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Trois archevêques aux destins tragiques

Quand : 1848 - 1871

Chapelle qui abrite le tombeau de D. Affre | ©Mario Vogelsteller/ Pixabay
Cathédrale Lieu de sépulture Cathédrale Notre-Dame de Paris

Trois chapelles pour trois mausolées, à Notre-Dame.

Ceux de trois archevêques de Paris morts tragiquement, tous au XIXe s. On va faire connaissance tout de suite.

Qui sont-ils ?

Trois hommes de Dieu, trois destins tragiques. Je vous les présente :

  • Marie-Dominique Sibour, assassiné en 1857 par un fanatique, à 64 ans ;
  • Denis Affre, mort en juin 1848 en pleine troisième Révolution française, 54 ans ;
  • Georges Darboy, fusillé en pleine Commune de Paris, en 1871, à 58 ans.

Denis Affre

Le sang versé

La chapelle Saint-Denis abrite le tombeau de Denis Affre. Le sculpteur Debay l’a représenté blessé. Mourant.

Sur la pierre, sa dernière phrase : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Tué pendant les journées de Juin 1848 ! Une révolte du peuple de Paris qui suit celle de Février 1848, dans un contexte de crise et de chômage.

Là, le gouvernement a fait fermer les Ateliers nationaux, la seule organisation qui donne du travail aux chômeurs, depuis février... d’où la révolte.

Une vertèbre...

Le trésor de Notre-Dame conserve une de ses vertèbres comme relique : fiché dans l'os, une flèche dorée symbolise la trajectoire de la balle !

Foule monstre aux funérailles

Sa cérémonie funèbre à Notre-Dame a été très suivie : on lit dans Le bon pasteur ou Monseigneur Denis-Auguste Affre (1863) que le cercueil arrive à 11 h à la cathédrale.

Et ça vire presque à l’émeute ! Les gens qui portent le cercueil n'avancent que très lentement, car la foule autour fait passer des objets intimes comme des mouchoirs et des médailles, qu’on fait frotter sur le cercueil ! Comme une relique.

Les deux ouvriers qui ont recueilli l’archevêque mourant dans leurs bras, sur les barricades, sont là aussi, sollicités de tous les côtés...


Tombeau de Denis Affre

Tombeau de Denis Affre | ©Aurore Dandoy / CC-BY-SA

Marie-Dominique Sibour

La chapelle Sainte-Madeleine abrite, elle, le mausolée de monseigneur Sibour.

Vous vous rappelez ? Il s'agit de l’archevêque de Paris assassiné dans l’église Saint-Etienne-du-Mont par un curé fou furieux, en 1857...


Tombeau de Sibour

Tombeau de Sibour | ©Hop Phan / CC-BY

Georges Darboy

Mort fusillé

Chapelle Saint-Guillaume : voilà le tombeau de Mgr Georges Darboy, grand aumônier préféré de Napoléon III.

Fusillé pendant la Commune de Paris en 1871, avec d’autres prêtres pris en otages par les Communards.

Un échange d’otage est à un moment évoqué. Georges... contre Auguste Blanqui, au trou dans le château du Taureau à Morlaix, vous vous rappelez ? Le gouvernement refuse, bien sûr...

Le trésor de Notre-Dame conserve une relique de Darboy, son gant. Le Guide de la France mystérieuse (éd. Tchou) mentionne aussi sa soutane et sa croix pectorale.


Darboy

Darboy | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Le contexte, la Commune

La Commune de Paris ? Elle dure à peine deux mois. Pfiouf, une traînée de poudre infime dans l’Histoire de France, oulà !

Pourtant, que de larmes, que de sang, de violence...

C’est une révolution, un mouvement social dans un Paris noir, englué dans une misère immonde où les gosses triment à l’usine et les familles meurent de choléra entassées dans des chambres à dix.

En plus, la France est humiliée par la guerre franco-prussienne : elle la perd et l’Allemagne proclame son empire à Versailles.

Les clauses de l’armistice stipulent qu’on doit organiser l’élection d’une assemblée nationale.

Les vainqueurs ? Les monarchistes ! Des bourgeois, de riches parisiens.

Alors, écrasés par la misère, terrorisés à l'idée que les Prussiens ne reviennent, que la monarchie ne soit rétablie, les Parisiens, humiliés, grondent.

On prépare des canons installés à Montmartre, ordre est donné de tirer sur la foule qui menace. Ca y est.

Parisiens (Communards) versus Versaillais (le gouvernement).

Une guerre des classes, ouvriers contre bourgeois. Et les bourgeois triomphent...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !