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La terrible bataille de Crécy

Quand : 26 août 1346

Bataille de Crécy | ©The British Library / Public domain
Guerre de Cent Ans Bataille Moulin Edouard III

Bienvenue à Crécy-en-Ponthieu, lieu de la mythique bataille médiévale de Crécy !

Le moulin d'Edouard III, mais aussi la croix de Bohême et le monument à Jean de Luxembourg commémorent cette grande bataille (et défaite française) de la guerre de Cent Ans.

Source : Les Chroniques de Froissart.

La situation : pourquoi Anglais et Français se déchirent pendant plus de 100 ans

C’est un changement de dynastie qui met le feu aux poudres.

La dynastie des Capétiens, fondée par un certain Hugues Capet en 987 à Noyon, vous vous souvenez ?

Là, c’est la fin des Capétiens. Oui, en la personne de Philippe le Bel, mort en 1314 dans son château de Fontainebleau.

Voilà son fils, Louis X, dit le Hutin, qui devient roi. Mais lui meurt à son tour en 1316, après avoir bu de l’eau glacée.

Un autre de ses frères, Philippe V le Long, prend sa suite. Pas pour longtemps. Il meurt en 1322. Mais, c’est une manie !

Charles IV le Bel lui succède, pendant 5 petites années. Il n’aura pas d’héritier : ça sent le sapin, pour la dynastie des Capétiens...

Tout juste : resterait bien leur sœur aînée, Isabelle, mariée au roi d’Angleterre Edouard II…. mais la loi salique interdit aux femmes d’accéder au trône ! Aaah, on est bien, tiens…

Alors, il y a bien le fils d’Isabelle, Edouard III d’Angleterre. A moitié anglais, oui, mais neveu de feu le roi de France.

Un Anglais sur le trône de France, vous imaginez la tête des gens… c’est non ! Alors qui ?

Peut-être Philippe de Valois, un autre neveu de Philippe le Bel. Oui, pourquoi pas… il devient donc, après un vote, roi sous le nom de « roi trouvé », et devient Philippe VI de Valois.

La dynastie des Valois vient de naître !

Mais vous croyez qu’Edouard III va se laisser faire ? C’est lui, le prétendant légitime !

La guerre de Cent Ans peut commencer : elle dure en fait 115 ans, de 1338 à 1453...


Bataille de Crécy

Bataille de Crécy | ©The British Library / Public domain

Au cœur de la bataille de Crécy

Les préparatifs

Crécy-en-Ponthieu. Son petit bourg, ses champs de blés blond cendré. Son immense ciel bleu grisé.

Et sa bataille, qui se déroule non loin de là le 26 août 1346, au plus fort de l’été. Un été meurtrier, oui.

Et il y a du débarquement avant l’heure qui se prépare, en Normandie. Edouard III s’apprête à débarquer avec son armée : il a lieu le 12 juillet 1346 à Saint-Vaast-la-Hougue.

Pillant et ravageant tout sur son passage, il galope vers le Nord.

Philippe de Valois réunit ses chevaliers et se dirigent vers la Somme pour en chasser les Anglais, qui, le 22 août 1346, s’installent dans la forêt de Crécy.

Ils montent leur camp et se reposent un peu. Avant l’inévitable.

Les forces en présence ? Côté anglais, on a 12000 hommes d’armes, dont 5000 archers équipés de l’arme la plus destructrice de l’époque, le long bow.

Léger, en bois d’if, puissant, il mesure jusqu’à 2 mètres de haut. Les flèches en frêne sont extrêmement aiguisées. La portée est de 400 mètres !


Champ de bataille de Crécy

Champ de bataille de Crécy | ©Chris Hartford / Flickr / CC-BY

Il tombe... des cordes !

26 août, jour J. Les Français arrivent non loin de Crécy.

Ils sont entre 20000 et 50000. Colossal !

Les chevaux ont fait une sacrée trotte pour arriver. Les corps sont fourbus, les esprits brouillons.

Mais tous sont impatients d’attaquer. D’en finir, hein, au plus vite.

Au moment où ils s’apprêtent à s’élancer, un orage éclate ! Il a fait lourd pendant des heures, vous savez, ces étés caniculaires où l’on attend la pluie comme jamais.

Froissart rapporte : « Descendit une pleuve du ciel, si grosse, et un tonnerre moult grand et moult horrible. »

Les archers anglais, eux, se préparent : ils protègent soigneusement la corde de leur précieux arc.

Ce que ne font pas les mercenaires génois du côté français…

La bataille peut commencer. On compte beaucoup sur ces arbalétriers génois.

Mais leurs cordes sont donc mouillées, ah… et en décochant leurs premières flèches, pfiouf… celles-ci atterrissent quelques mètres plus loin. Ri-di-cu-le !

Bombardes et ribaudaille

En plus, le soleil est revenu et ses rayons tapent dans les yeux des Génois qui ne voient rien de rien.

Les Anglais, eux (soleil dans le dos, tranquilles), font un carnage dès les premières minute du combat.

En plus, ceux-ci utilisent les bombardes, qui balancent des boulets à une cadence prodigieuse.

Les chevaliers français poussent leur monture au galop contre cette pluie de pierre. Les archers génois se carapatent, eux. Roh les traîtres, les lâches, les fuyards !

Le roi de France hurle alors à ses soldats : « Tuez toute cette ribaudaille, ils ne sont bons qu’à manger » (Chroniques de Saint-Denis), en parlant des Génois.

Les Français commencent donc à tuer les Génois, sous les yeux écarquillés des Anglais ! On aura tout vu.

Après quoi les chevaliers au galop parviennent à défoncer la ligne d’archers anglais. Facile ! Peut-être un poil trop ?

Oui, car les Français trouvent une masse de gens d’armes armée jusqu’aux dents.

Quand ils veulent faire demi-tour, ils se sont fait encercler de l’autre côté par l’ennemi.

On se bat, les chevaliers sont désarçonnés, les soldats anglais armés de grands couteaux se mettent à tuer tous ceux qui s’approchent d’eux. Redoutable !

La défaite française

On compte peu de victimes du côté anglais, c’est une victoire éclatante.

Côté français, c’est une autre histoire : on pleure les morts, nombreux.

La noblesse a été décimée : on parle de 15 000 victimes, qu’il faut maintenant enterrer.


Croix de Bohême

Croix de Bohême | ©Peter Neumann / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Monument à Jean de Luxembourg, détail

Monument à Jean de Luxembourg, détail | ©Ybroc / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Les monuments commémoratifs

Il existe plusieurs monuments commémoratifs de la bataille, à Crécy et non loin de la commune.

Petit tour d'horizon !

Le moulin

Le premier monument est la tour d’observation construite en 1984 à l’emplacement du moulin d’Edouard III, d’où il observait la bataille.

La croix de Bohême

Jean. Dans la mêlée, un roi aveugle de 80 ans. Oui, vous avez bien entendu.

Il s’appelle Jean de Luxembourg, il est roi de Bohême. Allié des Français.

Il se jette dans le combat malgré son handicap. Il ordonne à ses hommes de le conduire dans la mêlée.

Les chevaliers de sa suite enchaînent leurs chevaux pour ne pas se séparer du roi. Ils se jettent ainsi, comme des fous, dans la bataille.

On ne retrouvera leurs cinq corps que bien plus tard, sous un amas de cadavres en putréfaction...

La croix a été aménagée sur le lieu supposé de la mort de Jean de Luxembourg, à Estrées-lès-Crécy.

Il a aussi le droit à un monument, sur la place du petit bourg de Crécy-en-Ponthieu.

Ailleurs, près de Paris... un gisant !

Ne pas oublier non plus le gisant de Charles d’Alençon, à Saint-Denis, tué lors du combat : il s'agit du fils de Charles Ier de Valois, frère de Philippe VI de Valois.

Son effigie est remarquable, puisque c’est un portrait fidèle !

Notez la calvitie naissante sur le haut du front et les rides marquées...


Charles d'Alençon

Charles d'Alençon | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA


À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !