Nicolas Fouquet : découvrez sa vie incroyable en 10 dates-clés !

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Fouquet - ©Public domain Fouquet - ©Public domain
Château de Vaux-le-Vicomte Château Destin tragique Nicolas Fouquet

Surintendant des finances, Nicolas Fouquet devient, en 1659, l’homme le plus riche et le puissant de France !

Comblé, envié, entouré d’amis influents et de jolies femmes, il a tout pour se faire des ennemis...

(Re)découvrez le portrait de cet homme à la carrière fulgurante et au destin tragique en 10 dates-clés !

1 - 1615 : naissance de l'écureuil

Nicolas naît à Paris le 27 janvier 1615.

François Fouquet, son trisaïeul, est marchand de draps à Angers !

Leur nom de famille signifie « écureuil », en patois de l’Ouest de la France (Anjou).

D’où le blason figurant le petit animal roux, qu'imaginera plus tard Nicolas, et la devise créée par son propre père, Quo non ascendet ? (« Jusqu’où ne montera-t-il pas ? ») !

2 - 1634 : début de carrière

Nicolas Fouquet est le 3e rejeton d’une fratrie… de 12 !

On est pieux, chez les Fouquet : les 6 filles deviennent religieuses, les 6 garçons prêtres.

Nicolas doit prendre le même chemin... jusqu’à ce qu’il se rebelle et passe sa licence de droit ! Après tout, papa est conseiller au parlement de Paris, en plus de sa charge de conseiller d'Etat.

A tout juste 18 ans, en 1634, Nicolas devient conseiller au parlement de Metz, puis intendant du Dauphiné, de Picardie, puis de Paris.

Jusqu'à ce qu'on le remarque, à la Cour...

3 - 1640 : mort de son père

A la mort de son pater en 1640, Nicolas hérite de sa fortune, qui comprend entre autre de grosses parts dans la Compagnie des Iles d’Amériques (son père la dirigeait) et l’île de Sainte-Lucie !

La fortune de Fouquet devient colossale, carrément indécente, alors que les caisses du royaume sont vides...

4 - 1653 : surintendant des Finances

Ce qui change la destinée de Fouquet, c’est la Fronde.

Vous savez ? La rébellion des grands du royaume, pendant la minorité du futur Louis XIV !

Fouquet choisit de supporter le parti de la reine-mère et du cardinal Mazarin.

Bingo : les deux le récompensent et font sa fortune. Voilà Fouquet qui devient surintendant des finances, en 1653.

Ouuuh, les finances... une gestion ô combien difficile, à l’heure où les caisses du royaume, on l'a dit plus haut, sont désespérement vides (la faute des guerres et des dépenses perso du roi, mais chut, on ne vous a rien dit).

A Nicolas, donc, de trouver des ressources et d’éviter la banqueroute.

Comment ?

En multipliant des prêts au Trésor royal avec son propre argent, à des taux élevés, qui plombent encore plus les dettes royales !

5 - Mars 1661 : le début de la fin, la jalousie de Colbert

Mais voilà Colbert qui débarque. Un riche marchand, favori du cardinal Mazarin (il gère sa fortune), qui veille, tapi dans l’ombre.

Il va médire, calomnier, salir Fouquet auprès du roi ! Comment ?

En lui racontant comment môssieur Nicolas trafique des choses pas bien honnêtes avec l'argent du royaume, en lui décrivant la façon dont il crâne un peu trop...

Là ! Vous avez vu ? Ce qui perd Fouquet, c’est la jalousie de Colbert, qui l’accuse d’avoir détourné des millions !

Celui-ci estime que moins de 50 % des impôts destinés au roi… sont parvenus au roi.

Et quand Mazarin meurt, en mars 1661, sa place de premier ministre est libre : Fouquet se laisserait bien tenter.

Sauf que… Colbert veille, malveillant. Lui aussi brigue le poste, non mais !

Oui, mais... Louis XIV ne veut pas de nouveau premier ministre dans ses pattes. Il veut prendre les rênes du pouvoir, seul, en monarque absolu !

Plus besoin de ministre… plus besoin non plus de ce Fouquet super gênant pour son règne de supra-Soleil-Dieu-vivant-sur-terre.

Et puis, il a beaucoup plus confiance en Colbert...

6 - Juillet 1661 : Colbert perd Fouquet

Comment Colbert arrive à perdre définitivement Fouquet ?

En faisant miroiter à Nicolas le poste de chancelier, pour qu’il vende en retour son poste de procureur général.

Ainsi, Fouquet perd la protection de tous ses collègues magistrats parisiens : tac, on peut lui faire un procès !

Vient s’ajouter à cela le complot de Saint-Mandé.

Fouquet sent bien qu'il agace, à la cour. Il a peur d'un traquenard, d'un coup fourré qui lui ferait tout perdre.

Hop, il réunit tous ses alliés, chez lui à Saint-Mandé : il prévoit de déclencher une guerre civile depuis Belle-Ile (il a acheté et fortifié la citadelle dont il voulait faire le plus grand port d’Europe) !

Vous voyez ? Cet homme est dangeureux, il fortifie une place-forte, c'est la preuve qu'il complote contre le roi !

Arrêtons-le !

7 - Août 1661 : la fête à Vaux-le-Vicomte

C’est dans son château de Vaux que Fouquet signe son arrêt de mort, le 17 août 1661, en organisant la plus belle fête jamais vue en France, en honneur du roi.

A l’époque, Louis XIV a la vingtaine, ce n’est pas encore le tout puissant roi Soleil.

Versailles ressemble à un taudis, ses autres châteaux royaux font pitié, et là... et là son surintendant, plus riche que lui, l'invite dans son somptueux palais !

On imagine la tête de Louis... Vaux, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Vaux, c'est ce palais 4 étoiles que Colbert dit construit avec l'argent du royaume...

Triste ironie, Vaux-le-Vicomte servira de modèle au château de Versailles !

Louis XIV fera appel au cultissime trio qui travaille à Vaux : l'architecte Le Vau, le paysagiste Le Nôtre, le peintre Le Brun.

8 - Septembre 1661 : l'arrestation

Nantes, 4 septembre 1661.

Le roi assiste aux Etats Généraux de Bretagne flanqué de Colbert et Fouquet.

Tranquillement... innocemment... hé non, pas du tout !

Louis XIV a soigneusement organisé l'arrestation de Nicolas pour le lendemain matin, après la fin du conseil.

Le célèbre d’Artagnan s'en charge.

Le mousquetaire fait arrêter la chaise à porteur de Fouquet au niveau de la cathédrale Saint-Pierre.

Nicolas, tout étonné, n'oppose aucune résistance !

9 - Décembre 1664 : la condamnation

On poursuit Nicolas pour crime de lèse-majesté, concernant le complot dit de Saint-Mandé en 1661, et pour malversation financière.

Mais le procès de Fouquet est une mascarade remplie de preuves douteuses et manquantes, avec un Colbert qui s’acharne, des juges manipulés…

OUI, Nicolas est devenu riche, mais pas plus que d'autres à l'époque, et par des moyens totalement légaux !

Fouquet échappe de justesse à la peine capitale, mais pas à la prison : il passera 26 longues et pénibles années enfermé dans le fort alpin de Pignerol.

10 - 1680 : ci-gît…

Nicolas Fouquet pousse son dernier soupir dans sa prison de Pignerol en 1680, devant les yeux de son fils, venu lui rendre visite.

Fouquet repose aujourd’hui (même si aucune trace n'est visible) dans le temple de la Visitation, dans le quartier du Marais, à Paris.

Une mort toutefois bien mystérieuse, puisque :

• d’une, on n’a jamais retrouvé les restes du surintendant, que ce soit à Pignerol où à Paris.

• de deux, des rumeurs d’empoisonnement circulent. Fouquet aurait été libéré peu avant sa mort, et des sbires de Colbert l’aurait empoisonné...

Conclusion

Jean-Baptiste Colbert prend la place de Fouquet en 1661.

Heureusement pour lui, il fait plutôt bien son boulot : nommé ministre d’État en 1662, surintendant des Bâtiments royaux en 1664, contrôleur général des Finances en 1665, il se révèle ultra compétent et dévoué.

Il rétablit les finances, développe l’économie, les manufactures. Et hop, en passant, il accumule une fortune colossale, ce dont il avait accusé Fouquet !

Quant à notre pauvre Fouquet, il reste de lui le château de Vaux-le Vicomte, superbe témoin de sa carrière fulgurante...


Et encore !