Nérac et les d'Albret, le Q.G. protestant

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Le château - ©Jibi44 / CC-BY-SA Le château - ©Jibi44 / CC-BY-SA
Château de Nérac Château Reine Margot Henri IV Guerre de Religion

Nérac et les d'Albret

Fief de la grande famille d'Albret, saviez-vous que Nérac fut la résidence favorite d'Henri IV, roi de Navarre ? Et aussi la cour de la fine Marguerite de Navarre et de Margot, la belle d'Henri IV...

Les d'Albret possèdent les terres de Nérac depuis le XIIIe s. Le sire Alain le Grand s'attelle à la transformation du château au XIVe s : il fait ajouter une galerie au gros quadrilatère gardé par un pont-levis et des tours, cette fameuse loggia qui rend Nérac reconnaissable entre mille !

Protester, protester

Mais on ne peut pas parler des Albret sans évoquer la Réforme et les troubles des guerres de Religion. Véritable bastion de la foi protestante, Nérac voit Jeanne d'Albret, reine de Navarre et maman du futur Henri IV, se convertir au protestantisme...

Elle en a fait, des fêtes, avec tout le gratin protestant du coin, de nobles familles qui bientôt seront massacrées pendant la Saint-Barthélemy... Henri IV vient lui-aussi beaucoup à Nérac, notamment après son mariage avec la reine Margot, Marguerite de Valois, où il a dû abjurer sa foi pour échapper au massacre de la Saint-Barthélemy.

De nouveau à la tête du parti protestant, il signe au château les conférences de Nérac qui confèrent à ses frères de nombreux avantages. On n’est pas difficile, au château, il y a de la place pour tout le monde : on apprend dans les Mémoires de Margot qu’Henri va au prêche au temple et elle de son côté à la messe, pour ensuite aller se promener :

« ... dans un très beau jardin qui a des allées de laurier et de cyprès fort longues, ou dans le parc que j'avais fait faire en des allées de trois mille pas qui sont au long de la rivière, et le reste de la journée se passait en toutes sortes de plaisirs honnêtes, le bal se tenant ordinairement l'après dîner et le soir. »

Nérac, lieu de toutes les fêtes, mais aussi de sombres complots, de cachotteries, de regards en coin... Catherine de Médicis, sinistre silhouette drapée de noire, ne fait que négocier...

« Le mélange de ces deux cours qui ne cédaient rien l'une à l'autre en fait de galanteries l'effet qu'on devait en attendre. On se livra aux plaisirs, aux festins, bals et fêtes galantes mais pendant que l'amour était devenu l'affaire la plus sérieuse des courtisans, Catherine ne s'occupait que de la politique. » (vu dans La Guienne historique et monumentale, Alexandre Ducourneau).

Sacré roi de France en 1589, Henri meurt en 1610, laissant Nérac sombrer dans l'oubli...


Et encore !