Histoire d'amour et rose de Provins

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Rose de Provins (1851, Houtte, L. van) - ©Swallowtail Garden Seeds / CC-BY Rose de Provins (1851, Houtte, L. van) - ©Swallowtail Garden Seeds / CC-BY
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Késako ?


A Provins (77), la rose se décline sous toutes les formes ! Sirop, confiture, confit... Des recettes qui ont toutes le point commun d'utiliser la Rosa Gallica, la rose de Provins. Mais la spécialité la plus réputée, c'est bien le bonbon à la rose ! Vous connaissiez le coquelicot de Nemours et la violette de Toulouse , peut-être, hé bien, voilà une 3e préparation à base de fleurs : une petite douceur délicate, parfumée, fleurie...

La petite histoire


La fleur d'un comte amoureux


Le comte de Champagne et roi de Navarre, Thibaut dit le Chansonnier, vient de revenir de croisade en Terre Sainte. Nous sommes en 1240. Avec lui, il rapporte un morceau de la vraie Croix mais surtout, un trésor à lui tout seul... la rose primitive de Provins, qu'il donne à l'église Sainte-Croix de la ville ! Est-ce la rose de Jéricho qu'il a amené sur nos terres ? Cette fleur réputée immortelle qui renaît au contact de l'eau ?

On dit que Thibaut n'avait pas ramené la rose pour rien : il l'a cueillie pour la dame qui occupe toutes ses pensées. Parce qu'il aime, notre comte ! Il aime de toute son âme la reine Blanche de Castille, la terrible mère du roi saint Louis ! Plus sombre que jamais, il s'enferme dans son château provinois, pour y écrire des poèmes, méditer et cultiver sa précieuse rose, aïeule de toutes nos Rosa Gallica actuelles...

Un miracle pharmaceutique


Quoi qu'il en soit, notre rose se plaît à Provins. Elle se plaît tellement, que la ville commence à en faire le commerce, du XIIIe jusqu'au XVIIIe siècle ! On l'utilise en parfumerie et en pharmacie, où parait-il, elle fait des miracles : maux d'estomac, ulcères et maux de gorge passent en un claquement de doigt ! On la prépare alors en infusion, en sirop mais aussi en cataplasme, collyre, lavement et injection !

Pour ce qui est de la dégustation, le Guide de l'Ile-de-France mystérieuse (éd Tchou) nous en apprend un peu plus sur la préparation des pétales de sucre :
On prend des boutons de roses sortant du champ. On en sépare l'onglet, ensuite on les broie à froid par un mouvement circulaire et à force de bras, dans un grand mortier de pierre. Lorsqu'on a réduit les roses en pulpe, alors on ajoute une suffisante quantité de sucre passé au tamis et on continue le mouvement circulaire pendant un certain temps jusqu'à ce que la mixtion soit bien exacte. La dose de sucre doit être le double du poids des roses employées.
Des sucreries qu'on offrait à tous les hôtes de marque de passage à Provins !


Et encore !