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Petite histoire du château de Brest en 5 anecdotes

Quand : 250 - 2011

Château de Brest | ©Thesupermat / Wikimedia Commons / CC-BY-SA
Château Château de Brest

1 - Des vestiges romains toujours visibles

Des fouilles, en 2016, ont permis de mettre au jour des vestiges d’une forteresse romaine (castellum) du 3e siècle.

On voit toujours les fondations d’une des tours, ainsi qu’un mur constitué de briques et de moellons de pierres, l’opus mixtum !

La province romaine d’Armorique est alors attaquée par les Saxons, il faut une forteresse pour protéger cette partie de la côte.

La garnison d’environ un millier d’hommes (des cavaliers) se compose de Maures osismiaques.

Ce castellum avait la forme d’un trapèze, forme qu’a gardé la forteresse actuelle, car construite sur l’ancien fort romain !

Voilà pourquoi le donjon se trouve dans un angle du château, bâti sur les bases d’une des tours romaines.

Fondations romaines et opus mixtum

Fondations romaines | ©Thesupermat / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

L'opus mixtum

L'opus mixtum | ©Thesupermat / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

2 - L'inconnu de Vanikoro a été inhumé au château

La navigateur La Pérouse était parti de Brest, un beau jour d’août 1785, à bord de La Boussole et de L’Astrolabe.

Pour une expédition inédite autour du globe... Mais ni La Pérouse, ni aucun membre de son équipage, ne reverront jamais les côtes françaises : ils sombrent en 1788, corps et biens, au large de l’île de Vanikoro (océan Pacifique).

Un corps, celui d’un des naufragés, a été retrouvé dans l’épave de La Boussole, en 2003, après des décennies de recherches épiques, pour tenter de déterminer les causes du naufrage.

Le squelette prend alors la direction de Brest, où le 29 juin 2011, l’inconnu était inhumé dans l’enceinte du château.

De Brest à Vanikoro, et de Vanikoro à Brest… la boucle était bouclée !

Château de Brest

Château de Brest | ©Calips / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

3 - Sourdéac et l'incroyable siège des Espagnols

Le blocage de Brest

Ce bastion du château porte le nom de Sourdéac, du nom du gouverneur de Brest René de Rieux de Sourdéac, qui le fait construire.

En 1594, Sourdéac reçoit la mission la plus périlleuse de sa vie : défendre Brest contre les Ligueurs et leurs alliés espagnols !

Ces derniers n’étaient pas parvenus à prendre Brest ! Ils bloquent alors l’entrée de la rade, pour couper tout ravitaillement de la ville. Comment ?

En s’installant en face, près de Crozon, et en y édifiant un fort : la pointe porte depuis le nom de pointe des Espagnols.

Des morts de chaque côté

5000 Français et Anglais attaquent les Espagnols retranchés : au bout d’un mois de siège, au terme d’un intense bombardement le 18 novembre 1594, les 400 Espagnols de la garnison sont tous massacrés, femmes et enfants inclus.

Il serait resté 13 survivants...

Les pertes côté anglaises et françaises sont terribles, aussi. On parle de 3000 morts, en un mois !

L’Angleterre d’Elizabeth I perd notamment le grand Martin Frobisher, marin explorateur du Canada, mais surtout héros national qui avait repoussé l’Invincible Armada de Philippe II d’Espagne, en 1588.

Bastion de Sourdéac

Bastion de Sourdéac | ©Duch.seb / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

4 - Le chouan Cadoudal s'est évadé de la prison du château de Brest

1794. Le célèbre général des Chouans bretons, Georges Cadoudal, se retrouve enfermé au château de Brest, qui fait alors office de prison.

On entasse les prisonniers dans les tours Paradis, ou comme Cadoudal, dans la tour d’Azénor.

Ils sont au 18e siècle voleurs, déserteurs, mendiants, prostituées, puis pendant la Révolution religieux, nobles, prisonniers de droit commun... Surpopulation carcérale et conditions d’hygiène sont terribles !

Cadoudal

Cadoudal | ©Musée de Bretagne / Public domain

Cadoudal est arrêté avec sa famille par les républicains, après une dénonciation qui a signalé leur maison près d’Auray comme probable refuge de prêtres réfractaires.

Il se retrouve enfermé avec sa mère Marie-Louise, qui meurt en mettant au monde son 10e enfant, puis son oncle Denis, usé, qui se laisse dépérir.

Cadoudal, lui, n’a même pas 25 ans. Il décide de se sortir de cet enfer, avec Mercier, son compagnon d’armes, et d’Allègre, un Provençal membre du comité royaliste de Toulon, avec qui ils se sont liés en prison.

Les trois détenus s’évadent de la prison brestoise déguisés en marins, vêtus d'uniformes qu’Allègre à pu se procurer à l'extérieur. À la faveur d’une nuit qu’on imagine sans lune...

Cadoudal trouvera la mort en juin 1804, exécuté pour avoir tramé un complot contre un certain Bonaparte...

Tours Paradis

Tours Paradis | ©Calips / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

5 - Le château de Brest a failli être rasé au 18e siècle

En 1785, l’architecte de Louis XVI, Jallié de Sarault, imagine le projet d’une immense place royale ovale plantée d’arbres, flanquée de la statue équestre du roi, à l’emplacement du château de Brest.

Hé oui… ce qui présupposait… de raser la quasi-totalité du château, ne laissant que quelques fragments de remparts et des fossés !

Le projet est approuvé par le Conseil du roi, en 1786.

Mais en 1788, le comte d’Hector, commandant du port de Brest, déclare le projet incompatible avec la construction prévue par la Marine de « magasins de subsistances de la marine » sur le terrain du Parc-au-Duc, que venait de lui concéder la ville.

Ouf... le château, et ses siècles d’Histoire, venait de sauver sa peau !

Sources

  • Patrick Galliou. Histoire de Brest. Gisserot, 2007.
  • Des vestiges romains du 3e siècle sous la muraille. Le Télégramme, letelegramme.fr. 12/07/2007.
  • Adèle Floch. L’inconnu de Vanikoro se rapproche de son public. Ouest-France, ouest-france.fr.24/07/2018.
  • Joël Cornette. L'Histoire de la Bretagne pour les Nuls. First éditions, 2022.
  • Un lieu, une histoire : le château de Brest. Dossier de visite édité par le Musée national de la Marine.
  • Prosper Jean Levot. Histoire de la ville et du port de Brest. 1866.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !