illuminations est impressionnant :

« Un caniveau de 400 mètres a amené jusqu'à un poste de transformation construit au pied du pilier sud, le courant du secteur, à une tension de 12 000 volts. Là, une usine d'une puissance de 1 000 kilowatts ou 1 500 chevaux le transforme en courant de 220 volts et le transmet, par 32 câbles de 170 mètres, d'un poids de 15 tonnes, à la cabine de distribution, édifiée au deuxième étage de la tour. Tout un clavier de contacteurs d'interrupteurs, de commutateurs est à la disposition un l'électricien pour régler la distribution du courant aux deux cent mille lampes réparties sur 56 kilomètres de circuit. »

Les illuminations de 1925Les illuminations de 1925 | ©Rijksmuseum / CC0