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Petite histoire de Notre-Dame de Saint-Omer en 7 anecdotes

Quand : 742 - 1966

La cathédrale | Velvet / CC-BY-SA
Cathédrale Cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer

1 - Le Grand Dieu de Thérouanne

Thérouanne ? Une ville maudite, détruite par Charles Quint en 1533, qui lança du sel sur les ruines fumantes, pour que plus rien ne se reconstruise jamais… rien ne reste de cette ville.

Enfin, si… un seul et unique vestige : le Grand Dieu de Thérouanne, aujourd’hui visible dans la cathédrale de Saint-Omer.

Il s’agit d’une sculpture du XIIIe s représentant la Vierge et saint Jean encadrant Jésus. Les personnages en calcaire mesurent entre 1,70 et 2,20 m de haut.

Ce groupe se trouvait à une douzaine de mètres de hauteur, sur le portail de la cathédrale de Thérouanne.

C'est pour cela que le groupe paraît si grand, effet de perspective oblige, vu du bas !

Comment arrive-t-il à Saint-Omer ?

Alors que le feu de l’empereur Charles Quint dévorait la ville, des cités voisines décident de sauver des objets inestimables.

C'est comme ceci que le Grand Dieu se fait récupérer par Saint-Omer.

Mais le portail était bien trop grand et massif pour être déménagé en entier par les quelques chanoines envoyés là.

Alors, on prend seulement 3 statues, les plus belles.

Les chanoines veulent les disposer sur le portail nord de la cathédrale de Saint-Omer, mais les tailles ne correspondent pas, alors on les remise pendant 4 siècles. C’est en 1966 qu’elles atterrissent à leur endroit actuel.

On les date du XIIIe s, mais certains livres et archéologues ont fait du Grand Dieu une sculpture bien plus ancienne !

Ce serait un Jupiter ou un dieu gaulois ! Un Dieu avec les pieds posés sur une ville en relief, Thérouanne bien sur.

Grand Dieu de Thérouanne

Grand Dieu de Thérouanne | ©Jean-Pol GRANDMONT / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

2 - La naissance de la Marseillaise ?

L’hymne national, la Marseillaise, ne serait qu’un plagiat… et serait né sur les orgues de la cathédrale Saint-Omer !

Elles datent de 1717, réalisées par les menuisiers de la ville Jean et Antoine Piette.

Les orgues

Les orgues | ©Velvet / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

3 - Erkembode, le saint aux chaussures

Mais que fait un paquet de petites chaussures en tout genre sur le lourd sarcophage de ce saint, mort vers 742 ?

Sarcophage de saint Erckembode

Sarcophage de saint Erckembode | ©Morio60 / Flickr / CC-BY-SA

4 - Un tableau de Rubens

La cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer possède une toile de Rubens, mais oui !

Il s’agit d’une Descente de Croix datée de 1612, commande du chapitre de Saint-Omer pour servir de tableau d’autel, nous dit le site POP du ministère de la Culture.

Descente de croix, Rubens

Descente de croix, Rubens | ©Serge Ottaviani / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

5 - La Vierge au chat

La cathédrale abrite une très étonnante statue de la Vierge en albâtre signée Jacques Dubroeucq, du XVIe siècle.

Elle porte le nom peu commun de Vierge au chat ! À cause de ce petit félin couché aux pieds de Marie.

Elle faisait partie d’un ensemble de statues comprenant notamment le songe de Joseph, également exposé dans la cathédrale.

Tout ceci servant d’éléments au tombeau de Philippe de Sainte-Aldegonde, grand bailli de Saint-Omer de 1555 à 1574, rapporte Bulletin trimestriel de la Société académique des Antiquaires de la Morinie (5e vol, années 1872 à 1876).

Avant d’ajouter que ce tombeau a longtemps été exposé dehors, à Batavia près d’Arques (62) !

La Vierge au chat

La Vierge au chat | ©Jean-Pol GRANDMONT / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

6 - Le tombeau d’Eustache de Croÿ

Le tombeau de ce chanoine de Cambrai, évêque d’Arras et prévôt de Saint-Omer, mort en 1538, est un bijou sculpté.

Une sépulture commandée par la mère du défunt, dame Lamberte de Brimeu, au sculpteur Jacques Dubroeucq.

Oui, la Vierge au chat, c’est de lui !

Bien abimé en 1793, rétabli en 1832, ce tombeau a perdu beaucoup de ses ornementations, notamment une statue allégorique de la Religion, transformée en déesse Raison pendant la Révolution !

Mais regardez un peu : un évêque est à genoux sur un prie-Dieu. C’est Eustache de Croÿ.

Un Eustache qui se trouve aussi… représenté allongé au centre de la tombe ! Le tombeau est en fait une combinaison entre un transi et un priant.

Un transi ? Quasi un gisant, mais pas tout à fait !

Il s’agit, dans l’art funéraire du Moyen Age et de la Renaissance, de la sculpture d’un mort.

Contrairement au gisant, personnage allongé, comme endormi et paisible, le transi représente le mort de façon réaliste, nu, plus ou moins à l’état de cadavre.

Tombeau d'Eustache de Croy

Tombeau d'Eustache de Croy | ©Welleschik / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

7 - Des dalles médiévales

Elles sont exceptionnelles, car la majorité de ces décorations médiévales ont disparu aujourd’hui des églises et cathédrales…

Je veux parler des anciens dallages de la cathédrale Notre-Dame !

Le tome V du Dictionnaire Raisonné de l'Architecture Française de Viollet-le-Duc les mentionne :

« Les nombreux fragments de dallages gravés et incrustés qu’on voit encore dans l’ancienne cathédrale de Saint-Omer nous présentent le spécimen le plus complet de ces sortes d’ouvrages qui autrefois décoraient l’aire des chœurs et des chapelles absidales des principales églises de France. »

De beaux pavements du XIIIe siècle, qui ornaient autrefois le sol du chœur et de plusieurs chapelles, réalisés en plusieurs temps.

Hélas, ces dalles ont été enlevées de leur emplacement d’origine, nous dit Description du pavé de l’ancienne cathédrale de Saint-Omer (Emmanuel Wallet, 1847), à cause de nombreux remaniements.

Notamment en 1608, quand le sol du chœur se fait rehausser d’un pied et demi, « avec les terres enlevées des cloîtres » ; en 1753, on refait le pavé du chœur entièrement en marbre.

Chevalier, éléphant armé de tours, animaux grotesques, signes du zodiaque… on peut voir ces merveilles exposées dans la chapelle du Sacré-Coeur.

Dalles médiévales de la cathédrale

Dalles médiévales de la cathédrale | ©GFreihalter / Wikimedia Commons / CC-BY-SA


À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !