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La tour d'Azénor et sa légende

Tour Azénor | ©S. DÉNIEL / CC-BY-SA
Château Légende Château de Brest

Cap sur le VIe siècle... Even, roi de Brest et de Lesnéven, habite le château de Brest.

Il vient tout juste de marier sa fille, Azénor, au comte de Goëllo.

Le jeune couple s’installe à Châtelaudren et y vit heureux pendant un an.

Profitez, profitez bien, jeunes fous ! La tempête gronde au loin...

L'infâme marâtre

Car Azénor a le malheur de perdre sa mère.

Et son père, ah, son père... ne trouve rien de mieux que de se remarier. Avec une femme infâme, si vous saviez, une harpie !

Rah, la belle-mère dans toute sa splendeur, la marâtre sadique par excellence !

Jalouse à en crever de la beauté et de la pureté d’Azénor, cette mauvaiseté l’accuse d’adultère.

Elle parvient surtout à rassembler d'ignobles fausses preuves qui perdent la pauvre jeune fille, qu’on reconduit manu militari chez son père.

Elle se retrouve claquemurée dans une sombre tour du château de Brest.

C'est cette tour qui, depuis, porte le nom d'Azénor !

Survivre au pire

La cour de justice la condamne bientôt à « estre bruslée vive et ses cendres jetées en la mer » !

Mais mince : on se rend compte qu’elle est enceinte de quatre mois.

Du coup, hop, atténuation de la peine.

Quand même, on n’est pas des sauvages : on la condamne à « estre renfermée vive dans un tonneau de bois et jetée en pleine mer ».

Oooh, mais attendez... Elle va survivre à ce traitement inhumain : des anges lui apportent pitance et eau à foison, tous les jours !

Ils la portent même vers le rivage... pas en Bretagne, mais de l’autre côté, en Irlande !

C’est là qu’elle accouche d’un fils, Budoc, futur célèbre saint dont le nom breton, Beuzec, vient de beuzi... « noyer » !

Ecosse, Irlande, Bretagne

Quant à la belle-mère, sentant la mort venir la chercher, se morfondant dans les remords et voyant la gueule brûlante de l’Enfer la happer, finit par avouer ses manigances.

Le comte, honteux de son jugement précipité, part à la recherche de sa pauvre épouse.

Après avoir accosté sur les côtes d’Ecosse, il atterrit en Irlande où il finit par retrouver son Azénor… et meurt à ses côtés !

Elle refuse de revenir en Bretagne et meurt dans les plus modestes conditions, s’étant faite lavandière.

Son fils Budoc devient abbé irlandais : il reviendra plus tard en Bretagne (à bord d’une auge de pierre, si, si, Budoc est balèze), où il mourra archevêque de Dol...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !