Boussac et le mystère de la Dame à la Licorne

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La Dame à la Licorne, la Vue - ©Salix / CC0 La Dame à la Licorne, la Vue - ©Salix / CC0
Château de Boussac Château Prosper Mérimée George Sand Zizim

Ces trésors, conservés au musée parisien de Cluny, se trouvent depuis des siècles au château. On en compte aujourd’hui 6 pièces mais il y en avait apparemment 2 autres, si ce n'est plus ! Des inventaires du milieu du XVIe s mentionnent quantité de « pièces de serge rouge à feuillage », que l'ancien propriétaire aurait détruit pour en faire des tapis... hum ! Ces tapisseries réalisées entre 1484 et 1500 pour Jean Le Viste, président de la Cour des Aides de Paris, la commune les vend en 1882 au conservateur de Cluny M. de Sommerard.

Le grand Prosper Mérimée les avait pourtant remarquées ! C'est même lui qui les signale en premier en 1841. Il écrit :

La Creuse […] est assurément le centre de la barbarie !... mais je demande de l'argent pour acheter de belles tapisseries... rien de moins clair que leur origine, mais elles me semblent très curieuses et elles seront mangées des rats avant peu si on ne les ôte de l'infâme taudis qu'elles décorent.


George Sand, quant à elle, évoquera les origines des tapisseries dans Promenade autour d'un village. On sait depuis que la dame s'est trompé, mais la proposition pouvait sembler séduisante :
Ces tapisseries viennent de la tour de Bourganeuf où elles décoraient l'appartement du malheureux Zizim ; il en aurait fait présent au seigneur de Boussac, Pierre d'Aubusson, lorsqu'il quitta la prison pour aller mourir empoisonné par Alexandre VI. On a longtemps cru que ces tapisseries étaient turques. On a reconnu récemment qu'elles avaient été fabriquées à Aubusson. Selon les uns, le portrait de cette belle serait celui d'une esclave adorée dont Zizim aurait été forcé de se séparer en fuyant à Rhodes. Selon un de nos amis, ce serait le portrait d'une dame de Blanchefort, nièce de Pierre d'Aubusson, qui aurait inspiré à Zizim une passion vive.


Et encore !