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Antoinette de Pons, dame de La Roche-Guyon, coeur imprenable d'Henri IV

Quand : 1590

Image d'illustration | Public domain
Château Antoinette de Pons Henri IV Château de La Roche-Guyon

Cette dame est liée à l’histoire du château, car elle épouse Henri de Silly, comte de la Roche-Guyon, qui meurt en 1586.

Le rapport avec Henri IV ? On va le voir !

Sources : Journal de Pierre de l’Étoile / Lettres d’amour d’Henri IV / Collection de documents inédits sur l'histoire de France, tome III (1846).

Vertueuse !

Antoinette est vertueuse, on ne fait pas mieux !

Mémoires historiques, critiques, et anecdotes sur les reines de France (1827) rapportent qu’elle « avait été élevée à la cour d’Henri III, et elle y avait puisé cette politesse aisée, cette finesse de conversation, ce ton qui était particulier à cette cour la plus polie qu’on ait vue, sans en contracter les défauts. »

Voilà d’ailleurs une anecdote de Tallemant des Réaux :

« Un jour, au cercle du roi Louis XIII, je ne sais quel homme faisait à Malherbe un grand éloge de Mme de Pons, qui était alors présente comme dame d’honneur de la reine mère ; et après lui avoir conté comme elle avait résisté aux poursuites amoureuses du feu roi Henri le Grand, il conclut son panégyrique par ces mots en la lui montrant : - Voilà, Monsieur, ce qu'a fait la vertu !
Malherbe, sans hésiter, lui montra la connétable de Lesdiguières (Marie Vignon, ndlr), qui était assise auprès de la reine, et lui dit : - Voilà, Monsieur, ce qu’a fait le vice ! »

Elle n’accordera jamais un seul regard au roi Henri IV, qui lui fera pourtant une cour assidue !

La rencontre avec Henri IV

Henri croise Antoinette peu après la bataille d’Ivry, en 1590, se trouvant alors à la Roche-Guyon.

C’est le coup de foudre, pour le célèbre cœur d’artichaut. Antoinette paraît... de marbre !

Il se fend alors d’une lettre qui, pense-t-il, va la faire flancher :

« Après avoir tant tourné autour du pot que vous voudrez, si faut-il venir à ce point qu’Antoinette confesse avoir de l’amour pour Henri. Ma maîtresse, mon corps commence à avoir de la santé, mais mon âme ne peut sortir d’affliction, que n’ayez franchi ce saut. Ma fidélité mérite que vous ôtiez tous obstacles. Faites-le donc mon cœur, et faisons comme par gageure, à qui se rendra plus de témoignage d’une vraie et fidèle amour. Désirant établir avec vous une familiarité éternelle, je me sers des termes que j’y estime les plus propres. Mon tout, aimez-moi comme celui qui vous adorera jusqu’au tombeau. Sur cette vérité, je baise un million de fois vos mains blanches. »

Antoinette de Pons répond simplement :

« Sire, je ne suis peut-être pas d’assez bonne maison pour être votre femme et j’ai le cœur trop noble pour être votre maîtresse. »

Ça s’appelle un râteau !

Certains historiens n’attribuent pas cette phrase à Antoinette, mais à Catherine de Rohan, qui l’aurait dite… à Henri IV. D’où la confusion ?

La dame d'honneur de la reine

« Puisque vous êtes véritablement dame d’honneur, vous le serez de la Reine ma femme. »

Henri IV nomme Antoinette, quelques années plus tard, première dame d’honneur de Marie de Médicis !

En cette qualité, elle a l’honneur de recevoir la nouvelle reine à Marseille, pour aller se marier à Lyon avec Henri.

Tout, sauf le nom de la favorite !

Quand Antoinette de Pons épouse son second mari, en 1594, Charles du Plessis, seigneur de Liancourt (il est dans le carrosse du roi quand Henri IV se fait assassiner), elle refuse de porter son nom, « puisqu’une putain portait même nom ».

La putain en question, c'est la célèbre maîtresse d’Henri IV, Gabrielle d’Estrées, mariée, elle aussi, à un sieur de Liancourt, Nicolas d’Amerval !

Antoinette a eu peur d’être confondue avec elle...

En attendant, le roi est obligé de lui donner le titre de marquise de Guercheville...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !