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Henri IV en Normandie : la bataille d'Arques

Quand : 15 septembre 1589 - 29 septembre 1589

Château d'Arques | ©Paul Hermans / CC-BY-SA
Château Guerres de Religion Henri IV Château d'Arques-la-Bataille

C’est au pied du château aujourd’hui en ruine que se déroule la bataille d’Arques, en 1589.

Zoom sur cet épisode épique !

Que se passe-t-il ?

15 au 29 septembre 1589. Près de deux semaines de folie pour Henri IV...

Petit récap’, commençons par le contexte !

Henri III vient de mourir assassiné par le poignard d’un moine fanatique, à Saint-Cloud. Sur le trône, oui… aaah, ça y est, je vois que ça vous dit plus quelque chose, comme ça !

Bref, voilà celui qui doit lui succéder : le roi de Navarre Henri de Bourbon, un protestant.

Oui, Henri III n’avait pas d’héritier et ça a d’ailleurs été un joyeux bazar, à ce sujet.

C’est donc Henri le huguenot qui prend sa place. Protestant, certes, mais il jure de « maintenir la religion catholique ».

Sauf que pour la majorité des princes, c’est que nenni : ils se rangent derrière la Ligue catholique et son chef, le puissant Guise.

Et ils ferment les portes de Paris au nez du roi ! Un roi qui doit reconquérir les grandes villes de son royaume, avant de faire de même pour Paris.


Le château d'Arques

Château d'Arques | ©Paul Hermans / CC-BY-SA

Henri en Normandie

L’armée d’Henri IV fait peine à voir. Près de 20 000 hommes, même pas. Pour conquérir un pays, ça va faire juste !

Il répartit ses soldats à trois points du royaume : en Picardie, en Champagne, et lui en Normandie près de Dieppe, à attendre les renforts promis par sa majesté Elizabeth d’Angleterre : il s’installe à Dieppe le 6 août 1589 avec ses 8000 hommes.

En face, un Guise

En face de lui, Charles de Lorraine-Guise, chef de la Ligue, avec ses 35 000 hommes.

Qui comptent bien reprendre la cité normande de Dieppe. Mais Henri n’est pas dupe. Attendre de se faire acculer dans la cité dieppoise serait une folie !

Aussi décide-t-il de déménager à Arques, où il consolide les fortifications. Et il attend Guise, pour, enfin, livrer bataille !


Charles de Lorraine

Charles de Lorraine | ©Rijksmuseum / CC0

Les troupes arrivent de la mer !

Ca part mal, du côté du roi ! Les pertes font mal des deux côtés, mais c’est bien sûr plus flagrant chez Henri.

Heureusement, qui pointe le bout de son nez à l’horizon, sur la Manche impassible et grise ? Les troupes promises par her Majesty, le reine Elizabeth Ire !

Elles arrivent le 23 septembre. 1200 Ecossais (fidèles alliés comme toujours), plus de 4000 soldats anglais. Plus 500 arquebusiers menés par François de Coligny en personne !

De quoi faire enfin pencher la balance du côté d’Henri. Blasé, Guise préfère capituler...

Le brave Crillon n'était pas là

Henri envoie un petit billet à l'un de ses grands amis, le brave Crillon, un grand soldat, mais qui n’avait pas pu batailler à Arques en raison d’une blessure reçue à Tours.

Il dit simplement :

« Brave Crillon, pendez-vous de n'avoir été ici près de moi lundi dernier à la plus belle occasion qui se soit jamais vue et qui peut-être se verra jamais. Croyez que je vous ai bien désiré. »


C’est sûr, Arques, sa bataille, il fallait y être, pour entrer dans l’Histoire…

Voltaire, bien plus tard, met ces mots dans la bouche du roi, dans son Henriade :

« Pends-toi, brave Crillon, nous avons combattu à Arques, et tu n’y étais pas. Adieu brave Crillon, je t’aime à tort et à travers. »


Château d'Arques

Château d'Arques | ©Camilla7693 / CC-BY-SA

Deux mots sur le château

Le château d'Arques a été construit au début du XIIe siècle.

Après avoir subi les sièges de Guillaume le Conquérant, de Philippe Auguste, de Charles le Téméraire, il est abandonné et Louis XIV le déclare en 1708 « impropre au service du roi » (dixit Histoire des anciennes villes de France, Ludovic Vitet, 1833).

La forteresse est alors démantelée pierre par pierre.

En 1792, un habitant l’achète comme bien national et sauve ce qu’il reste. En 1836, les ruines échappent d’un cheveu à la destruction totale.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !