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La tombe de Théodore Géricault

Détail de la tombe | ©Christian Dupré / CC-BY-SA
Lieu de sépulture Cimetière du Père-Lachaise

L'accident mortel

Un abcès à la cuisse

Un accident ? Mais quel accident ? Une chute de cheval sur un tas de pierres à la barrière de Paris, en revenant de Montmartre.

Le cheval... Le cheval que le célèbre peintre avait tant aimé, tant peint, tant monté ! Le cheval va l’achever.

Delacroix écrit dans son journal :

« Il a gaspillé sa jeunesse ; il était extrême en tout ; il n'aimait à monter que des chevaux entiers, et choisissait les plus fougueux. Je l'ai vu plusieurs fois au moment où il montait en selle ; il ne pouvait presque le faire que par surprise ; à peine en selle, il était emporté par sa monture. »


Géricault tombe sur cette maudite pierre, en plein sur la boucle de sa ceinture : le choc lui déplace une vertèbre et lui provoque un douloureux abcès.

Son médecin lui prescrit tout de même de ne pas rester alité sans faire un peu d’exercice.

Ni une, ni deux, lui fonce à Fontainebleau, trop content de se dépenser. Mais en route, la voiture se casse.

Boh... comme si ça allait arrêter notre artiste !

Géricault s’entête à poursuivre le voyage à cheval, tout patraque qu'il est.

Quelques jours après, on le retrouve spectateur aux courses, au Champ-de-Mars. La mine... pâle comme la mort. Terriblement défaite.

Il avait fait, sur le chemin aller, un faux mouvement en retenant son cheval.

Son abcès... à vif... ah, misère ! Il se répandait maintenant dans la cuisse.


La Mort de Géricault (A. Scheffer, 1824)

La Mort de Géricault (A. Scheffer, 1824) | ©Paris Musées - Musée de la Vie romantique / CC0

Ses derniers moments

Le peintre doit s’aliter. Perd l’appétit, le sommeil. Ne peut plus bouger.

Il se couche, mais sait bien que c'est pour ne plus jamais se relever.

« Il est mourant ; sa maigreur est affreuse ; ses cuisses sont grosses comme mes bras. Sa tête est celle d’un vieillard mourant », rapporte son ami le peintre Gros.

Delacroix, lui, écrit peu de temps avant sa mort : « Quelle fermeté. Quelle supériorité. Et mourir à côté de cela, qu'on a fait toute la vigueur et la fougue de la jeunesse, quand on ne peut se retourner sur son lit d'un pouce sans le secours d'autrui ! »

Géricault murmure la veille de sa mort ces mots, terribles : « N’est-il pas triste de mourir à trente-trois ans avec le regret de n’avoir encore rien fait de ce que l’on a senti ! »

On est le 26 janvier 1824, il est 6 heures du matin. Le peintre pousse son dernier soupir. Il avait 33 ans...


Géricault (Horace Vernet, 1823)

Géricault (Horace Vernet, 1823) | ©The Metropolitan Museum of Art / CC0

Une histoire de famille

Son fils naturel, Georges-Hippolyte, s’occupera de sa tombe au Père-Lachaise.

Il naît en août 1818, fruit de l'union de Théodore avec sa tante par alliance.

Fruit du scandale, le bébé, déclaré de père et de mère inconnus, se voit confié à une nourrice en province.

Georges-Hippolyte ne retrouve sa famille que quelques jours avant la mort de son père naturel, qui lui lègue tous ses biens !


La tombe

La tombe | ©Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons / CC BY-SA

La tombe de Géricault

Le corps de Géricault connaît trois tombes successives.

Il repose d’abord au Père-Lachaise dans le caveau de la famille du peintre Isabey.

Choqué, le sculpteur Etex se propose de réaliser un tombeau en marbre, en 1837, achevé en 1840.

Antoine Etex, je sais que vous le connaissez : on lui doit deux bas-reliefs sur l’Arc de Triomphe de l’Etoile !

Mais ce premier mausolée ne tient pas longtemps...

Etex en réalise un nouveau, remplacé par un troisième et dernier (en bronze), en 1884… grâce au soutien du fiston de Géricault, qui lègue sa fortune à l’État à condition qu’on restaure le premier tombeau d’Etex !

Remis en état par le sculpteur lui-même, il s'agit du tombeau actuel.

Avez-vous vu, sur le socle ? Trois bas-reliefs reproduisent trois œuvres majeures du peintre, exposées au Louvre : Le radeau de la Méduse, Le Cuirassier blessé et Le Chasseur à cheval chargeant.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !