5 anecdotes sur Girodet

De 1767 à 1824

GirodetGirodet | ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain

Partons à la rencontre de Girodet chez lui à Montargis, en 5 anecdotes !

Un peintre entre deux courants du début du 19e siècle, le néoclassicisme et le romantisme.

1 - Un père adoptif

Anne-Louis Girodet de Roucy naît le 29 janvier 1767, à Montargis.

Orphelin de père à 17 ans et de mère à 19, le docteur Trioson, un ami proche de la famille, le prend sous son aile.

D’où son nom complet de Girodet-Trioson qu’il accole après son adoption, en 1809 !

2 - Un touche à tout

Très vite, la peinture l’attire.

Talentueux, nourri grâce à son père adoptif de philosophie et de livres des Lumières, Girodet entre dans l’atelier du grand David et devient prix de Rome en 1789. Il a 20 ans.

Il peint l’histoire ancienne, la mythologie, réalise des décors de fresques murales pour le château de Compiègne, en 1813.

Mais c'est surtout un peintre de portraits.

Girodet réalise celui de Jean-Baptiste Belley, le tout premier conventionnel originaire de l’île de Gorée (Sénégal).

Rare personnalité noire représentée à l’époque !

Le citoyen Belley (1798)Le citoyen Belley (1798) | ©Siren-com / CC0

3 - Tricherie au prix de Rome !

Girodet passe le grand prix de Rome une première fois en 1787 : il doit renoncer au dernier moment !

Pourquoi ? Un de ses rivaux le dénonce !

Comme quoi môssieur Girodet aurait reçu les conseils et les corrections en douce de David, son maître, pendant les deux mois que dure l’épreuve...

Alors que le règlement interdit aux participants de consulter leur maître !

C’est un dénommé Fabre, qui le dénonce, alors que lui a fait la même chose, avec son propre maître.

Girodet se plaint à l’Académie de l’indélicatesse de son collègue.

Il retente le concours en 1788 : cette fois, il obtient la seconde place.

4 - Chateaubriand méditant sur les ruines de Rome

Girodet et l’écrivain breton sont amis.

Girodet connaît ses romans par cœur.

L’écrivain, quant à lui, accrochera la médaille de la Légion d’honneur reçue quelques années plus tôt par Girodet, dans son cercueil.

Pour la petite histoire : en voyant le portrait de Chateaubriand exposé en 1810 au Salon de peinture de Paris, Napoléon grogne :

« Il a l'air d'un conspirateur qui descend par la cheminée » !

Chateaubriand (1811)Chateaubriand (1811) | ©Grégory Lejeune / CC0

5 - Girodet et Napoléon Ier

En 1812, Girodet peint Napoléon Ier en costume de sacre, fier, droit.

Mais il réalise aussi, la même année, une série de croquis, au théâtre du château de Saint-Cloud... nettement moins glamour !

Ils représentent l’empereur en train de s’assoupir pendant une représentation de L’Amant bourru de Monvel !

Il le dessine plusieurs fois, s’endormant, se réveillant en sursaut, penaud, regardant autour de lui, puis faisant mine de sourire en fixant la scène…

Ce n’est plus le même homme : Napoléon a 43 ans, mais en paraît 20 de plus.

Girodet insiste sur son embonpoint et ses traits usés, surmenés…

6 - Le scandale Danaé

En 1799, Girodet peint Mlle Lange en Danaé, une actrice mariée à un riche banquier.

La demoiselle en question avait osé critiquer le premier portrait qu’il avait fait d’elle.

Elle lui demande même à ce que ce tableau soit retiré du Salon de peinture, où il était exposé.

L’artiste (souvent décrit comme peu commode) se venge : il lui renvoie le tableau lacéré et fait exposer à la place un portrait peint en quelques jours...

Pas piqué des hannetons, celui-ci !

Il la représente sous les traits de Danaé nue, avec à ses côtés un gros dindon : son mari.

Girodet fait scandale !

Danaé ? Une princesse de la mythologie grecque, enfermée par son père dans une tour.

La donzelle avait pourtant trouvé le moyen de tomber enceinte de Zeus, transformé pour l'occasion en pluie d’or...

Mlle Lange en Danaé (1799)Mlle Lange en Danaé (1799) | ©Minneapolis Institute of Arts / Public domain

7 - Deux tombes pour Girodet

Girodet meurt le 9 décembre 1824, à l'âge de 57 ans.

Si ses restes reposent aujourd’hui au cimetière du Père-Lachaise, son cœur se trouve dans une urne, dans l'une des chapelles de l’église Sainte-Madeleine de Montargis, sa ville natale.

Sources

  • Nouvelle biographie générale (tome 20). Firmin-Didot, 1857.
  • J. Jules David. Le peintre Louis David, souvenirs et documents inédits. 1880.
  • Philippe Le Bas. Dictionnaire encyclopédique de la France (tome 8). 1842.
  • Chateaubriand. Mémoires d'outre-tombe (tome 2). 1860.
  • Armand Dayot. Napoléon raconté par l'image. 1895.
  • Théodore Gosselin. Histoire anecdotique des salons de peinture depuis 1673. 1881.
  • Inventaire général des richesses d'art de la France : Province, monuments religieux (tome 1). 1886.