Mais qui est le Brave Crillon ?

De 1541 au 2 déc. 1615

Statue de Crillon à Crillon-le-BraveStatue de Crillon à Crillon-le-Brave | ©Véronique PAGNIER / Public domain

Le Brave des Braves

Alors, qui est ce Crillon ?

C'est le « Brave » d'Henri IV, l'un de ses grands amis !

Il lui écrit dans une lettre :

« Brave Crillon, vous savez comme étant roi de Navarre je vous aime, estime et faites grand cas de vous. Depuis que je suis roi, je n'en fait pas moins et vous honore autant que gentilhomme de mon royaume, ce que je vous prie de croire et en faire état. Sur ce, brave Crillon, Dieu vous ait en sa sainte garde... »

Beaucoup d'honneur, effectivement ! Louis de Balbe, seigneur de Crillon, est issu d'une vieille famille piémontaise.

Brave des braves pour Henri IV, le Brave pour Henri III et Charles IX, l'Homme sans peur pour ses soldats, Brantôme dit de lui dans Vie des hommes illustres et grands capitaines français (2e partie, 1er discours) :

« Il avait été couvert d'une infinité de blessures, sans avoir pu mourir par elles, les ayant toutes reçues de la belle façon. »

Aide de camp du duc de Guise, ami de la famille, il se distingue à Calais en 1558, à Dreux en 1562, à Moncontour en 1569.

Henri IV l’appelle premier capitaine du monde.

Ce à quoi Crillon répond : « Non, sire, vous avez menti : je ne suis que le second, vous êtes le premier... » Vil flatteur, va !

CrillonCrillon | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain

Blessures de guerre

Il meurt à l'âge de 75 ans, le 2 décembre 1615.

Dans son épitaphe, on dit que son corps était couvert de 22 grandes blessures, et que son cœur a été retrouvé d'une grosseur inhabituelle !

Son oraison funèbre a même été imprimée à Avignon en 1616 sous le nom de Bouclier d'honneur, où sont représentés les beaux faits du très généreux et puissant seigneur feu messire Louis Berton, seigneur de Crillon... appendu à son tombeau... par un Père de la Compagnie de Jésus François Bening, dans l'église cathédrale de Notre-Dame des Doms d'Avignon.

Tout un programme !

CrillonCrillon | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain

Pends-toi, Crillon

Mais saviez-vous qu'il est resté dans la tradition ce « Pends-toi, brave Crillon ! », qu'aurait dit Henri à son ami après la bataille d'Arques ?

C'est Voltaire qui met cette phrase dans la bouche du roi, dans son Henriade :

« Pends-toi, brave Crillon ! Nous avons vaincu à Arques, mais tu n'y étais pas... Adieu, brave Crillon, je vous aime à tort et à travers. »

Mais le jour de cette bataille en décembre 1589, Crillon ne connaissait pas encore Henri, et surtout, celui-ci ne l'aurait jamais tutoyé !

Une invention, cette phrase ? Pas complètement !

Preuve en est de cette lettre (véridique celle-ci) écrite en 1597, qui lui dit :

« Brave Crillon, pendez-vous de n'avoir été ici près de moi lundi dernier à la plus belle occasion qui se soit jamais vue et qui peut-être se verra jamais. Croyez que je vous ai bien désiré. J'espère jeudi prochain être dans Amiens... j'ai maintenant une des belles armées que l'on saurait imaginer. Il ne manque que le brave Crillon qui sera toujours le bienvenu. »

Source

  • Eugène Jung. Henri IV écrivain. 1855.