Veille de Réveillon fatale : vous allez tout savoir sur l’assassinat des Guise à Blois !

Vinaigrette 0
Assassinat du duc de Guise - ©The British Library / Public domain Assassinat du duc de Guise - ©The British Library / Public domain
Château de Blois Château Homicide Henri III Henri Ier de Guise Guerre de Religion

Pas de cadeaux pour les Guise... pas de quartiers non plus !!

Deux frangins, Henri et Louis, issus d’une des plus grandes familles de France. Morts à Blois le 23 décembre 1588, à 37 et 33 ans.

Qui ? Pourquoi ? Comment ? Enquête et anecdotes croustillantes !

Qui sont les Guise ?

Les Guise ? Ils sont issus de la maison de Lorraine. Guise vient du nom de leur terre, en Picardie. C’est Claude de Lorraine qui fonde la branche : on l’a rencontré au château de Joinville, vous savez ?

Ici, on a Henri de Guise et son frangin Louis, cardinal de Lorraine. Henri, c’est le célèbre Balafré (cicatrice sur la joue oblige).

Leur puissance grandit, jusque sous le règne d’Henri II. Hé, après tout, ils sont parents avec la femme du fils d’Henri II, Marie Stuart ! Ca leur donne encore plus de pouvoir.

Les Guise et les guerres de Religion

Les Guise deviennent leader du parti ultra-catholique, contre les protestants, pendant les guerres de Religion.

Henri a de quoi avoir une dent contre les Protestants : il a vu son pater mourir, assassiné par le huguenot Poltrot de Méré...

Ca reste en famille

Petit récap’ !

Le 10 juin 1584, François d’Alençon (frangin du roi Henri III) meurt de maladie. Le dernier Valois disparaît... et Henri III n’a pas d’enfant.

La succession est libre !

Mais qui peut prétendre au trône ? Henri de Navarre ! Le futur Henri IV.

Un parent d’Henri III. Hé oui :

• La grand-mère maternelle de Navarre est la sœur de François Ier, Marguerite : celle-ci épouse le roi de Navarre, Henri d’Albret.

• Marguerite et Henri ont une fille, Jeanne d’Albret : la maman d’Henri IV !

Calife à la place du... calife

Mouais, on veut bien de Navarre, mais il est protestant ! Ca grogne. Car depuis 30 ans, la guerre déchire cathos et protestants, en France.

Et comme Henri III donne des libertés aux protestants, ça pousse les cathos pas contents à créer la Ligue : un mouvement fanatique mené par Henri de Guise ! Guise veut même détrôner Henri III et prendre sa place...

La Ligue prend de l’ampleur : en mai 1588, Guise ameute même Paris contre Henri III ! La goutte d'eau dans un vase déjà bien rempli de haine...

L'heure du crime : Blois, Noël 1588

Ben si, ils osent !

Et voilàààà : pour toutes les raisons vues ci-dessus, les Guise doivent mourir.

Henri III les convoque au château de Blois pour « conseil royal ». Genre.

La veille, le Balafré reçoit plusieurs billets l’avertissant d’un complot. Il rigole, les jette, et lance : « Ils n’oseraient pas ! »

Et une prune de Brignoles, une !

Le duc sort de sa chambre, le matin du 23 décembre. Il vient de passer une nuit olé-olé avec une demoiselle et n’a pas beaucoup dormi...

Il baille, se gratte la joue et pénètre dans l'antichambre du roi. Fait frisquet... il demande à ce qu’on allume une grosse flambée.

Pris d’un vertige, il demande aussi de la prune de Brignoles, une pâte de fruit sucrée à point.

Les Quarante-Cinq

Appelé dans le cabinet du roi, Guise se retrouve face aux Quarante-Cinq, la garde perso du roi. CERNÉ ! Ah ah, le guet-apens !!

Guise se défend, mais finit par tomber sous les coups d’épées de ses agresseurs. Ca aurait eu plus de panache, si son long manteau ne l’avait pas gêné pour dégainer son épée...

Guise meurt après 30 minutes d’agonie, en marmonnant des trucs sur Dieu...

La chambre

Vous savez quoi ? On peut encore voir la salle où est mort Henri de Guise : il s'agit de la Chambre du Roi, au 2e étage du château.

Une histoire de taille !

Henri III vient zieuter le corps de Guise. « Qu'il est grand ! Il est encore plus grand mort que vivant ! » lâche-t-il. Oui, Guise mesure pas loin des 2 m. Un géant pour l’époque...

Dans la Loire, hop !

Louis de Guise, le frangin, se fait arrêter et exécuter le lendemain.

On transporte les deux corps dans les salles-basses du château, pour y être brûlé : la légende dit que la tête d'Henri avait encore les yeux grands ouverts...

Leurs cendres finissent dans la Loire.

Mais, il veut achever sa mère ?!

Henri III, tout content, vient dire à sa mamma alitée (Catherine de Médicis) dans sa chambre au-dessous, que ça y est, il est roi. Sauf que la reine est en train de mourir. Et cette nouvelle finit de l’achever... elle qui a tout fait pour réconcilier cathos et protestants !

Conclusion ?

Henri III (considéré comme un assassin) se fait zigouiller en 1589 par un moine fanatique. Henri de Navarre (devenu n° IV) se convertit. Les tensions religieuses s’apaisent enfin...


Et encore !