L'étrange colonne de la Médicis

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La colonne et la Bourse - ©Mbzt / CC-BY-SA La colonne et la Bourse - ©Mbzt / CC-BY-SA
Colonne Médicis de Paris Statue Catherine de Médicis Côme Ruggieri

Collée à la bourse de Commerce, la haute (31 mètres) colonne passe aujourd'hui presque inaperçue. Tout près du tumulte des Halles, des flots de gens la rasent tous les jours sans jamais la voir. Et pourtant... quelle curiosité ! On raconte que Catherine de Médicis la fait construire pour ses expériences astrologiques, dont elle est très friande. En fait, on trouvait à la place de l'actuelle bourse une maison : l'hôtel de Nesle (XIIIe siècle), où vécut Jean de Luxembourg puis Louis, duc d'Orléans. Le futur Louis XII cède une partie du terrain à un couvent (celui des Filles Repenties) avant que ne débarque Catherine de Médicis.

Ni une ni deux, elle chasse les religieuses ! A la place du vieil hôtel, elle fait construire une grande et belle demeure, par dit-on... Jean Bullant. Il ne reste de cet hôtel... que la colonne ! La légende raconte que l'astrologue de Catherine, Ruggieri, y faisait ses observations... Mais au XVIIIe siècle, la ville de Paris projette de détruire l'hôtel de Nesle (devenu depuis hôtel de Soissons) avec sa colonne ! Un amateur d'antiquités, un certain Bachaumont, la rachète et la cède à la ville. Celle-ci n'accepte l'offre qu'à condition que le généreux donateur récupère son argent ! Entre 1763 et 1766, date à laquelle on construit la halle aux Blés (ancêtre de l'actuelle bourse !), la colonne se voit transformée en fontaine avec l'inscription actuelle du début du XIXe siècle :

In basi turris hujus e regiarum oedium reliquis extantis quod insigne opus a Joanne Bullant architecto anno post J.C. 1572 edificatum, anno autem 1749 destructum ut frumentarias nundinas conversum sit utilitate civium et hujusce fori ornamento prefectus et oediles fontem restauraverunt anno MDCCCXII


L'intérieur de notre colonne cannelée d'ordre dorique contient un escalier à vis ; au sommet, une grosse sphère flanquée de cercles et des demi-cercles. Autrefois, ses cannelures portaient des fleurs de lys, des couronnes et des entrelacs. On peut néanmoins toujours voir les monogrammes C et H de Catherine et de son mari, Henri II.


Et encore !