Pas très sympa, la Madeleine d'Angennes

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Le château - ©Poudou99 / CC-BY Le château - ©Poudou99 / CC-BY
Château de la Ferté-Saint-Aubin Château Madeleine d'Angennes

Edifié en 3 campagnes successives, le château de la Ferté-Saint-Aubin, avec ses élégantes façades de briques, se trouve là depuis... des temps immémoriaux ! Depuis le XIe siècle, exactement, puisqu'il existe sur le site actuel une forteresse du nom de Ferté-Nabert ou Norbert. La seigneurie passe entre de nombreuses mains avant de revenir au XVIe siècle à la famille d'Estampes.

En 1575, par héritage, le château revient à un cousin, François de Saint-Nectaire, qui fait démolir l'ancienne forteresse et construire la partie gauche du logis, appelée le « petit château ». A la génération suivante, vers 1625, on édifie à droite le « grand château ». La génération suivante ?

Oui, en la personne de Henri Ier de Saint-Nectaire puis de Henri II, maréchal de France qui s'illustre courageusement au combat. Sa seconde femme, Madeleine d'Angennes, est jolie et très aventureuse. Pas très fidèle, la dame, murmurent les mauvaises langues ! On dit même qu'elle se compromet dans la célèbre affaire des Poisons...

On lit dans les Lettres de Mme de Sévigné :

« Madeleine d'Angennes de la Loupe, maréchale de La Ferté, Catherine-Henriette d'Angennes, comtesse d'Olonne et Marie-Isabelle de La Mothe-Houdancourt, duchesse de La Ferté, belle-fille de la maréchale, étaient au nombre des femmes les plus galantes de ce temps.

On lit ce qui suit dans les Mélanges de l'abbé de Choisy, qui n'ont pas été publiés : « Le maréchal de La Ferté était à l'agonie ; Sa femme, sa belle-fille, sa belle-sœur étaient autour de lui et criaient : - Monsieur le maréchal, monsieur le maréchal, nous connaissez-vous bien ? Serrez-nous la main, dites-nous qui nous sommes. - Le bonhomme, fatigué de leurs criailleries, rappela ses esprits et leur dit : - Vous êtes des ... - On faisait ce conte à madame Cornuel, qui dit : - On peut juger que le maréchal avait encore toute sa raison. »

Au XIXe siècle, on retrouve la Ferté entre les mains du prince d'Essling, François-Victor Masséna... oui, le fils du célèbre général de Napoléon Ier !


Et encore !