Les portes fortifiées de Thouars, contrebande et Anglais

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Tour du Prévost et rempart - ©Alertomalibu / CC-BY-SA Tour du Prévost et rempart - ©Alertomalibu / CC-BY-SA
Fortifications de Thouars Fortification Bertrand du Guesclin Guerre de Cent Ans Siège

Sel et Anglais

L'enceinte qui entourait autrefois Thouars, construite au XIIIe s, était colossale : 10 m de haut, 4 km de long, 40 tours ! Et elle existe encore en partie. Si ! Venez voir ! Le plus beau vestige reste la tour du Prince (XIIe s), un ancien entrepôt à grain. Elle sert même un moment de prison pour les contrebandiers de sel, au XVIIe s : les faux-sauniers.

Les cages de bois qu’on voit toujours aujourd’hui datent de cette époque. On a aussi la porte au Prévost : la porte que le vicomte de Thouars Amaury est forcé d’ouvrir à du Guesclin, le 30 novembre 1372, après 5 mois de siège. La bataille s’est passée entre la porte Prévost et la tour du Prince. C’est partiiiii !

Le siège de Thouars de 1375

Ils sont partout !!

Petit retour en arrière. A l’époque, la région de Thouars, le Poitou, appartient aux Rosbifs. Et du Guesclin se fait envoyer par le roi de France pour reconquérir la ville avec ses 30 000 hommes... On est en pleine guerre de Cent-Ans. Ah ce foutu merdier ! Non, mais, excusez-moi, hein. Mais en ce milieu de XIVe s, l’Angleterre contrôle une grande partie de la France. Thouars y compris avec tout le Poitou.

La faute du traité de Brétigny (1362). Une trêve de 10 ans pendant la guerre, voui, mais qui file aux rosbifs Guyenne, Gascogne, région de Calais, Poitou, Périgord, Limousin, Angoumois (région d’Angoulême) et Saintonge (actuelle Charente-Maritime). Bref, une énorme partie du Sud-Ouest de la France. Alors voilà. Le roi de France n’a pas dit son dernier mot. Il compte bien récupérer ses terres, petit à petit.

Machines de guerre

Et pour ça, il peut compter sur son armée et surtout son fidèle du Guesclin. Qu’il envoie en juin 1375 à Thouars, avec ses 30 000 hommes. Dont des types super connus et puissants : Olivier de Clisson, Philippe le Hardi duc de Bourgogne, le duc Jean de Berry... Mais la ville de Thouars est vachement bien protégée. Ses remparts, ses fossés si profonds et si larges, qu’il faut des semaines rien que pour les combler et installer les machines de guerre. Le chroniqueur Froissart raconte :

« Les assiégeants avaient fait faire à Poitiers et à La Rochelle grands engins et canons, dont ils assaillirent et travaillèrent grandement ces Poitevins. »

Mais les machines sont toutes faiblardes, face aux remparts puissants de Thouars ! D’autres machines leur permettent d’ouvrir une large brèche : les deux camps peuvent enfin se taper dessus...

La tempête qui fout tout à l'eau

Mais des milliers de morts plus tard, on n’aboutit toujours à rien, des mois après le début des hostilités. Un traité est signé : on décide que quoi qu’il arrive, la ville se rendra le 30 novembre suivant. A condition of course qu'elle ne se fasse pas secourir par le roi anglais...

Le roi en question, Edouard III, file alors illico sauver Thouars des griffes françaises, non mais. Il ne rentrerait jamais chez lui « sans avoir reconquis tout ce que perdu avait, ou perdu tout le demeurant. » Mais des tempêtes successives l’empêchent de traverser la Manche...

Il reste 9 semaines dans la flotte, avec ses 14 000 hommes. Et comme il n’allait pas arriver à temps, il rebrousse chemin, « le cœur moult courroucé » ! Et voilà. On est le 30, au coucher du soleil. Après ces 5 mois de siège, la ville de Thouars se rendait et se faisait définitivement rattacher au royaume de France.


Et encore !