Quand Pauline Bonaparte retrouve son chéri à l'hôtel de Forbin

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Chambre de Pauline, hôtel Forbin - ©Dumuids / CC-BY-SA Chambre de Pauline, hôtel Forbin - ©Dumuids / CC-BY-SA
Hôtel de Forbin Hôtel particulier Histoire d’amour Festivités Auguste de Forbin Pauline Bonaparte

L'hôtel de Forbin en a accueilli, du monde ! Les petits-fils de Louis XIV, les ducs de Berry et de Bourgogne, en 1701 : ils assistent du balcon à un « combat d'oranges », en leur honneur. Fouché, alors en disgrâce, y vient, mais aussi la princesse Caroline de Naples (1816) ou le duc d’Angoulême (1830). Et Pauline Borghèse, en 1806... Ah, Pauline ! Paolina Bonaparte, sœur préférée de Napoléon, la plus belle femme de son temps ! On donne pour elle une représentation des jeux de la Fête-Dieu. Le bel hôtel servira surtout de cadre aux amours de la jeune femme et de son amant, le comte Auguste de Forbin... Allez, remontons le temps, histoire d'en savoir plus !

Les Forbin-La Barben


César de Milan, seigneur de Cornillon et de Confoux, conseiller au Parlement, fait construire l'hôtel en 1656. Son fils, mari de Gabrielle de Forbin, l'agrandit. Puis la maison passe par alliance aux Forbin-La Barben. Une grande famille provençale, noble et très ancienne, ces Forbin, divisée en plusieurs branches : Janson, La Gardane, La Barben... La crème de la crème, si vous voulez : on ne compte, depuis le XIVe siècle, que des ambassadeurs, des sénéchaux, des présidents au parlement !

Et Auguste dans tout ça ? Hé bien, il fait partie de la branche des La Barben : né en 1779, Louis-Nicolas-Philippe-Auguste a tout pour lui : cultivé, poète et romancier, peintre aussi (il a été l'élève de David), il devient directeur général des musées de France puis directeur du Louvre, dès 1816. Il agrandit considérablement le musée, faisant même l'acquisition du Radeau de la Méduse en 1824, juste après la mort de Géricault, après des années d'insistance !

Mais en plus de sa fibre artistique, Auguste plaît aux femmes : le vicomte Siméon, son ami, parle (avec une pointe de jalousie ?) de sa « tournure élégante et noble », de « ses beaux yeux », de « sa taille élevée », de son « esprit vif et enjoué ». Les femmes craquent ! Elles en sont folles. Mais une seule fera vraiment battre son cœur... Pauline !

Pauline et Auguste


Petit protégé des Bonaparte en Italie (où il part étudier l'art), voilà notre Auguste qui devient le chambellan de Napoléon puis celui de Pauline. C'est l'amour fou, entre eux deux ! Elle vient à Aix en mai 1807 pour les eaux thermales mais en profite aussi pour retrouver son chéri dans son hôtel.

On dit qu'elle se plaint de la décoration de la cour et y fait venir des tas de plantes, de fleurs et d'arbustes en pots pour la décorer... décoration éphémère pour un passage éclair ! Et quand ce n'est pas à Aix, c'est au château de La Barben (propriété de la famille de Forbin) ou à la Mignarde que se retrouvent nos deux tourtereaux !

La Mignarde, où des gens du coin sont réquisitionnés pour battre l'eau des mares avoisinantes avec des bâtons pour faire taire les grenouilles, car leurs croassements gênent beaucoup Pauline... Mais en octobre 1807, leur histoire passionnée se termine brutalement... peut-être que le mari de Pauline, le comte de Borghèse, avait appris la liaison de sa femme ? En attendant (coïncidence ou pas), Auguste est brusquement envoyé au Portugal servir dans l'armée... Et bien que marié à la riche et belle comtesse de Dortan, il n'oublia jamais sa Paolina...


Et encore !