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Petite histoire de l'église Saint-Roch de Paris en 9 anecdotes

Quand : 1518 - 1815

Saint-Roch | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Eglise paroissiale Eglise Saint-Roch

1 - L’une des plus vastes églises de Paris

Avec ses 126 mètres de long, Saint-Roch est l’une des plus vastes églises de la capitale, rapporte Jacques Hillairet dans Connaissance du vieux Paris.

On retrouve également Saint-Sulpice, avec 120 mètres de long, et bien sûr Notre-Dame, avec ses 128 mètres !

Butte Saint-Roch en 1628

Butte Saint-Roch en 1628 | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

2 - À l'origine, saint Roch et la peste

Au début du XVIe s, les habitants du faubourg Saint-Honoré, fraîchement installés, réclament la construction d'un lieu de culte.

Éloignés de toute paroisse, il leur faut attendre 1518 pour qu'un marchand de bétails, Jean Dinocheau, décide de fonder un petit oratoire dans sa maison, sur l’emplacement du portail et des marches actuels.

Dédiée en 1521 au Christ et consacrée en 1525, la chapelle devient vite trop petite, pour le très grand nombre de croyants.

Hé bien ! En août 1578, une église voit le jour, qui prend le nom de Saint-Roch à cause d’un hôpital éponyme, qui se trouvait sur le terrain.

Saint Roch étant le patron des épidémies (surtout la peste), ça tombe bien !

Car « ce fléau était particulièrement à craindre sur les pentes de la butte Saint-Roch. »

Saint-Roch

Saint-Roch | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

3 - John Law et l'église actuelle

La première pierre de l’église actuelle est posée en 1653 par Louis XIV.

Mais l’argent manque, la construction est très lente : en plus l’architecte Lemercier meurt en 1662. Il faut attendre 1719 pour que John Law donne 100 000 livres.

En fait, pour obtenir la charge tant convoitée de contrôleur général des finances, il fallait que cet Écossais protestant abjure et se convertisse au catholicisme. Ce qu’il fait : on le voit même faire sa première communion à Saint-Roch !

L'architecte De Cotte commence le portail actuel en 1736, achevé en 1740 pile poil pour la consécration de l’église.

13 Vendémiaire An IV

13 Vendémiaire An IV | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

4 - Une insurrection devant Saint-Roch !

Mais qu’est-ce qu'il se passe devant l’église Saint-Roch le 5 octobre 1795 ? L’insurrection du 13 vendémiaire An IV !

Une révolte royaliste menace les Tuileries, où siège la Convention nationale...

Le député de la Convention, Barras, dit à un certain général Napoléon Bonaparte de faire quelque chose. Ou ça va mal finir !

Les royalistes se positionnent sur les marches de Saint-Roch et vers 16 h, le combat commence. Les canons ne vont pas arrêter de tirer.

À 18 h, tout est fini. Les morts (plus de 300 royalistes) recouvrent les marches de l’église. Le sang ruisselle sur la pierre. Un torrent immonde...

Et vous savez quoi ? On voyait encore très bien quelques traces de coups de feu sur la façade, avant le ravalement de celle-ci au début du XXIe s.

Allez savoir pourquoi, le ministère de la Culture décide de reboucher les trous…

L'Assomption, chapelle de la Vierge

L'Assomption, chapelle de la Vierge | ©Guilhem Vellut / Flickr / CC-BY

5 - De grands personnages inhumés à Saint-Roch

Saint-Roch est une église parisienne où une foule de personnalités ayant fait notre Histoire a été inhumée.

Si je vous dis que parmi ces grands noms, on trouvait le corsaire Duguay-Trouin, Corneille, Diderot ou encore Mignard...

Rendez-vous sur cet article pour en savoir plus !

La gloire divine

La Gloire divine, Falconnet | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

6 - La chapelle de la Vierge

Un petit bijou dessiné par Hardouin Mansart, construite en 1709. Une vraie petite église dans l’église !

Remarquez la voûte de la coupole, avec son Assomption peinte (sur 300 m²) entre 1749 et 1756 ; mais aussi la Gloire divine de Falconnet au-dessus de l’autel, avec ses nuages et ses flots de lumière fascinants !

Nativité du Val-de-Grâce

Nativité du Val-de-Grâce | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

7 - La Nativité du Val-de-Grâce

Ce bel ensemble de 1665, signé Michel Anguier, porte ce nom, car il provient de l’église Notre-Dame du Val-de-Grâce.

C’est l’impératrice Joséphine de Beauharnais qui le fait déplacer au tout début du XIXe siècle à Saint-Roch, explique Jacques Hillairet dans Rive gauche et les îles.

C’est donc une copie que l’on voit sur le grand baldaquin, au Val-de-Grâce !

La chaire

La chaire | ©Guilhem Vellut / Flickr / CC-BY

La chaire, détail

La chaire, détail | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

8 - La plus belle des chaires

La chaire (signée Challe) soutenue par les quatre Vertus cardinales, à savoir Force, Tempérance, Justice et prudence.

Elles ont été sculptées dans des poutres en chênes provenant de la charpente du palais du Louvre !

Le magnifique abat-voix représente le Génie de la Vérité soulevant le voile de l’Erreur...

Mlle Raucourt (J.-B. Augustin, 1790)

Mlle Raucourt (J.-B. Augustin, 1790) | ©Paris Musées - Musée Cognacq-Jay / CC0

9 - L’enterrement mouvementé d’une actrice !

15 janvier 1815. Mlle Raucourt, grande tragédienne, vient de mourir.

Le prêtre de Saint-Roch, Marduel, se souvient qu’elle est actrice. Donc excommuniée ! Il refuse de lui envoyer un prêtre, alors qu’elle se meurt. Il s’oppose aussi à ce que son enterrement se déroule dans son église.

Les amis de la tragédienne se résignent à emmener son corps directement au cimetière. Mais l’affaire s’est ébruitée !

Le jour J, il y a du monde dans la rue, en bas de chez la défunte. Une foule qui décide qu’il faut forcer le curé de Saint-Roch à célébrer le service funèbre.

Alors, sur le chemin du cimetière, une vingtaine de personnes détourne le char et lui font prendre la direction de Saint-Roch.

Les portes sont fermées. La foule grossit, enfle, 5000 personnes sont bientôt réunies, à hurler contre le prêtre enfermé dans l’église !

On veut défoncer les portes. Les comédiens amis de Mlle Raucourt, inquiets de la tournure que prennent les choses, veulent aller au cimetière. Mais on les bloque, au cri de « Les prêtres à la lanterne, à mort Marduel ! »

SOUDAIN ! La porte de Saint-Roch cède ! La foule envahit l’église ! Mille bras portent le cercueil jusqu’au chœur, où l’on allume les cierges.

Pas de prêtre en vue… mais une église « bruyante comme un club », qui reste ainsi jusqu’à Pâques, où un policier, enfin, ordonne au curé de procéder à la messe d'enterrement de la dame.

Sources

  • Jacques Hillairet. Connaissance du vieux Paris. Editions Princesse, 1963.
  • Collectif. Guides Bleus Paris. Éditions Hachette, 1994.
  • Jacques Hillairet. Rive gauche et les îles. Éditions Princesse, 1963.
  • Henri Houssaye. 1814-1815 : histoire de la campagne de France. 1893.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !