Petite histoire de l'abbaye de Silvacane

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L'abbatiale - ©Jochen Jahnke / CC0 L'abbatiale - ©Jochen Jahnke / CC0
Abbaye de Silvacane Abbaye Cistercien

Située dans une grande vallée sur les bords de la Durance, l'abbaye doit son nom au fait qu'autrefois, le site est recouvert de marais : oui, Silvacane veut dire « forêt de roseaux » !

En tout cas, l'endroit est tellement mal famé à l'époque, que des frères pontifes (littéralement, faiseurs de ponts) de la région établissent des ponts sur les marais, protégeant les voyageurs en les aidant à passer.

Puis, ayant bâti un petit prieuré, ils se mettent à assécher les plans d'eau de façon à rendre les terrains cultivables. C'est ainsi que notre communauté de moines s’agrandit, tant et si bien qu'il leur faut de nouveaux bâtiments : mais notre abbaye a de puissants protecteurs : les princes de Baux !

En particulier Bertrand de Baux, en 1147, qui leur permet de fonder leur abbaye en remerciement des services rendus à la région. Le monastère se voit doté de grandes richesses, et devient vite célèbre. Prospères, les moines peuvent construire l'abbaye et son église.

Je vous laisse imaginer : Silvacane est si puissante qu'elle peut fonder ses propres abbayes ! Chose faite avec l'abbaye de Valsainte, près d'Apt, en 1188. Mais sa grande richesse crée des jalousies, notamment de la part de l'abbé de Montmajour, à Arles... Ca, c'est une autre histoire! Attendez un peu...

Dès la fin du XIIIe siècle, la règle se relâche et les ennuis commencent : décadence, épidémies de peste, crues de la Durance, famines... Pire, en 1440, le chapitre de Saint-Sauveur d'Aix met la main sur Silvacane, après une rapide négociation avec son abbé, qui cède terres cultivables et bâtiments.

Abandonnée un temps au XIVe siècle, Silvacane est attaquée et pillée par les Anglais. A la même époque, le nombre de moines diminue et leurs biens maigrissent de jour en jour. Les protestants pillent et assaillent l'abbaye durant les guerres de Religion.

Il faut attendre 1607 pour que le culte catholique soit rétabli. Vous parlez d'un retournement de situation ! La fière abbaye n'est plus que l'ombre d'elle même lorsque la Révolution arrive : vendue comme bien national, transformée en ferme, elle tombe vite en ruines...

Vous savez quoi ? On tente même de la vendre à un marchand de biens pour que ses pierres soient utilisées à la construction d'un pont ! Le projet, heureusement, n'aboutit pas. Après une première tentative de restauration au milieu du XIXe siècle, l'Etat acquiert l'abbaye en 1945, et la restaure.

Aujourd'hui, celle qu'on surnomme l'une des « trois sœurs provençales » avec les abbayes du Thoronet et de Sénanque, a ouvert ses portes au public. Ce petit bijou se compose d'une belle église abbatiale, d'un cloître du XIIIe siècle, d'une salle capitulaire qui accueille aujourd'hui chaque année des festivals de musique !


Et encore !