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La laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet

La laiterie | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Château Louis XVI Marie-Antoinette Château de Rambouillet

La laiterie, Louis XVI, Marie-Antoinette...

Le caprice du roi

Avant que Louis XVI n’achète Rambouillet, Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, y vit : il s'agit du petit-fils de Louis XIV et de sa maîtresse, Mme de Montespan.

Louis XVI, c’est son cousin. Un Louis XVI qui chasse beaucoup, mais qui n’en peut plus de la petitesse de son château de Saint-Hubert, au Perray-en-Yvelines.

Son cousin lui céderait-il son Rambouillet ?

Tope-la, la vente se conclue en 1783, pour la somme exorbitante de 16 millions de livres (une somme prise sur sa fortune personnelle). Un caprice rudement cher !

La crapaudière de Madame

Louis XVI est ravi de son achat.

Son épouse, Marie-Antoinette... nettement moins !

Elle hait Rambouillet. Elle l’appelle « la crapaudière », à cause des marais sur lesquels les jardins ont été dessinés !

Elle aime le Trianon à Versailles, na. Point.

Louis va se plier en quatre pour qu’elle se sente bien, à Rambouillet, lui faisant aménager des appartements en enfilade, au 1er étage du château.

Mais Antoinette s’en contrefiche et continue de faire la tête.


La laiterie

La laiterie | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Une laiterie pour déguster des laitages

Vu le manque d’enthousiasme de sa moitié, Louis lui fait construire une laiterie, dans le plus grand secret.

Antoinette aime jouer à la petite maison dans la prairie à Versailles ? Elle aura quasiment la même chose à Rambouillet : une laiterie raffinée, conçue comme un temple antique, avec sa salle de dégustation de produits laitiers et sa salle de repos.

La reine découvre avec surprise son cadeau en juin 1787, alors qu’elle se promène dans le jardin : un mur végétal cache habilement la laiterie ! C’est que Louis l’aime, son Antoinette... (vu dans Le château de Rambouillet : six siècles d'histoire, G. Lenôtre, 1930)

Ils ne profiteront pas beaucoup de Rambouillet, puisque le couple royal ne vient que 6 fois, entre 1784 et 1788...


La laiterie

La laiterie | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Les bas-reliefs de Julien

Pierre Julien, crème de la crème de la sculpture néoclassique, se charge de réaliser 9 sculptures, pour la laiterie.

Dès l'entrée de celle-ci, on est accueilli par une vache nourrissant son veau, puis viennent les médaillons de la traite de la vache et du barattage du lait. Sur les murs de la seconde pièce, deux frises, dont L'Enfant Jupiter chez les Corybantes (photo ci-dessous).

Ces deux bas-reliefs feront de l’œil à Joséphine de Beauharnais, qui les fera enlever en 1803 pour les exposer à La Malmaison.

C’est parti pour deux siècles de trans-bahutage, avant qu’ils ne retrouvent leur place en 2007 !

Car après Joséphine et sa mort en 1814, son fils doit régler les dettes de sa mère : il vend tout, mobilier, vaisselles, bas-reliefs inclus.

Direction Londres chez un riche financier, puis la France, la Suisse...

Enfin, le retour en 2003, après la dation faite à l'Etat français par les fils d’un richissime marchand d’art qui les possédait depuis 1947 !


Détail d'un bas-relief de Julien

Détail d'un bas-relief de Julien | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Le bol-sein de Sèvres

Derrière le nom de bol-sein ou jatte-téton se cache le mythique bol en porcelaine de Sèvres, crée en 1787.

Une commande royale pour la laiterie de Rambouillet ! En tout, c'est un service de 108 pièces que la manufacture réalise pour la reine.

Regardez : le décor antiquisant et étrusque du service est réinterprété avec les couleurs vives en vogues à la fin du 18e siècle.

La reine pouvait ainsi y déguster son lait (symbole de fécondité), à la fraîche, dans sa laiterie.

Mais quid de la légende qui rapporte que le bol a été modelé sur le sein même de Marie-Antoinette ? Archi-faux, bien sûr !

Ce bol reprend un modèle bien connu de la Grèce antique, le mastos (« mamelle »), coupe utilisée dans le cadre de banquets.


Bol-sein de la Laiterie de Rambouillet

Bol-sein de la Laiterie de Rambouillet | ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA

Le mobilier de la Laiterie

On doit cet extraordinaire ensemble de mobilier en acajou au célèbre ébéniste Georges Jacob, devenu, au cours des années 1780, le fournisseur officiel de sièges de Marie-Antoinette.

Le 1er mai 1787, il livre quatre fauteuils, dix chaises, une grande table et six « pliants » (des tabourets), « de forme nouvelle du genre étrusque ».

Avez-vous remarqué ce décor à têtes de bélier ? Il rappelle les moutons mérinos établis dans la ferme expérimentale de Rambouillet, en 1786.

Ce mobilier se trouve aujourd’hui dans le Petit Trianon du château de Versailles !


Pliant en acajou de la Laiterie, Petit Trianon

Pliant en acajou de la Laiterie, Petit Trianon | ©Fanny Schertzer / CC-BY-SA


À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !