Lully : son tombeau à Notre-Dame-des-Victoires, sa mort franchement débile

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Le tombeau - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA Le tombeau - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Basilique Notre-Dame-des-Victoires Basilique Accident Jean-Baptiste Lully

Le tombeau du plus grand génie de la musique baroque, organisateur des fiestas de Louis XIV... oui, et comment Lully s'est retrouvé 6 pieds sous terre ? Attention, mort pas franchement glorieuse !

Son tombeau

Tiens ! Lully est enterré ici. On voit son tombeau surmonté d’un buste de Collignon. Entre Lully, deux Génies : la Musique profane et la Musique sacrée... De l’autre côté, surprise : un beau buste du grand Coysevox !

Hé, mais, pourquoi l’a-t-on enterré là ? Parce qu’il habite le quartier ! Au coin de la rue Sainte-Anne et de la rue Neuve-des-Petits-Champs, au n° 45 plus précisement, dit le volume 18 du Dictionnaire de la conversation et de la lecture.

Lully ?

Ah, mais, Lully, quand même... Un grand nom, celui-là ! L’Italien de la musique française baroque, le génie qui fait se dresser les poils de toute la cour de Louis XIV, le créateur des plus beaux ballets de la cour...

Surintendant de la musique royale, il crée des pestacles fabuleux avec moult feux d’artifices et jets d’eaux. En collaboration avec Molière, aussi, les deux mêlent ballets, comédies et chants.

Leur plus grande collaboration ? Le Bourgeois Gentilhomme. Ca parle à tout le monde, ça, hein ? Ben voilà. Lully, en 1687, arrive à l’apogée de sa carrière. Tout couvert de gloire.

Sa mort : ouch, mon pied !

Alors, le destin s’en est mêlé. Devait juger que ça faisait trop d’honneurs pour un seul mec. Et si on le faisait redescendre d’un cran en le faisant mourir d’une façon débile ? La scène se passe en janvier 1687.

Lully dirige la répétition de son Te Deum (un hymne chrétien chanté pour toutes sortes de réjouissances royales), tout spécialement composé pour fêter la convalescence de Louis XIV... fraichement guéri de sa vilaine fistule au derrière. Voui, de quoi rester dans les annales, hem.

Bref ! Ca fait déjà la matinée que Lully fait répéter ses musiciens. Mais fatigué, agacé, rien ne lui va. Il transpire à grosses gouttes sous sa perruque toute de traviole. A l’époque, on utilise un bâton de direction pour battre la mesure en frappant le sol.

C'est une lourde, lourde canne décorée de rubans. Là, Lully y va un peu fort et frappe violemment le sol, de plus en plus vite. Mais la canne atterrit sur un de ses arpions. Ouch. La douleur, fulgurante, terrasse le maestro. C'est sans compter la gangrène qui s’installe.

De l’orteil, elle gagne le pied, puis la cuisse... Lully refuse l’amputation, seul moyen de le sauver. Lui, le danseur, il gardera son pied, pis c’est tout ! C’est malin : le génie meurt après des semaines d'atroces douleurs, à 55 ans, le 22 mars 1687...


Et encore !