Petite histoire du château de l'Herm

De 1384 à 1836

Le châteauLe château | ©MOSSOT / CC-BY-SA

Des Calvimont aux Hautefort

Soyez maudits !

La première mention de l'Herm remonte à 1384, avec la forteresse de l'Heremus.

Les seigneurs que l'on connaît de cette époque prennent le nom de leur terre, L'Herm. Jusqu'à ce que celle-ci soit achetée par les Calvimont.

Les Calvimont ? Oh, une famille de roturiers devenus de riches marchands, installés dans le Périgord mais aussi dans le Bordelais.

On a Jean de Calvimont et sa femme Catherine de Prouillac, qui meurt en 1490.

Son fils Jean II, conseiller au parlement de Bordeaux et ambassadeur auprès de Charles Quint en 1526, épouse Catherine Dupuy.

C'est lui qui fait construire le château actuel dès 1480. Son fils, Jean III, le fait achever en 1512.

Il aura un fils de son remariage avec Marguerite de Farges, Jean IV.

Jean IV qui avec sa mort violente va faire basculer le château dans le sang... la fameuse malédiction du château de l'Herm commence ! Elle durera un petit moment.

Une dame de Louis XIII

Jusqu'à ce qu'en 1682, une certaine Marie de Hautefort acquiert le château : on connaît bien celle-ci, car elle a été la favorite de Louis XIII, son grand amour, surnommée l'Aurore à cause de sa beauté et de douceur.

Oui, oui, douceur ! Un peu de douceur au milieu de tous ces drames...

En tous cas, plus personne ne veut du château, après elle. Progressivement, il sombre dans l'oubli et la ruine.

Il se fait classer à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1927 et de nouveaux propriétaires s'occupent enfin de lui et l'ouvrent à la visite.

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La visite de l'Herm

L'Herm se dresse au beau milieu de la forêt de la Barade.

Une vision romantique d'un château en ruine, dont la silhouette déchiquetée émerge des arbres...

L'Herm se visite, ça tombe bien, allons jeter un œil !

Le château se présente sous la forme d'un corps de logis rectangulaire à 3 étages avec deux tours rondes à mâchicoulis et une tour d'escalier hexagonale, le tout autrefois défendu par un pont-levis donnant sur la basse-cour ainsi que par des douves remplies d'eau.

On a bien un château-fort, pourtant on remarque quelques éléments décoratifs, presque Renaissance : la belle tour d'escalier hexagonale avec son portail de la toute fin du gothique flamboyant, les cheminées sculptées...

Une fois passé la porte, on remarque le très bel escalier à vis qui s'achève par une belle voûte en forme d'étoile.

On note qu'à l'intérieur, l'absence de planchers permet d’embrasser d'un seul coup d’œil les cheminées, dont l'une porte encore sur son manteau les armes des Calvimont portées par deux anges, deux lions et deux tours.

Le blason des Calvimont sur une des cheminéesLe blason des Calvimont sur une des cheminées | ©WikimediaImages / Pixabay

Jacquou le croquant

Et si je vous dis Jacquou le croquant, ça vous parle ? Un roman de 1899 écrit par Eugène Le Roy, beaucoup porté à l'écran...

Mais quel rapport avec le château ?

Le Roy, né à Hautefort en 1836, connaît bien la région. Il va s'inspirer du château de l'Herm pour son roman Jacquou le croquant !

L'action se déroule en 1815. Le château est habité par le personnage du comte de Nansac.

Un seigneur bien cruel qui fait souffrir les gens du coin, ces pauvres gens de la terre dont Jacquou et les siens font partie.

La mort de son père aux galères, injustement accusé de meurtre, va faire de Jacquou et sa bande des croquants, qui finiront par incendier le château...

Le comte sera ruiné et Jacquou lavé de toute accusation. Il pourra vivre libre et heureux avec ceux qu'il aime...

Source

  • Encyclopédie Châteaux Passion. Éditions Atlas, 2001.