Sainte-Menehould, Louis XVI et le pied de cochon fatal

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Pied de porc pané - ©Richard Allaway / CC-BY Pied de porc pané - ©Richard Allaway / CC-BY
Louis XVI Spécialité Révolution Française

Késako ?

Ce sont des pieds de cochons panés, délicatement grillés et cuits avec vin blanc, bouquet garni et oignons. Un régal pour les gourmands, une des recettes typiques de Champagne-Ardenne, plus spécialement du département de la Marne !

On dit la spécialité vieille du XVe siècle (Charles VII en aurait mangé de passage dans la ville). Une confrérie voit même le jour en 2003, avec pour but de faire découvrir la recette au plus grand nombre...

La petite histoire

La petite famille se tire

L'anecdote, aussi rapportée par Alexandre Dumas dans son Grand dictionnaire de Cuisine et par Victor Hugo dans Le Rhin, raconte comment les pieds de cochon et la fuite de Louis XVI à Varennes sont liés : la petite histoire croise la grande !

Nous sommes le 20 juin 1791. Le roi Louis XVI, sentant le vent de la Révolution tourner, se fait la malle de Paris. Hop hop, deux carrosses pleins à craquer plus tard, la reine Marie-Antoinette et ses enfants sous le bras, Louis s'enfuit secrètement en Autriche. Une équipée pas très discrète, puisque la petite famille se fait arrêter...

Un certain Camille Desmoulins va crier sur tous les toits que le roi s'était fait arrêter bêtement à Varennes, en ayant voulu goûter aux pieds de cochon à la Sainte-Menehould ! Le gourmand s'était trop attardé à table...

Pas de bol !

En fait, le roi a bien fait une halte dans la ville de Menehould mais pas pour se goinfrer : non, pour changer les chevaux des carrosses. Pas de bol, le maître de poste de la ville (un certain Jean-Baptiste Drouet) le reconnaît. Vous savez ? Grâce au profil du roi (super reconnaissable) sur une pièce de monnaie...

Il savait que le roi filait ensuite pour Varennes et avait devancé le carrosse royal pour annoncer la venue du roi aux autorités et procéder à son arrestation.

Louis le lâche, Drouet le héros

On connaît la suite, le roi se fait donc arrêter à Varennes le 21 juin 1791... La famille royale se fait gentiment reconduire à Paris sous les hurlements de la foule en délire : Louis a perdu toute crédibilité, il a fui comme un lâche... Quant à Drouet, il devient un vrai héros !

Elu député de la Marne à la Législative puis membre de la Convention en 1792 parmi les Montagnards, on le retrouve en 1800 sous-préfet de Sainte-Menehould. Un fidèle de Napoléon pour qui il sera député pendant la période des Cent-Jours.


Et encore !