Amiens, juillet 1385. Mariage express et nuit de noces torride

Vinaigrette 0
Le choeur - ©Welleschik / CC-BY-SA Le choeur - ©Welleschik / CC-BY-SA
Cathédrale d'Amiens Cathédrale Festivités Mariage Isabeau de Bavière Charles VI

Une feeemme !

18 juillet 1385. Un mariage, à Amiens ? Voui ! Celui d’Isabeau de Bavière et de Charles VI. Charles vient d'avoir 17 piges. Roi de France depuis 5 ans, il faut qu'il se case. Mais il ne voulait pas d'un mariage trop arrangé, non. Il veut se choisir la plus jolie des femmes !

On lui remet les portraits des plus belles poulettes d'Europe, jusqu'à ce qu'il tombe sur celui d'une certaine Isabeau de Bavière. Fille du duc de Bavière et d'une princesse italienne, 14 printemps. Waaah. Brune piquante, la peau mate. Mais il veut la voir en vrai.

L'amour en plein coeur

Alors, on la fait venir sous prétexte d'un pèlerinage sur le chef de saint Jean-Baptiste, conservé dans la cathédrale picarde. Isabeau débarque avec ducs et duchesses allemands. Charles attend, fébrile, depuis plusieurs jours, avec son frangin et le duc de Bourgogne, son oncle.

Le chroniqueur Froissart décrit ce qu'il passe, le 17, la veille du mariage. Isabeau se fait introduire chez le roi Elle met d'abord un genou à terre devant Charles. Il la relève immédiatement, avec douceur. Les yeux dans les siens.

« En ce regard, plaisance et amour lui entrèrent au cœur. » Ouais, bon : en gros, Charles tombe raide dingue amoureux ! Le sire de Coucy murmure : « Par ma foi, cette dame nous demeurera ! » Tu l’as dit, bouffi, euh, Coucy.

Du plaisir !

En sortant du rendez-vous, Charles dit qu'il ne pourrait plus fermer l’œil, tant qu'il ne l'aura pas épousé. On décide d’une noce à Arras... Mais Charles veut le mariage tout de suite, il ne tient plus !! Il est chaud bouillant.

C’est pour ça que ça se passe à Amiens… le lendemain ! Isabeau arrive sur un grand chariot aux roues recouvertes d’étoffe d’argent. La cérémonie a lieu « sur les degrés du chœur et presque sous les cloches »,  disent les récits de l'époque.

Après le festin et les danses, zou : les deux filent fissa au plumard pour consommer l'union. Froissart rapporte : « Les dames couchèrent la mariée puis se coucha le roi qui désirait la trouver dans son lit. S'ils eurent du plaisir cette nuit, vous pouvez le croire. »

La suite ?

Bon, on connaît la suite. Des catas ! Charles deviendra petit à petit complètement dingo dès 1392, incapable de régner. Qui pour prendre la place ? Son oncle Philippe Le Hardi, son frangin Louis d'Orléans et Isabeau le fléau. Tout le monde veut le pouvoir et c'est la guerre civile. Elle en profitera pour faire sa loi et vendre la France aux Anglais, en pleine guerre de Cent-Ans...


Et encore !