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La bataille du Vieil-Baugé et sa pierre légendaire

Quand : 22 mars 1421

Pierre de la Bataille | ©Skouame / Wikimedia Commons / CC-BY-SA
Bataille Guerre de Cent Ans Pierre de la Bataille

La bataille de Baugé, en pleine guerre de Cent Ans, voit s’affronter l’armée du frère d’Henri V d’Angleterre, Thomas de Lancastre, et celle du futur Charles VII alliée aux Écossais.

Sources : Chronique de la Pucelles ou Chronique de Cousinot / Dix siècles de l’histoire de Baugé (E. Riehl, 1960) / Les Chroniques et annales de France (1566).

La situation pré-bataille

Le 21 mai 1420, le traité de Troyes déshérite le dauphin Charles, futur Charles VII.

Sa mère Isabeau de Bavière a préféré livrer sa fille Catherine au roi d’Angleterre Henry V, qui devient du même coup roi de France !

À la fin de la même année, Henry entre triomphalement dans Paris : ça y est, la capitale venait de tomber sous le contrôle des Anglais…

Puis il rentre en Angleterre, laissant son jeune frère Thomas de Lancastre, duc de Clarence, à la tête des armées qui doivent continuer d’occuper le royaume français. Là, ils veulent récupérer le Poitou, la Touraine, l’Anjou.

Avec, au sud de la Loire, le dauphin déshérité, Charles, qui tente coûte que coûte de maintenir sa tête hors de l’eau.

Du côté français, justement, Charles s’allie avec les Écossais, obtenant des gros renforts qui débarquent bientôt de La Rochelle en 1421...

Le déroulement de la bataille de Baugé

Les Français prêts !

Le 22 mars 1421, l’armée anglaise de Lancastre (3000 hommes) se repose non loin de Baugé.

Ils viennent d’échouer devant le siège d’Angers, alors ils se dirigent vers Tours, en faisant une halte à Beaufort.

Les archers se sont dispersés dans la campagne. Non, pas pour cueillir des champignons… mais pour piller et violenter les villageois !

Quatre Écossais qui s’en allaient chercher du fourrage pour leurs chevaux se font capturer.

Ils apprennent aux Anglais que près de 6000 franco-écossais se trouvent à deux volées de flèches, non loin de Baugé.

Hé oui ! Les Français sont venus nombreux attendre l’ennemi !

Sus aux ribauds !

Alors que la nuit va tomber, les Anglais décident de lancer une attaque surprise.

« Le duc de Clarence saillit hors de la table, et laissa le boire et le manger, dit : - Aux armes ! Seigneurs, allons courir sus ces ribauds. »

Ils se mettent en route avec uniquement leur cavalerie, n’attendant même pas que les archers ne reviennent.

Leurs précieux archers ! Ceux qui avaient fait un carnage à la bataille de Crécy, en 1346 !

Ils ne sont que 1500, ils vont se retrouver nez à nez avec les 6000 hommes de l’armée ennemie.

À la tête des Écossais, John Stuart, comte de Buchan. A la tête des Français, Gilbert Motier de La Fayette.

Le premier assaut a lieu tout près de Vieil-Baugé, sur un petit pont de bois qui enjambe le Couasnon : les Écossais sont là, ils les attendent.

Pour l’effet de surprise, c’est râpé !

Un vrai carnage

Les Anglais tentent quand même d’attaquer.

Mais la rivière est en crue, les prairies sont couvertes d’eau et les chevaliers s’enlisent mollement.

Les Anglais doivent rebrousser chemin tant bien que mal et attaquer l’ennemi regroupé sur les hauteurs. Clarence lance l’assaut.

Seulement, l’ennemi les prend par-derrière, brûle le pont, ce qui empêche toute retraite. Ils sont encerclés.

C’est un gros fiasco, un carnage parmi les Anglais !

1054 hommes sont morts, dont le jeune Thomas de Lancastre, duc de Clarence. 600 sont fait prisonniers.

À la nuit tombée, à la faveur de l’obscurité, les Anglais sonnent la retraite vers la Normandie.


Mort de Monseigneur le Duc de Clarence (Nieuwerkerke, 1838)

Mort de Monseigneur le Duc de Clarence (Nieuwerkerke, 1838) | ©Rijksmuseum / CC0

La légende

Un vestige de la bataille ? Oui !

On voit la Pierre de la Bataille, non loin du bourg du Vieil-Baugé !

Le panneau d’information raconte : « Le duc de Clarence, frère du roi d’Angleterre Henri V, se voyant en posture de défaite, piqua sa mule de telle manière, que celle-ci marqua de son fer la roche sur laquelle elle était posée. »

Le quadrupède laisse une autre trace, toujours visible près de Thorée, dans la Sarthe.

Même chose pour l’église Saint-Symphorien de Vieil-Baugé : son étrange clocher, à la fois torsadé et tors, serait dû à la monture du duc (encore elle), qui, fuyant le champ de bataille, aurait fait un tel bond, qu’elle aurait tapé dans le clocher de l’église !

Conclusion

C’est la première défaite anglaise depuis la bataille d'Azincourt, en 1415 !

Suivront la reconquête progressive du royaume sur les Anglais par le dauphin, avec Jeanne d’Arc et le sacre à Reims, de celui qui devenait enfin Charles VII.


Le clocher tors du Vieil-Baugé

Le clocher tors du Vieil-Baugé | ©Skouame / Wikimedia Commons / CC-BY-SA


À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !