This website requires JavaScript.

Les bases de la Corse indépendante de Pascal Paoli adoptées au couvent de Caccia

Quand : 21 avril 1755 - 22 avril 1755

Corsica Insula (XVIIe siècle) | ©The British Library / Public domain
Couvent Pascal Paoli Couvent de Caccia

C'est ici que Pascal Paoli jette les bases de la Constitution de la République corse indépendante !

Sources : Histoire de la Corse (Cesari Rocca, 1908) / Notice historique sur la Corse (Antonio Mattei, 1869) / Histoire de Paoli (Arrigo Arrighi, 1843).

Pascal Paoli, le héros !

Héros de l’indépendance corse, Pascal Paoli fait de l’île une république indépendante et moderne, entre 1755 et 1769 !

Une vraie légende, dont la notoriété dépassera largement les frontières de la Méditerranée.

Il le fallait bien, car depuis le XIVe siècle, la République de Gênes, l’une des plus grandes puissances financière d’Europe, y régnait en maître...

La Corse devient le premier pays du monde dit moderne à se doter d’une constitution résolument démocratique.

Celle-ci devançait celle des Américains en 1776 et des Français en 1789, raconte Histoire de la Corse de Cesari Rocca !

Paoli

Paoli | ©Rijksmuseum / CC0

L'adoption de la constitution à Caccia

Le texte de la future constitution est élaboré par une consulta générale (assemblée) dans la sacristie du couvent Saint-François de Caccia, à huis clos, les 21 et 22 avril 1755.

Au terme de ces deux jours, les grandes lignes de la Constitution corse sont écrites !

Elle sera définitivement adoptée à Corte, en novembre de la même année.

Suivra, à la mi-juillet 1755, l’élection de Paoli en tant que général en chef de la nation corse, au couvent de Casabianca.

Couvent de Caccia

Couvent de Caccia | ©Pierre Bona / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Zoom sur la constitution de Paoli !

Avec Paoli, l’île devient une république indépendante : elle adopte donc des principes démocratiques.

Il y a séparation des trois pouvoirs. Le général, Pascal Paoli, devient président du Conseil d’État et détient la puissance exécutive.

L’assemblée, qui représente le peuple, est élue par tous les Corses de plus de 25 ans, y compris les femmes ayant charge de famille.

Une junte (giunta) assure le rôle de tribunal exceptionnel.

Le préambule de cette constitution annonce :

« La Diète Générale du peuple de Corse, légitimement maître de lui-même, ayant reconquis sa liberté, voulant donner à son gouvernement une forme durable et permanent, en le transformant en une constitution propre à assurer la félicité de la nation... »

Incroyable ! En Europe, à la même époque, les monarchies de droit divin gouvernent... et là, en Corse, un texte affirmait la souveraineté de son peuple, « seul maître de la lui-même » !

Une fois la Constitution adoptée, Paoli s'attèle à la construction de sa nation corse : il lui faut une monnaie, un drapeau, une armée...

Voyons ça de ce pas !

La vendetta

Paoli commence par prendre des mesures contre les vendette, qui tuent alors 900 hommes par an, en Corse.

Ce qui, entre nous, arrange bien Gênes...

Cette vieille coutume, par laquelle deux familles ennemies se vengent jusqu’au crime, Paoli veut y mettre fin, avec la giustizia paolina.

Toute personne se livrant à la vendetta se verra condamner à mort.

La première université corse

Pascal Paoli fonde la première université de Corse, à Corte, début 1765.

Son but ? Former les futurs cadres de l’État ! En 1768, on compte 300 étudiants.

Elle ne survit pourtant pas au départ de Paoli en exil, en 1769. Il faut attendre 1981, pour voir la réouverture de l’université de Corte !

Elle existe toujours aujourd’hui, porte le nom de Pascal Paoli, et… c’est la seule université de l’île.

Il faut dire que Corte devient la capitale, le siège du gouvernement de la Corse indépendante de Paoli, entre 1755 et 1769.

Le drapeau corse

Le célèbre drapeau, blanc à tête de Maure, a été officiellement adopté par Paoli, en 1762 !

Journal et imprimerie

Paoli installe une imprimerie à Campoloro, en 1760, avec matériel et imprimeur venus tout droit de Naples.

De là sortira la gazette officielle corse, Ragguagli dell’Isola di Corsica. Une sorte de compte rendu des actions de Paoli...

La monnaie

A Murato, Paoli crée un hôtel des monnaies (zecca), où l’on frappe des pièces en argent et en cuivre aux armes de la Corse, dès 1761.

La fondation de l'Ile-Rousse

Paoli créé le port et les entrepôts de l'Ile-Rousse en 1758, pour commercer avec l'Europe.

L'île fournit huile d’olives, vin, miel, châtaigne, cire, sel, cuir ou encore marbre et corail.

Un commerce libre, on exporte sans passer par les Génois, sans être taxé.

Du jamais vu ! Des familles corses entières s'enrichissent.

L'armée

On fabrique pour la première fois de la poudre à canon en Corse, en 1765.

Dès 1763, on fondait des mortiers et des canons.

L’agriculture

La Corse dans sa gloire, ses luttes et ses souffrances (J. T. Biancamaria, 1963) explique que Paoli fait beaucoup pour rénover l’agriculture.

Il introduit dans l’île la culture de la pomme de terre.

Certains le surnomment depuis... le « général des patates » !

Couvent de Caccia

Couvent de Caccia | ©Katja Wagner / Flickr / CC-BY

La suite de l'histoire !

La fin de la République corse indépendante de Paoli, c'est avec la bataille de Ponte Novu, en 1768.

Les Génois viennent de céder la Corse au royaume de France.

Louis XV envoie donc 22 000 soldats pour prendre possession de l'île : les deux camps se rencontrent au Ponte Novu, à Castello-di-Rostino.

Paoli concentre ses troupes sur le pont : les Corses, peu nombreux, mal équipés, pas stratèges pour deux sous, se font canarder par les Français.

C'est la défaite... Paoli se rend.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !