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La bataille de Valmy

Quand : 20 septembre 1792

Le moulin | ©Ketounette / Wikimedia Commons / CC-BY-SA
Moulin Révolution Française Bataille Moulin de Valmy

20 septembre 1792. La première victoire des armées de la République !

Elle se déroule à Valmy, tout près de son célèbre moulin.

Sources : Mémorial de l'artillerie, volume 6 (1845) / Histoire et tactique des trois armes, volume 1 (1845).

La situation avant la bataille

10 août 1792. Le roi de France Louis XVI a été déchu. 1 000 ans de monarchie sont tombés.

La Prusse du duc de Brunswick gronde : elle menace le peuple parisien d’une terrible vengeance, si l’on touchait au moindre des cheveux de la famille royale.

Les Prussiens sont déterminés. Ils veulent prendre Paris et libérer Louis XVI…

Valmy : jour J !

Facile !

Il pleut. Une grosse pluie froide qui tombe d’un ciel morne, couleur ardoise, et qui semble diluer toute la campagne alentour, soudain transformée en aquarelle.

Les armées françaises vont faire face aux Prussiens, là, à Valmy, non loin de Verdun. Le général et duc de Brunswick se tient prêt avec ses 80 000 hommes.

Ah ! La victoire ? Elle s’annonce, facile, mais facile, si vous saviez ! Les Français ne sont que 50 000, sous les ordres des généraux Kellerman et Dumouriez. Facile, je vous dis…

Tirs et explosion

On a choisi la colline de Valmy pour placer les troupes françaises, dominée par son moulin.

La bataille s’engage au petit matin, avec un bombardement ennemi qui s’écrase d’emblée sur le pauvre moulin. Les Français répondent par un tir d’artillerie. Le bombardement dure deux bonnes heures.

Des obus prussiens s’écrasent au milieu des munitions des Français. L’explosion tue et blesse énormément de monde ! C’est la panique dans les rangs.

« La première ligne rétrograde et les conducteurs de charrois, en s’enfuyant avec leurs caissons, augmentent la confusion et obligent de ralentir le feu, faute de munitions. »

D’autres artilleurs arrivent heureusement avec du renfort de munitions et reprennent les tirs.

Après la pluie...

En tout début d’après-midi, alors que le brouillard pluvieux se dissipe enfin, les Prussiens attaquent.

Les Français ripostent : ils viennent à leur rencontre au cri furieux de « Vive la Nation », comme un rugissement puissant. L’artillerie française reprend de plus belle. C’est le carnage chez les Prussiens.

Et puis, vers 16 heures, Brunswick décide d’arrêter la bataille. Brusquement. Inexplicablement. Quoi ? Mais… hé oui ! Bizarre, inconcevable ! On ne sait pas pourquoi.

En tous cas, le Prussien retire ses troupes : c’est la victoire pour les Français.


Bataille de Valmy

Bataille de Valmy | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Une victoire trop facile, remise en question

On a beaucoup causé et débattu de Valmy et de la victoire française.

130 000 combattants, près de 500 morts « seulement », l’étrange repli de Brunswick en pleine bataille…

Est-ce étrange, vraiment ? Que s’est-il passé ? Quelques explications qui pourraient éclairer une victoire jugée mystérieuse.

Le dysenterie

Les Prussiens ont été atteints de dysenterie.

Qui dit dysenterie dit violentes diarrhées et maux de ventre insoutenables. Je vous laisse allez combattre, dans un tel état, les tripes en folie…

On lit dans le volume 2 de Traité de médecine et de thérapeutique qu’après Valmy, en 1792, la dysenterie réduit l’armée prussienne à la moitié de son effectif et l’oblige « à battre précipitamment en retraite ».

« Au dire de Desgenettes, de 1792 à 1815, elle aurait tué bien plus de soldats que le feu de l’ennemi dans les grandes batailles. »

Une victoire contre un trésor

Dumouriez se serait procuré les diamants de la reine et les aurait offerts à Brunswick, contre la victoire.

Une idée vue dans Valmy, les diamants de la couronne de France (Léon Pagès, 1878).

Les diamants de la couronne de France avaient été volés le 16 septembre 1792, soit quatre jours plus tôt, au Garde-Meuble de la Couronne, dans l’actuel hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris...

Deux francs-maçons qui s'entendent

Dumouriez et Brunswick sont francs-maçons et ne voulait pas d’un combat fratricide. De grands comédiens, en somme, qui donnent quelques coups de canons pour l’image, et basta !

Une idée vue dans Valmy, les diamants de la couronne de France (Léon Pagès, 1878).


Dumouriez

Dumouriez | ©Rijksmuseum / CC0

Brunswick

Brunswick | ©Rijksmuseum / CC0

Les monuments qui commémorent la bataille

Dans la petite commune de Valmy, deux monuments célèbrent la bataille : le moulin de Valmy et le monument du lieutenant général Kellerman.

Le moulin

Le moulin symbolise la victoire française à Valmy ! Oui, l'original a été détruit le soir-même sur ordre de Kellerman.

Un deuxième moulin reconstruit peu après est à son tour détruit en 1831.

Pour le 15e anniversaire de la bataille, le maire de Valmy fait installer un nouveau moulin dès 1939, travaux interrompus par la Seconde Guerre Mondiale et inauguré en 1947.

Mais jamais deux sans trois, vous connaissez le truc… ce moulin est détruit par la tempête de 1999 ! Un moulin copie conforme à l’original est inauguré en 2005. Notre moulin actuel !

La statue de Kellerman

Elle est inaugurée en 1892 sur le site de la bataille.

L’obélisque qui se trouve devant le monument renferme les restes du général, qui a voulu être enterré auprès de ses soldats. Les canons ont été installés un siècle après.

Notez aussi près de cette statue la chapelle de la princesse Ginetti, arrière-petite-fille du général, qui renferme ses cendres : c’est grâce à ses dons qu’on a pu aménager ce site mémorial.

Le général est représenté avec son chapeau au bout de son sabre, tel qu’il était vraiment quand son armée a chargé les Prussiens, au cri de « Vive la Nation ! »

D’ailleurs, tous les soldats mettent leurs chapeaux sur leur baïonnette et reprennent ce cri qui bientôt, selon les témoins, « faisait trembler le sol »...


Statue de Kellerman

Statue de Kellerman | ©Хрюша / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Chapelle de la princesse Ginetti

Chapelle de la princesse Ginetti | ©Хрюша / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Conclusion

Le poète Goethe, alors en France, assiste à la bataille de Valmy, au sein de l’armée prussienne.

Il écrit plus tard : « Ici et aujourd’hui commence une grande époque historique, et vous pourrez dire que vous en avez été les témoins. »

En tous cas, dès l’annonce de la victoire, la Convention nationale proclame l’abolition officielle de la monarchie et instaure la Première République.

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !