Petite histoire des portes fortifiées de Manosque

De 1382 à 1836

La SoubeyranLa Soubeyran | ©Calips / CC-BY-SA

Une ville bien protégée

Manosque a connu une véritable renaissance après son pillage par les Sarrasins, vers 900.

2 siècles plus tard, la ville que l'on connaît aujourd'hui prend forme peu à peu.

Un château se construit sur les hauteurs de Manosque, grâce au dernier comte de Forcalquier.

Et pendant que l'église Notre-Dame-de-Romigier s'élève petit à petit, plusieurs quartiers prennent forme, avec, pour les défendre, 4 imposantes portes fortifiées :

  • au nord la Soubeyrane ;
  • à l'ouest celle de Guilhem-Pierre ;
  • au sud celle de Renaud-le-Vieux ou de la Saunerie ;
  • à l'est la porte de l'Aubette, autrefois appelée porte Dam Chabas.

Deux d'entre elles sont encore debout : la porte Soubeyran et la porte de la Saunerie.

Et c'est sans compter la puissante enceinte fortifiée flanquée de 12 tours, entourée de profonds fossés !

Bref, vous l'aurez compris : Manosque, à l'époque médiévale, est une vraie forteresse.

Des portes et leurs petites histoires !

La porte de la Saunerie

Mais venons en d'abord à la porte de la Saunerie.

Selon la légende, elle aurait été construite pour marquer le passage de François Ier à Manosque !

Son nom vient du provençal saou, « le sel. »

Tout simplement parce qu'à cet endroit se trouvaient les entrepôts du fameux or blanc !

Cette porte date de 1382 : venez, passez dessous, vous verrez ses vénérables créneaux !

Et si vous vous enfoncez un peu plus loin, l'immersion en plein Moyen Âge continue, avec ces petites rues, ces andrones comme on dit ici en Provence... Pittoresques, non ?

La Soubeyran et la poire

On continue avec la porte Soubeyran : étymologiquement, c'est la porte « supérieure », la plus haute de la ville.

Sa base date du 14e siècle, mais toute la partie supérieure, campanile inclus, date du 19e siècle.

Et si vous regardez bien, le campanile a une forme de poire !

Pourquoi ? Parce que l'on dit que le tracé de la vieille ville de Manosque a cette forme-là...

Guilhem-Pierre et le choléra

En ce qui concerne les deux autres portes, parlons en tout de même un petit peu, même si elles ont disparu.

La destruction de la porte de l'Aubette date de 1935 (agrandissement du centre-ville oblige).

Quant à celle de Guilhem-Pierre, on l'a détruite en 1836 lorsqu'une épidémie de choléra a décimé une partie de la population, et qu'il fallait faire entrer l'air et la lumière, afin de désinfecter les lieux !

La porte tient son nom d'un notable de Manosque qui vivait au début du 13e siècle.

Sources

  • Abbé Feraud. Histoire civile, politique, religieuse et biographique de Manosque. 1848.
  • Damase Arbaud. Études historiques sur la ville de Manosque au Moyen Âge. 1847.