Petite histoire de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux en 5 anecdotes

De 1258 à 1862

L'égliseL'église | ©Chabe01 / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

1 - Un cadavre dans l'église !

C’est dans cette église, que le 22 novembre 1407, est déposé le corps de Louis d’Orléans, après son assassinat non loin de là, rue Vieille-du-Temple.

Le coupable ? Jean sans Peur ! Celui-ci vient même s’agenouiller près du tombeau...

2 - D'où vient le nom de blancs manteaux ?

En 1258, Louis IX établit à Paris des religieux dit Serfs de la Vierge Marie ou Blancs Manteaux, en raison du long habit qu’ils portent.

En 1274, on les remplace par des ermites de Saint-Guillaume, ou Guillemites comme les appellent les Parisiens. Les gens continuent de les appeler Blancs Manteaux, bien que leurs habits à eux soient noirs !

En 1685, leur couvent est reconstruit et l’église avec.

A la Révolution, le couvent est supprimé, seule l’église reste. Il s’agit de l’église actuelle !

Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris (1754) indique qu’au moment où éclate la Révolution, le monastère est un des centres d’érudition bénédictine les plus importants de la capitale, à l’égal de Saint-Germain-des-Prés.

La bibliothèque des Blancs-Manteaux « pouvait contenir 20 000 volumes d’un bon choix » : ouvrages aujourd’hui conservés à la Bibliothèque Nationale !

Fontaine des GuillemitesFontaine des Guillemites | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

3 - La fontaine des Guillemites

Elle porte le nom de fontaine des Guillemites ! Elle date de 1719 et provient de l’ancien monastère.

On l’a installée contre le mur de l’église, au 20e siècle.

Avant, il existait à l’emplacement un réservoir (ou regard des eaux de Belleville), avant qu’en 1719 on ne le transforme en fontaine.

Une inscription dessus disait :

« Sous le règne de Louis XV, par les soins du prévôt des marchands, des échevins de la ville, et sous la conduite de Jean Beausire, architecte du roi, cette fontaine a été élevée aux frais de la ville de Paris. »

La chaire : détailLa chaire : détail | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

4 - La très belle chaire belge

C’est le conseil de fabrique, qui l’acquiert en 1864.

Elle date du 17e siècle, elle vient d’une église belge : « un marchand de curiosité l’avait envoyée l’année précédente au Palais de l’Industrie, lors de la première exposition organisée par la Société naissante de l’Union centrale. »

La chaire : détailLa chaire : détail | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

On y voit au sommet la statue de saint Michel et des quatre évangélistes.

La cuve et l’escalier portent des médaillons en marqueterie représentant des sujets religieux, avec inscriptions en hollandais.

Notez le travail des encadrements dorés, de style rococo…

La façadeLa façade | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

5 - La façade provient d'une église disparue !

Elle a été ajoutée en 1862 : elle provient de l’église aujourd’hui disparue de Saint-Éloi-des-Barnabites, sur l’île de la Cité.

Disparue à cause du percement du boulevard du Palais, lors des grands travaux d’Haussmann.

Chaque pierre a été numérotée et enlevée une à une pour être remontée ici.

Une église commencée en 1703 par l’architecte Jean-Sylvain Cartaud.

Sources

  • Jacques Hillairet. Connaissance du vieux Paris. Éditions Princesse, 1963.
  • Amaury Duval. Les fontaines de Paris anciennes et nouvelles. 1828.
  • Abbé Delarc. L'église de Paris pendant la Révolution française. 1828.
  • Amédée Boinet. Les églises parisiennes : 17e et 18e siècles (tome 3). 1964