This website requires JavaScript.

Vous saurez tout sur la pierre de Rosette !

Quand : 1799 - 1990

Pierre de Rosette de Figeac | ©Patrick - Morio60 / Flickr / CC-BY-SA
Rue Quartier Place des Écritures

Figeac possède une reproduction géante de la pierre de Rosette, sur sa place des Écritures !

Mais savez-vous vraiment tout de cette stèle, qui a permis au célèbre Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes ?

Qui a découvert la pierre de Rosette ?

Il s’appelle Pierre-François-Xavier Bouchard.

Il est officier du génie militaire dans l’armée de Napoléon, lors de la Campagne d’Égypte.

Le 19 juillet 1799, il découvre la pierre dans un ancien fort de la ville de Rachid (Rosette en français) : le fort de Qaïtbay, rebaptisé Fort Julien par les Français.

C’est lors des travaux de consolidation de ces murs qu’il fait la découverte.

Vue de Rosette (Description de l'Égypte, 1809)

Vue de Rosette (Description de l'Égypte, 1809) | ©New York Public Library / Public domain

Dans quel contexte ?

Celui de la campagne d’Égypte !

Une expédition militaire menée tambour battant par le général Bonaparte, de 1798 à 1801 (on se souvient des batailles d’Aboukir et des Pyramides).

Elle a pour but de mettre la main sur l’Égypte, l’Orient un peu plus largement, et tant qu'à faire, de bloquer la route des Indes aux Anglais !

Mais c’est surtout une expédition scientifique et artistique sans pareille, où botanistes, géologues, historiens, dessinateurs et graveurs accompagnent l’armée pour découvrir l’Égypte et ses trésors, que ce soit son histoire naturelle, son architecture ou sa sociologie.

Cette masse de découvertes amassées fera l’objet d’une encyclopédie monumentale, rédigée et illustrée par les savants ayant participé à l’expédition.

Il s'agit de la toute première encyclopédie consacrée à l’Égypte, publiée en 22 volumes en 1809, sous le nom de Description de l’Égypte.

Pierre de Rosette, British Museum

Pierre de Rosette, British Museum | ©Nick Mehlert / Flickr / CC-BY

Pourquoi la découverte est capitale

À peine découverte, la pierre de Rosette est considérée comme LE chemin vers le déchiffrement des hiéroglyphes.

C’est ce que les scientifiques attendaient depuis des lustres, à commencer par l’helléniste Bernard de Monfaucon, qui écrivait en 1724 le besoin de mettre la main sur un texte bilingue :

« Un moyen d'y réussir serait, si l'on venait à découvrir des inscriptions d'ancien égyptien répétées ensuite en grec… »

L’ingénieur Lancret, lui, écrit un rapport publié en septembre 1799 dans Le Courrier d’Égypte :

« Cette pierre offre un grand intérêt pour l’étude des caractères hiéroglyphiques. Peut-être même en donnera-t-elle la clé. »
Pierre de Rosette, British Museum

Pierre de Rosette, British Museum | ©Simone Ramella / Flickr / CC-BY

Quelles sont les trois langues sur la pierre de Rosette ?

Le décret gravé sur la pierre est écrit en :

  • hiéroglyphes (partie haute), 14 lignes : c'est l’écriture des pharaons ;
  • en égyptien démotique (partie du milieu) avec 32 lignes : c'est la langue couramment utilisée en Égypte antique ;
  • en grec (partie basse) avec 54 lignes : la langue de la dynastie des Ptolémée (ou des Lagide) issue de Ptolémée Ier, général macédonien d’Alexandre le Grand.

Ça, c’est Histoire scientifique et militaire de l'expédition française (Reybaud, 1836) qui le dit !

Que dit le texte inscrit sur la pierre de Rosette ?

C’est un décret promulgué à Memphis par le synode de tous les prêtres d’Égypte, sous le règne du jeune pharaon Ptolémée V Épiphane, en 196 avant notre ère.

Il devait être affiché dans tous les temples égyptiens.

Le Décret de Memphis (D. Valbelle, 1999) indique que le texte commence par énoncer les bienfaits accomplis par le père du jeune pharaon, pour les temples égyptiens et leurs personnels, puis revient sur les différentes mesures prises par son fils, Ptolémée V :

  • suppression des impôts pour les prêtres ;
  • diminution des quantités de céréales et sommes d’argent versées chaque année comme taxe pour être offerte aux dieux ;
  • fin de l’enrôlement forcé dans la marine…
Buste d'un prêtre égyptien, 400-200 av. J.-C.

Buste d'un prêtre égyptien, 400-200 av. J.-C. | ©The Metropolitan Museum of Art / CC0

Des chiffres !

La pierre de Rosette mesure 112 cm de haut, est large de 76 cm et épaisse de 28 cm.

Elle pèse environ 760 kg.

Elle n’est pas complète, il manque la partie haute !

Où se trouve actuellement la pierre de Rosette ?

En Angleterre, au British Museum ! Et ce depuis août 1801.

Après la capitulation des Français à Alexandrie, la pierre est cédée aux Anglais, qui réclament aux vaincus la plus grande partie des objets archéologiques qu'ils ont trouvés.

Le savant Geoffroy Saint-Hilaire parvient d'ailleurs à ce qu’on leur laisse leurs notes, base de la future encyclopédie Description de l’Égypte...

Après un passage à la Society of Antiquaries, elle atterrit définitivement au British Museum.

Et si vous regardez bien, on a gravé sur la tranche de la pierre « Captured in Egypt by the British Army in 1801 » !

Le British Museum

Le British Museum | ©Hulki Okan Tabak / Pixabay

Champollion et la pierre de Rosette

Le célèbre égyptologue s’est usé les yeux sur la pierre des années durant, l'étudiant sous tous ses aspects… mais sur des reproductions, pas sur la pierre véritable, conservée en Angleterre, qu’il ne verra jamais !

Reproductions d’ailleurs plus ou moins de piètre qualité, raconte la biographie d’Alain Faure sur Champollion !

Il faudra attendre 1822 pour que le célèbre Champollion ne perce le mystère et déchiffre les hiéroglyphes, grâce notamment (mais pas que) à la pierre de Rosette.

Comment les a-t-il déchiffrés, à Paris, en septembre 1822 ? On vous dit tout ici !

Pierre de Rosette de Figeac

Pierre de Rosette de Figeac | ©Patrick - Morio60 / Flickr / CC-BY-SA

La pierre géante de Figeac

Elle se trouve sur la place des Écritures, au cœur de la cité natale de Champollion, Figeac.

On la doit à l’artiste américain Joseph Kosuth, créée à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jean-François Champollion, en 1990.

C’est une gigantesque pierre de Rosette étalée à même le sol, divisée en trois grandes marches, sur lesquelles le promeneur peut marcher.

Et ça tombe plutôt bien : la place des Écritures et sa pierre de Rosette se trouvent juste à côté de la maison natale de Jean-François Champollion, actuel musée Champollion...

Sources

  • Jean Leclant. La pierre de Rosette et le déchiffrement des hiéroglyphes. 1972.
  • Robert Solé, ‎Dominique Valbelle. La Pierre de Rosette. Éditions du Seuil, 2008.
  • Dominique Farout. De la Renaissance à la Restauration : quelques étapes du déchiffrement des hiéroglyphes. Les Cahiers de l'École du Louvre, 2016.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !