Les fresques de Lourouer-Saint-Laurent

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Détail - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA Détail - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Eglise Saint-Pardoux de Lourouer-Saint-Laurent Eglise paroissiale

L'église

Tout près de Nohant-Vic et de son église romane à fresques, voilà une autre église à fresques ! Lourouer veut dire « lieu de prière, d'oraison ». On pense que l'église dépendait de l'abbaye de Massay (18) puis de celle de Déols (36).

L'église est très ancienne, elle date du XIe s. Tout au long des siècles, elle a été agrandie : le chœur actuel voit le jour au XIIIe et XIVe s, avec en même temps l'aménagement des chapelles latérales. Au XVIIe s, construction du clocher...

La première campagne de restauration date de 1989, lorsque les peintures sont restaurées. En 2000, deuxième phase de travaux portant sur tout l'édifice, intérieur comme extérieur.

On a une nef unique, une tour-porche (comme à Brinay ou à Sainte-Anne de Nohant), un chœur de style gothique, des chapelles latérales dont celle d'un seigneur du XVIe s.

La nef de style roman est donc l'élément le plus ancien. Et c'est dans cette nef qu'on a retrouvé des peintures murales à la fin du XXe s, sous une dizaine de couches de badigeon !

Les peintures murales

Saints et saloir

On a recensé une incroyable superposition de peintures murales : pas moins de 5 époques se mélangent ! Mais en général, ces fresques romanes datent d'entre le début du XIIe et le XIIIe s.

On a des scènes de la Passion principalement. Doit-on ces peintures aux moines qui ont réalisé celles de l'église de Nohant ? C'est possible, après tout, quelques kilomètres seulement séparent les deux édifices... et les deux églises dépendaient de l’abbaye de Déols.

Alors, qu'est-ce qu'on a ? Dans la nef, une Vierge à l'enfant, une mise au tombeau, une descente de Croix, une crucifixion. Sur le mur nord de la nef, on reconnaît saint Jacques, un paysan avec l'inscription AGRICOLANUS, saint Nicolas qui ressuscite les enfants dans le saloir. Sur le mur sud, l'apparition de Jésus à Marie-Madeleine ou le repas chez Simon le Pharisien...

Le paysan trime dur

Et là... surprise ! Voilà les signes du Zodiaque (symboles des mois de l’année) dans des médaillons ainsi que les travaux quotidiens du paysan (comme à l'église de Brinay) : étonnant dans une église ? Pas forcément.

Les travaux des saisons associés aux zodiaques est un thème fréquent dans l'art roman, à une époque où l'homme médiéval se repère dans le temps grâce à ses activités agricoles (moisson, vendange...).

Là, un dragon !

Dans le chœur décoré de ses boiseries de style Louis XIV, on a des fresques (gothique, cette fois-ci !) représentant le combat d'un chevalier et d'un dragon : saint Georges ? Saint Michel ? C'est vous qui voyez !

Sur toutes ces peintures, remarquez les détails, comme certains visages mieux conservés que les autres...

La petite anecdote

On a aussi trouvé lors de fouilles un trésor de 130 pièces de « gros », monnaie en cours au XVe s dans le royaume de Bourges.

Le chemin de croix et les bancs de l'église ont été réalisés par devinez qui ? L'abbé Aymon, l'habile curé menuisier de Thévet-Saint-Julien ! Ah, mais oui, le Berry, c'est tout petit...


Et encore !