Petite histoire de la chapelle de la Visitation d'Avignon

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La chapelle - ©Véronique PAGNIER / Public domain La chapelle - ©Véronique PAGNIER / Public domain
Chapelle de la Visitation d'Avignon Chapelle

La chapelle de l'ancien couvent

Des pignes et du pain !

L'ancien couvent de la Visitation se trouve sur la place Pignotte, qui tient son nom des petits pains que l'on distribuait aux pauvres. Pourquoi pignotte ? Car le pain avait la forme d'une pomme de pin, que les Provençaux appellent « pignes »...

C'est d'ailleurs là qu'en 1347 le pape Clément VI fait distribuer du pain à tous les nécessiteux. Des inondations catastrophiques ont plongé le peuple d'Avignon dans la famine ! Pour ça, il a ouvert une maison appelée la Maison du Poids, domus liberationis, parce que c'est là où l'on pesait le pain avant de le donner aux gens (vu dans Essai sur l'histoire de la ville d'Avignon, J.-B. Joudou).

Style Jésuite

Quant au couvent, voilà : l'architecte La Valfrenière le construit entre 1632 et 1638 pour le Romain Mario Philonardi, archevêque et vice-légat d'Avignon, à l'emplacement d'un vieux couvent de moines Capucins fondé en 1546. Avez-vous vu cette façade ? Typique du XVIIe s, avec ses colonnes à pilastres corinthiens, son fronton triangulaire et sa symétrie...

On appelle cela le style « jésuite » ! A l'intérieur, les peintures du plafond représentent la gloire de saint François de Sales. Tiens ça tombe bien qu'on parle de lui, car on a là tout de même un des fondateurs de l'ordre de la Visitation Sainte-Marie !

Deux saints main dans la main !

Un ordre crée en 1618 avec sainte Jeanne de Chantal à Annecy. Jeanne (la grand-mère de la marquise de Sévigné), a connu bien des malheurs en ce début du XVIIe s. Son mari, Christophe de Rabutin, baron de Chantal, est mort lors d'une partie de chasse en 1601.

La jeune femme se retrouve veuve bien trop tôt, seule au monde. Ces deux-là, chose rare, avaient fait un mariage d'amour. Le couple s'aimait profondément... Elle perdra en plus presque tous ses enfants prématurément ; maudits soient la guerre, la maladie...

Alors, désespérée, elle se tourne vers Dieu et vers ce pour quoi elle a presque toujours vécu : aider les gens, leur apporter du réconfort, du pain, un peu de chaleur. Elle rencontre l'évêque de Genève François de Sales en 1604.

Un bouleversement ! Tous deux, qu'une profonde amitié spirituelle unit (« une affection plus blanche que la neige, plus pure que le soleil »), fondent l'ordre des Visitandines : « celles qui visitent » pauvres et malades...


Et encore !