This website requires JavaScript.

Le tombeau de Bayard à Saint-André de Grenoble

Quand : 1524

Tombe de Bayard | ©Guilhem Vellut / Flickr / CC-BY
Collégiale Collégiale Saint-André de Grenoble

Source : Recherches sur la sépulture de Bayard (Jean-Joseph-Antoine Pilot de Thorey, 1866).

La mort du chevalier

Bayard, le seul, l’unique, le chevalier isérois qui adoube François Ier !

Il meurt dans le Milanais des suites d’une blessure reçue au combat, en 1524.

Les reins brisés, il souffle douloureusement : « Je n'ai jamais tourné le dos devant l'ennemi, je ne veux pas commencer à la fin de ma vie. »

Et... tout est fini.

Funérailles à Grenoble

Le corps du chevalier est transporté en urgence à Grenoble, dans son Dauphiné natal, où de magnifiques funérailles sont organisées.

Dans son testament, Bayard avait émis le souhait de reposer à Grignon, dans le tombeau de ses parents. Voilà pourquoi on a envoyé son corps à Grenoble.

Toutefois, une fois là, on demande à ce que sa dépouille y reste : Bayard a été commandant du Dauphiné dans cette ville, voilà pourquoi !

Sa famille accepte : ses restes allaient donc prendre le chemin du couvent des Minimes de la Plaine, fondé par l’oncle maternel de Bayard, Laurent Alleman.

« Les obsèques furent magnifiques. Son corps fut enterré au-devant du grand autel des Minimes de la Plaine à un quart de lieue de Grenoble, où néanmoins ne lui fut donné ni tombeau, ni monument, ni marque aucune qui pût faire connaître que là gît un si précieux dépôt.
« Le marquis de Pesquaire fit embaumer son corps et nomma six gentilshommes pour le porter en cérémonie dans une église qui était la plus près du camp.
« On le porta dans un lugubre et pompeux appareil dans la cathédrale, où pendant deux jours qu’il fut exposé aux yeux du peuple, on lui fit des services qui marquaient la vénération qu’on avait pour son grand mérite ; ensuite dans le même ordre et avec la même pompe funèbre, on l’alla inhumer dans l’église des Minimes de la Plaine, que Laurent Alleman son oncle avait fondée et en laquelle ce prélat avait été enseveli.
« Il fut placé au-devant du grand autel de cette église sous une tombe plate sans aucune inscription, sépulture plus convenable à la modestie de Bayard qu’un tombeau superbe. »
Histoire du chevalier Bayard (Claude Expilly, 1650)

Les tribulations d'un corps

On vient de le voir, le tombeau de Bayard se trouve à la base au couvent des Minimes de Saint-Martin d’Hères, tout près de Grenoble.

Sépulture bien sûr profanée à la Révolution ! Profanée, et les ossements éparpillés à tout va.

Donc, en août 1822, le préfet de l’Isère fait transférer ses restes présumés dans la collégiale Saint-André de Grenoble, lieu où ils se trouvent encore.

Présumés, oui… pusqu’il s’agit en fait de ceux d’une femme ! Et mince...

Il faut attendre 1937 pour qu’on lance des fouilles au couvent : on y retrouve plusieurs cercueils.

Dont un contenant un crâne noirci : noirci par le fer d’un casque et d’une armure retrouvés dans la bière (article en ligne de l’hebdomadaire belge Le Vif du 7/3/2017)…

Et là vous me dites : qui dit armure, dit chevalier ? Aurait-on là les restes de Bayard ? Oh là, on n’en sait rien !

En plus, ces restes sont longtemps remisés aux Archives de l’Isère.

En 2013, un descendant de Bayard procède à des analyses sur le crâne présumé de son aïeul : l’ADN mitochondrial aurait révélé qu’il s’agit bien de son ancêtre.

Aurait ! Tout le problème est là. Cet ADN, prélevé sur une dent, correspond bien à celui d'une descendante actuelle de la famille de Bayard.

Il y a donc de grosses chances pour que le crâne soit celui du chevalier : mais il faudrait une deuxième analyse pour le confirmer.

Car le généticien qui a réalisé les analyses est très controversé...

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !