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11 anecdotes sur le chevalier Bayard

Quand : 1475 - 1524

Bayard | ©Rijksmuseum / CC0
Château François Ier Château Bayard

Bienvenue en Isère, dans le château natal du brave, de l'incroyable chevalier Bayard ! L'occasion de faire connaissance en 11 anecdotes.

Source : Histoire de Pierre Terrail, dit le chevalier Bayard (Guyard de Berville, 1822).

1 - Naissance au château Bayard

Pierre du Terrail, seigneur de Bayard, naît dans ce gros château-fort près de Pontcharra, dans la vallée du Grésivaudan, entre 1473 et 1475.

Pierre III du Terrail est le fils d’Aymon seigneur de Bayard et d’Hélène Alleman de Laval : une vieille famille dauphinoise !

Le château Bayard est une grosse maison-forte construite au début du XVe siècle par l’arrière-grand-père de Bayard, Pierre premier du nom.

Histoire de France et notions sommaires d'histoire générale rapporte que le paternel, au moment de mourir, demande à ses quatre fils ce qu’ils voulaient faire de leur vie : l’un veut être évêque, l’autre compte rester au château familial, un autre encore devenir abbé.

Le cadet, 13 ans (c’est Bayard), déclare qu’il suivrait « la carrière des armes », voulant marcher sur la trace de ses illustres ancêtres… Le vieil homme approuve !


Château Bayard

Château Bayard | ©Evim@ge ON/OFF / Flickr / CC-BY

2 - Son surnom de chevalier sans peur et sans reproches

« Chevalier sans peur et sans reproche »… c’est Bayard !

Un beau surnom que l’on doit à ses contemporains.

Jacques de Mailles, compagnon d’armes de Bayard, écrit en effet en 1527, sous le pseudonyme du « Loyal Serviteur », La très joyeuse plaisante et récréative histoire du bon chevalier sans peur et sans reproche, le gentil seigneur de Bayard : le livre retrace la vie épique de son ami.

3 - Son surnom de Piquet

Page à 11 ans à la cour de Savoie et celle de France, Bayard reçoit le surnom de Piquet, tant il éperonne ses montures !

Dictionnaire des noms de Lorédan Larchey dit :

« Bayard porta le surnom de Piquet dans sa jeunesse parce que la première fois qu’il parut à cheval devant le roi les pages lui crièrent plusieurs fois picquez, picquez. Le cheval avait sans doute besoin de l’éperon. »


Homme d’armes du comte de Ligny après des études militaires en Italie, lieutenant de la compagnie du duc de Lorraine, Bayard brille par sa bravoure et son adresse, gagnant les prix dans tous les tournois : on le connaît comme étant le plus « appert » et le plus « duit ».


Bayard

Bayard | ©Universitätsbibliothek Leipzig / Public domain

4 - Son duel avec Alonzo Sotomayor

1503. Bayard fait prisonnier un seigneur espagnol du nom d’Alonzo de Sotomayor, et le laisse libre sur parole.

Paf ! L’Espagnol prend la fuite. Bayard le récupère, mais cette fois l’enferme.

Alonzo paie sa rançon et, une fois libre, se plaint des mauvais traitements qu’il a reçus, le bougre ! Soi-disant, en plus...

Bayard dément. Il le provoque en duel, même !

Au petit matin, escorté chacun d’une foule de seigneurs, ils sont en armure, tête nue, l’œil sombre, traits tendus, deux armes en main.

Bayard salue l’autre, qui lui lance un arrogant « Señor de Bayardo, que me quières ? » (Seigneur Bayard, que me veux-tu ?)

« Défendre mon honneur », gronde ce dernier. Et là… ça va très vite !

« Et de venue se ruèrent chacun un merveilleux coup d’estoc, dont de celui du bon chevalier fut un peu le seigneur Alonzo au visage en coulant. Plusieurs coups se ruèrent l’un sur l’autre sans eux atteindre. »

Bayard porte des coups à l’Espagnol, mais celui-ci encaisse en se protégeant avec son bras.

Sur quoi Bayard lui donne « un si merveilleux coup dedans la gorge que l’estoc entra dans la gorge quatre bons doigts, de sorte qu’il ne pouvait la retirer. »

Du sang coulant de son cou, Sotomayor tente d’étouffer Bayard entre ses bras.

Ils tombent à terre, Bayard réussit à se dégager et perce « les naseaux de son ennemi » avec son poignard… en fait « entre le nez et l’œil gauche ».

« Rendez-vous, don Alonzo, ou vous êtes mort ! », lance Bayard au macchabée. Car oui, c’était fini, Sotomayor venait de mourir.

Mais on n’en reste pas là ! Impossible !

Les amis de Sotomayor veulent le venger. Hop, on organise un combat de 13 Français contre 13 Espagnols.

Le vainqueur ? Bayard ! Vous en doutiez ?


Château Bayard

Château Bayard | ©Jérôme Villafruela / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

5 - Pourquoi il est fait chevalier

Bataille de Fornoue, 1495. Quelques poignées d’hommes surgissent pour sauver la vie du roi Charles VIII.

Il y a parmi eux Bayard ! Il a 23 ans.

Il a eu deux chevaux tués sous lui !

Sa conduite héroïque à Fornoue lui vaut d’être fait chevalier.

6 - Le pont du Garigliano

28 décembre 1503. Nous voilà pendant les guerres d’Italie opposant les rois de France aux Habsbourg.

Ce jour-là, 200 soldats espagnols franchissent le pont qui enjambe le Garigliano, « petite rivière gonflée par les pluies », pour combattre les Français.

Mais Bayard se trouve en plein milieu du pont.

Les coups pleuvent de partout, sur l’armure et le bouclier du chevalier en furie, qui ordonne à son écuyer d’aller chercher du renfort.

En les attendant, il leur tient tête à lui tout seul. D’un coup de lance, il tue le capitaine ennemi.

Puis, avec son épée, il fait un carnage parmi les quatre soldats assez fous pour s’avancer vers lui.

Epique !


Pont du Garigliano

Pont du Garigliano | ©The British Library / Public domain

7 - Renvoyé sans rançon

En 1513, les Anglais du roi Charles VIII le font prisonnier, lors de la bataille de Guinegatte.

C’est quasiment le seul à ne pas avoir fui devant l’ennemi. Il se fait capturer, du coup.

Henry VIII le rend sans rançon, impressionné par son courage. Mais il lui avait tout de même offert de passer à son service.

Bayard refuse : « Je n’ai qu’un maître au ciel, qui est Dieu, et un maître sur terre, qui est le roi de France ; je n’en servirai jamais d’autres » (Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire, volume 2).

8 - Son cheval

Bayard et son cheval, c’est comme Alexandre le Grand et sa monture Bucéphale. Inséparables… mythiques.

Celle de Bayard s’appelle Carinan, rapporte Brantôme. Un « cheval de bataille », probablement originaire d’Espagne.

Il est laissé pour mort sur le champ de bataille de Ravenne, « parce qu’il avait deux coups de piques dans le flanc et force coups d’épée sur la tête. »

Mais des hommes d’armes le trouvent le lendemain « qui paissait un peu d’herbe tout couché, et commença à hennir quand on vint à lui ».

Ils ramènent Carinan à la tente de son maître pour le guérir, comme l’écrit Clarisse Coignet en 1885 dans son François Ier, portraits et récits du 16e siècle.

Plus tard, « Bayard le donne au duc de Lorraine comme son bien le plus précieux. Voyant Bayard en danger à Marignan, le duc le lui rendit, et il le sauva par la fuite. »


Bayard

Bayard | ©The British Library / Public domain

9 - Devant les portes de Milan

1499. A 10 kilomètres de Milan, Bayard et ses hommes pourchasse l’ennemi, jusque devant les portes de la ville. Ils sont 50, en face... 300 !

« Dès que les deux troupes s’aperçurent, elles fondirent l’une sur l’autre. La charge fut vive. Bayard semblait un lion furieux. Il faisait voler des têtes et des bras avec une intrépidité sans pareille. »

Mais aux portes de la cité, ses compagnons abandonnent la chasse.

Pas Bayard, « trop échauffé, toujours chassait et poursuivait ses ennemis. De sorte que, pêle-mêle avec eux, il entra dans Milan et les suivit jusqu’au palais du seigneur Ludovic. »

Il est fait prisonnier, vous pensez bien.

Mais quand le duc Ludovico Sforza apprend qu’un jeune type de 25 ans à peine, d’une force extraordinaire, a fait un massacre devant la cité, il demande à lui parler.

L’acte accompli était tellement énorme que Ludovico, admiratif, le renvoie sans rançon !

10 - Marignan et l'adoubement de François Ier

Voilà, Bayard, partout où il passait, accomplissait « merveilles d’armes » et « gorgiases choses ».

François Ier, après Marignan, demande carrément à être fait chevalier de ses mains.

Une image d’Epinal, hein, qu’on connaît par cœur. Impossible de passer à côté !

Avant ou après la bataille, le 14 septembre 1525, Bayard « donne l’ordre de chevalerie au roi », à la demande de ce dernier, qui d’abord refuse : il est indigne de cet honneur et le roi est de toute façon le premier chevalier du royaume, par sa naissance.

Mais Bayard finit par plier : le roi s’agenouille à ses pieds, et il lui touche les deux épaules de son épée. Voilà !

Certains historiens racontent que cette scène est une invention.

Un pur coup de com’ pour redorer le blason du jeune roi après le désastre de Pavie, quelques mois plus tôt, où Charles Quint l’avait fait prisonnier.

Une propagande dorée pour faire passer la pilule, si vous voulez…

En plus, le roi s’était fait adouber lors de son sacre, alors !

Oui, sauf que l’adoubement est monnaie courante avant ou après une bataille, au Moyen-Age et jusqu’au XVIe siècle…

En plus, plusieurs témoins oculaires rapportent la scène, comme le Loyal serviteur ou Fleuranges, Robert III de La Marck.

La France de la Renaissance ajoute que l’adoubement du roi par Bayard a été créé pour faire oublier que François Ier avait été adoubé par son cousin, le connétable de Bourbon... qui l’avait trahi en passant au service de l’ennemi, Charles Quint !


Mort de Bayard

Mort de Bayard | ©Rijksmuseum / CC0

11 - La mort du chevalier

30 avril 1524. On est à la bataille de Rebec près de Milan, lorsqu’un coup d’arquebuse vient briser le dos de Bayard.

Il est porté sous un arbre. Le connétable de Bourbon (le traître passé à l’ennemi) vient le voir et lui exprime la pitié qu’il a pour lui.

Bayard lui dit : « Il n’y a point de pitié en moi, car je meurs en homme de bien. Mais j’ai pitié de vous, de vous voir servir contre votre prince, et votre patrie, et votre serment. »

Sur quoi… notre chevalier pousse son dernier soupir !

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !