Antoine-Jean Gros au Père-Lachaise

GrosGros | ©Paris Musées - Musée Carnavalet / CC0

Rien ne va plus pour Gros !

Antoine-Jean Gros ? Célèbre peintre néoclassique à qui l’on doit, entre autres, le mythique Bonaparte au pont d’Arcole, et le non moins célèbre portrait de Louis XVIII !

Sa mort ? Un suicide... et voilà pourquoi.

Dans les dernières années de sa vie, rien ne va plus pour Gros.

Nous sommes en 1815. En peinture, que de changements ! Le romantisme a fait son nid.

Gros est rempli de doutes. Ses confrères, dont Girodet et David, lui reprochent de ne pas avoir pondu de chefs-d'œuvre mythologiques.

Il s’exécute, dès 1825. Mais la critique est terrible ! On le traite de has been. Gros a dix trains de retard !

Son dernier tableau, Hercule écrasant Diomède, reçoit un accueil tiédasse.

Gros se sent sale, seul, abandonné ! Ajoutez à cela des soucis personnels.

Sa décision est ferme, irrévocable... c'est le suicide.

Bonaparte au pont d’ArcoleBonaparte au pont d’Arcole | ©Rijksmuseum / CC0

Noyé dans la Seine

Le 25 juin 1835, on retrouve le corps du peintre sur les bords de la Seine, près de Meudon.

Mort noyé.

Il s’est étendu, la veille, dans les roseaux sur un lit de sable à un mètre sous l’eau claire, après avoir laissé son chapeau et sa montre sur le rivage.

On retrouve un mot, sur lui, expliquant son geste...

« La véritable cause de la mort de ce cadavre est due à la suffocation occasionnée par son immersion dans l'eau, où il a séjourné environ vingt-quatre heures. […] Personne n'ayant de renseignements à nous donner sur l'individu ni sur l'événement, nous avons fait fouiller ledit cadavre, afin de vérifier s'il n'avait pas sur lui quelques papiers ou autres objets pouvant nous donner des indications sur ses nom, prénoms, qualité et demeure. Nous avons trouvé, dans une de ses poches, une adresse portant : « Baron Gros, rue des Saints-Pères, n° 22 », et un petit papier triangulaire sur lequel sont tracées quelques lignes au crayon, où on lit : « M. Sionnet suppliera ma femme ; je n'ai rien de plus à dire qu'adieu, ma chère femme. »

Tombe de GrosTombe de Gros | ©Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons / CC BY-SA

La vérité

La presse raconte que le peintre a succombé à une attaque d’apoplexie, frappé près de la Seine au bord de laquelle il marchait tranquillement.

Hééé, mais la vérité, on la connaît, pas vrai ?

Et lors des funérailles au Père-Lachaise, personne n'est dupe, ce n’est plus un secret : Gros a mis fin à ses jours !

Et dire qu'en apprenant le suicide de son collègue Léopold Robert, en mars 1835, il s’était écrié : « Un peintre ne doit pas se tuer, il n’a jamais dit son dernier mot »...

Source

  • J. Tripier Le Franc. Histoire de la vie et de la mort du Baron Gros. 1880.