Petites et grandes histoires de poires

Vinaigrette 0
Image d'illustration - ©Ronincmc / CC-BY-SA Image d'illustration - ©Ronincmc / CC-BY-SA
Louis XI Spécialité

300 poires différentes ??

« Fromage, poire et pain, repas de vilain » dit un vieux proverbe. C'est vrai qu'on la trouve au menu des Hommes depuis bien longtemps... La poire vient de Chine où on la cultive depuis des siècles. Les Romains dans l'Antiquité en font aussi la culture : on dénombre déjà une cinquantaine de variétés !

Chez nous, on en cultive beaucoup au Moyen-Age, même si les variétés sont peu parfumées et sucrées, comme : la poire d'angoisse, le caillou rosat, le hativeau et le saint-rieul. On dénombre une soixantaine de variétés de poires à la fin du XVIe s, plus de 300 au XVIIe s...

Jean de La Quintinie en fait pousser à Versailles pour Louis XIV, qui en raffole : la meilleure reste la bergamote suisse ou bergamote rayée, qu'il appelle la reine des poires. On a aussi la muscate, la frangipane, la cuisse-madame, le caillou-rosat, l'à deux-têtes, le beurré (ou isambert)...

Viennent ensuite l'ambrette ou la poire-de-merveille, l'épine d'hiver et la royale : celle-ci s'appelle d'abord robine mais comme Louis XIV en raffole, La Quintinie change son nom en royale ! La Quintinie parle aussi des poires du Poitou, de celles de l'Anjou (le Saint-Lézin), celles de Touraine (la bon-chrétien)...

La bonne poire de Louis XI

Aah, la poire de Touraine, justement, parlons-en ! La bon-chrétien se cultive au XVIe s. Déjà, Rabelais écrit dans son Pantagruel, livre III chap XIII : « Vous mangerez bonnes poires et pommes crutemenies (bon Chrestien, ndlr). »

Savez-vous ce que rapporte la tradition ? Dans son château de Plessis-les-Tours, Louis XI s'occupe de ses jardins. Il y fait planter des arbres fruitiers, dont des poires bon-chrétien, qu'on connaît depuis longtemps en Touraine.

Mais la légende dit que c'est saint Vincent de Paule qui lui a donné son nom et l'a fait connaître au roi, lors de son passage au château du Plessis. En effet, saint Vincent s'occupe des vergers du château, situés tout près de la petite maison que le roi lui a prêté pour son séjour.

Un passe-temps, une vraie passion, qui lui permet de développer une délicieuse variété de poire. Un jour que le roi lui rend visite, le saint lui en offre une. Louis croque dedans... et la trouve excellente ! Il baptisera le fruit avec le surnom qu'il donnait à Vincent, le Bon chrétien !

Dès lors, on réserve ces poires à l'élite ; elles sont très chères ! On ira même jusqu'à les offrir à l'archiduc de Hongrie venu en visite à Tours en 1500 ! Idem pour Henri II ou Catherine de Médicis, ou lorsque François Ier vient à Vendôme : on fait venir des vergers de Plessis-les-Tours des caisses de ces délicieux fruits.


Et encore !