Pétrarque et Laure, une histoire d'amour à Fontaine

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La fontaine de Vaucluse - ©Yann / CC-BY-SA La fontaine de Vaucluse - ©Yann / CC-BY-SA
La Sorgue à Fontaine-de-Vaucluse Cours d'eau Histoire d’amour Pétrarque

Le poète et sa jolie muse

Laure et le poète italien Pétrarque... l’amour fou, mais sans espoir de retour de la dame de son cœur... Le 6 avril 1327, Pétrarque aperçoit Laure à la sortie de la messe, à Avignon. Coup de foudre. Elle, Laure de Noves, noble dame mariée à Hugues de Sade (oui, la famille du célèbre marquis).

Elle mourra de la peste en 1348, à peine âgée de 40 ans. Mais Pétrarque ne l’oubliera jamais. C’est à elle qu’il dédie son Canzoniere, ce grand et célèbre poème tout en italien. Pétrarque arrive à Fontaine-de-Vaucluse en 1339. Et il tombe amoureux (décidément) de la petite cité provençale !

Le poète vient en Provence pour la première fois en 1326, à Avignon. Il a 20 ans. Mais pour lui, la cité des papes, c’est « l’enfer des vivants, l’égout de la terre, la plus puante des villes ». Le vice la ronge, les papes l’énervent et il ne le supporte plus. Alors, Fontaine, c’est comme un petit paradis originel, tout pur.

Fontaine et son lit d'émeraude

Là, plus question de jouer un rôle. Il redevient lui-même, loin du monde et de ses obligations. Il travaille comme un fou, écrit, profite du grand air. Il le dit lui-même, c’est à Fontaine qu’il écrit toute son œuvre.

« Exilé d'Italie par les fureurs civiles, je suis venu ici, moitié libre, moitié contraint. Que d'autres aiment les richesses, moi j'aspire à une vie tranquille, il me suffit d'être poète. Que la fortune me conserve, si elle peut, mon petit champ, mon humble toit et mes livres chéris ; qu'elle garde le reste. »

Là, il peut rêver de sa Laure inaccessible... La Sorgue et sa jolie fontaine, il aime y passer des heures.

« La Sorgue, claire et unie comme une glace, coule doucement dans son lit d’émeraudes, et près de ses bords, je cultive un petit terrain pierreux et stérile que j’ai consacré aux Muses. »

(traduction vue dans La France au XIXe siècle, 1845)

Cette Fontaine, c’est la « Reine des fontaines », selon lui.

« Un rocher âpre et menaçant, qui reçoit les vents et les nuages, s’élève ici et va se cacher dans les airs. C’est à ses pieds que les sources de la fontaine ont un abîme, où les nymphes tiennent leur empire mobile. La Sorgue y voit sourdre les eaux majestueuses qu’elle conduit avec un doux murmure. Prodige étonnant, ce fleuve d’une couleur verte brille et se couvre du transparent des émeraudes. C’est dans ce lieu que je possède un petit champ ingrat et rocailleux. »

(vue dans La muse de Pétrarque dans les collines de Vaucluse, Fr. Costaing de Pusignan, 1819).

Le monstre légendaire

Et puis, la légende s’en mêle... L’évêque de Cavaillon saint Véran vient à Fontaine pour chasser l’horrible bestiole qui niche là, le Coulobre. Mais la tradition dit que c’est en fait Pétrarque lui-même qui la vire !

Un jour qu’il se promène sur les bords de la Sorgue, Laure à son bras, il tombe sur la bébête qui sort du trou bleu sombre de la fontaine. La saloperie se rue sur Laure... Mais Pétrarque s’interpose et tue le coulobre d’un coup de poignard.


Et encore !