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Louis VI, sa mort et son gisant à Saint-Denis

Gisant de Louis VI | ©Marie Thérèse Hébert & Jean Robert Thibault / CC-BY-SA
Lieu de sépulture Louis VI le Gros Basilique Saint-Denis


Un roi mort de quoi, au juste ?

Vous vous souvenez ? La dernière fois qu’on a laissé le roi Louis VI, il menait une expédition punitive contre le seigneur pillard de Saint-Brisson-sur-Loire.

Puis, le roi reprend la route vers ses pénates. Mais il se sent patraque.

Les cahots de sa monture sur une mauvaise route ? Non. Un repas trop lourd et trop gras engloutit juste avant ? Non plus.

En tout cas, le roi tombe gravement malade, une fois de retour en son château de Béthisy-Saint-Pierre, en forêt de Compiègne.

Le 1er août 1137, il meurt des suites de la dysenterie.

Lui qui, à presque 60 ans, était devenu quasi impotent à force de trop grosses bouffes...

Voilà ce qu’on lit dans Les morts mystérieuses de l'Histoire d'Augustin Cabanès :

« Son embonpoint lui interdisait l’usage du cheval, mais il mettait une énergie incroyable à vouloir conduire en personne les expéditions les plus fatigantes.
« Vainement, ses amis l’engageaient à rester tranquille, à faire simplement son devoir de chef d’état. Il ne pouvait s’y résigner.
« Envahi par l’obésité, presque incapable de se mouvoir, désespéré de ne plus satisfaire au besoin d’activité qui le dévorait, il disait en gémissant : « Ah ! Quelle misérable condition que la nôtre ! Ne pouvoir jamais jouir en même temps de l’expérience et de la force ! Si j’avais su, étant jeune, si je pouvais, maintenant que je suis vieux, j’aurais dompté bien des empires... »


Le roi meurt donc « d’une série d’attaques de diarrhée chronique, probablement de dysenterie ».


Gisant de Louis VI

Gisant de Louis VI | ©Marie Thérèse Hébert & Jean Robert Thibault / CC-BY-SA

Les derniers moments

Suger, dans son Histoire de Louis le Gros, rapporte sur les derniers instants du roi :

« Le roi, après avoir reçu la communion, rejetant loin de lui toutes les pompes de l’orgueil du siècle, s’étendit sur un lit de simple toile.
« Un peu avant de mourir, il ordonna qu’on étendît un tapis par terre et que sur ce tapis on jetât des cendres en forme de croix, puis il s’y fit porter par ses serviteurs, et, fortifiant toute a personne par le signe de croix, il rendit l’âme dans la 37e année de son règne et presque la soixantième de son âge. »


Epitaphe de Louis VI, provenant de St-Denis (musée de Cluny)

Epitaphe de Louis VI, provenant de St-Denis (musée de Cluny) | ©Thesupermat / CC-BY-SA

Une histoire... de localisation !

Louis VI avait demandé, avant sa mort, « à être enseveli entre les autels très sacrés de la sainte Trinité et des saints martyrs ».

Après son décès, les religieux de Saint-Denis pensent d’abord à l’inhumer, non pas derrière l’autel selon son souhait, mais devant.

La faute de la tombe de Carloman, qui s’y trouvait déjà… hors de question de le déménager !

Ca arrange nos religieux, en même temps : jamais aucun roi n’avait été inhumé à cet endroit, à Saint-Denis, ça n’allait pas commencer maintenant !

Mais après plusieurs sondages, on finit (coup de bol monstrueux) par trouver une place libre, à l’endroit exact voulu par le roi !

La commande de saint Louis

Le gisant de Louis VI date de l’époque de saint Louis, à l’époque où le roi réaménage la basilique, en 1263, et commande 16 nouveaux gisants pour ses prédécesseurs.

Le message est clair : renforcer le pouvoir royal et montrer que Louis est le digne successeur de ses aînés…

C’est pour ça que le gisant de Louis VI et tous les autres se ressemblent : yeux ouverts tournés vers l’Est, un sceptre dans une main, l’autre relevant un pan de leur manteau, le visage souriant et idéalisé...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !