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8 petites histoires autour de la cathédrale de Soissons

La cathédrale | Thierry Bézecourt / CC-BY-SA
Cathédrale Cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais de Soissons

1 - Deux gothiques pour le prix d'un !

La première église, dédiée à saint Gervais et saint Protais, date du IVe siècle.

L'évêque Rothade Ier en fait élever une nouvelle qu'il consacre en 815.

Mais celle qui nous intéresse, c'est la cathédrale actuelle, construite dès 1176 et achevée au cours du siècle suivant : elle date de l'époque de la transition entre style gothique primitif et gothique classique...

Une rareté ! Le premier style se remarque dans la nef et le choeur, tandis que le second s'observe dans le bras sud du transept.


Transept sud, détail

Transept sud, détail | ©Pierre Poschadel / CC-BY-SA

2 - Le sacre d'un roi des Francs

Saviez-vous que le sacre de Pépin le Bref, fils de Charles Martel, se déroule dans la cathédrale de Soissons, en 751 ?


Façade Ouest

Façade Ouest | ©Eponimm / CC-BY-SA

3 - La cathédrale n'a qu'une seule tour

La cathédrale n’a qu’une seule tour, oui !

Elle était belle et bien prévue, mais avec la guerre de Cent Ans, on n’a jamais pu le faire, ni par la suite par manque de temps et d’argent.

Pire, les échafaudages sont vendus après le siège de 1414 au profit du trésor royal !

On consacre finalement la cathédrale actuelle en avril 1479.

4 - Une terrible explosion

Pillée durant la Révolution, dépouillée de son mobilier, transformée en magasin à fourrages puis en temple de la Raison, notre cathédrale n'en a pas fini...

Le magasin à poudre qu'elle héberge explose en 1815 : une partie des vitraux se brise et les portes se détachent de leurs gonds !

Heureusement, les magnifiques vitraux du XIIIe siècle n'ont pas souffert...


Vitrail de la cathédrale, XIIIe s.

Vitrail de la cathédrale, XIIIe s. | ©Miguel Hermoso Cuesta / CC-BY-SA

5 - Les deux orants

Ne pas manquer les deux très beaux orants de deux abbesses de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Soissons : Marie de Crèvecoeur et Antoinette-Louise de Lorraine d’Aumale.

Assez impressionnantes, l’une est toute blanche, comme un fantôme surgi de l’ombre, l’autre à moitié noire et blanche...


Orant de Louise d'Aumale

Orant de Louise d'Aumale | ©Pierre Poschadel / CC-BY-SA

Orant de Marie Crèvecœur

Orant de Marie Crèvecœur | ©Pierre Poschadel / CC-BY-SA

6 - Un Rubens dans la cathédrale !

Un très, très beau, en plus !

Il s'agit de L’Adoration des Bergers, que la légende dit avoir été peinte par l’artiste flamand à Soissons même, en 1625 : un cadeau du peintre aux Cordeliers de la ville.

En fait, c’est plutôt l’évêque de Soissons qui l’achète au début du XVIIe s : preuve en est de ses armoiries apparentes sur la toile, en bas à droite.


L'Adoration des Bergers, Rubens

L'Adoration des Bergers, Rubens | ©Rolf Kranz / CC-BY-SA

7 - Les reliques de Crépin et Crépinien

Saint Crépin, dont on voit le reliquaire, est avec son frangin Crépinien un martyr du IIIe s.

Fraichement débarqués en Gaule, ces deux chrétiens de Rome atterrissent en Picardie à Soissons où ils doivent évangéliser la population.

Ils deviennent cordonniers, fabriquent des chaussures pour les pauvres gens, gratis, et pour les plus riches qui aiment la qualité de leur boulot.

Mais vers 286, c'est le drame ! De vils énergumènes les dénoncent aux Romains.

L’empereur leur ordonne de renier leur foi, ils refusent.

Crac, on les torture : on leur glisse des roseaux pointus sous les ongles... mais les roseaux grandissent d’un coup et blessent le bourreau.

Ensuite, on les jette dans une rivière avec une pierre autour du cou. Mais ils flottent !

On les jette dans une cuve pleine de plomb fondu, mais une goutte gicle dans l’œil du bourreau qui se retrouve borgne

Encore une fois, les deux frangins s'en sortent sains et saufs.

Enfin, on les jette dans de l’huile bouillante, mais deux anges les sortent de là in extremis.

Le bourreau au bord du burn out (et à court d'idées) finit par les décapiter.

Des chrétiens récupéreront leurs restes en cachette et les enterreront dignement...


Reliquaire de Crépin et Crépinien

Reliquaire de Crépin et Crépinien | ©jean-louis Zimmermann / CC-BY

8 - Saint Louis sacré chevalier

Tiens ? Que fait le roi de France ici ?

Figurez-vous qu'il a été armé chevalier dans la cathédrale picarde !

Louis est encore tout jeunot (9 ans) quand son grand-père, Philippe Auguste, meurt le 14 juillet 1223.

Son pater, Louis VIII, devient roi. Enfin, pas longtemps. Il meurt le 8 novembre 1226, 3 ans après.

Louis a 12 ans. En route avec sa mère pour Reims et son sacre, ils s’arrêtent à Soissons : Louis est fait chevalier dans la cathédrale.

Pour enfin être sacré roi dans la cathédrale de Reims le 29 novembre 1226…

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !