Le mariage basque de Louis XIV et le macaron de Saint-Jean-de-Luz

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Maison Adam - ©Peter Robinett / CC-BY Maison Adam - ©Peter Robinett / CC-BY
Festivités Mariage Louis XIV Marie-Thérèse d'Autriche Spécialité

Késako ?

Il est marqué sur la boîte carrée des macarons de Saint-Jean-de-Luz paré gabéa, « sans pareil » en basque... Le ton est donné ! Ces macarons ronds, dorés et moelleux viennent tout droit du pays basque. Fabriqués depuis 1660 par la maison Adam, ils font le bonheur de la cour du roi Soleil le jour de son mariage !

Ils se composent de blancs d’œufs, de sucre et d’amandes valencia ou marcona... amandes originaires d'Espagne, petit clin d’œil aux origines de la femme de Louis XIV peut-être ! En tout cas, la recette n'a pas bougé d'un pouce depuis 4 siècles...

La petite histoire

Louis rechigne un peu

Comme les macarons de Joyeuse, ceux de Saint-Jean ont été créés tout spécialement pour un mariage. Pas n'importe lequel ! Celui de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche, qui comme son nom l'indique... est espagnole. C'est la petite-fille d'Henri IV et la propre cousine germaine de Louis, et ce n'est pas vraiment le grand amour.

D'autant que Louis a la tête ailleurs : il en pince pour la belle Marie Mancini, la nièce de Mazarin ! Même que son coup de cœur fait retarder le mariage... Mazarin voit rouge et exile la jeune femme. Eh ben voilà ! Le mariage peut avoir lieu : la cérémonie se passe à Saint-Jean-de-Luz le 9 juin 1660. Bref !

Contrat de mariage

Tout sauf romantique, ce mariage ! Il faut dire que Mazarin, qui veut la paix avec l'Espagne contre qui la France est en guerre depuis un siècle, a conclu ledit mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse en 1659 dans le cadre du traité des Pyrénées. L'union ne représente qu'une toute petite clause parmi les 124 articles que compte le traité !

L'infante apporte entre autre 500 000 écus d'or de dot (une somme co-lo-ssale) et doit renoncer à ses droits sur la succession de son père, le roi Philippe d'Espagne. La signature du traité des Pyrénées se déroule dans l'île aux Faisans, sur la Bidassoa à côté d'Hendaye. Nous sommes le 7 novembre 1659.

Le coup de froid de Velázquez

Mazarin, parti de Fontainebleau en juillet 1659, arrive à Bayonne avec une centaine de mousquetaires, autant d'hommes d'armes, 200 domestiques et écuyers, une dizaine de carrosses... La même chose du côté espagnol avec le ministre don Luis de Haro ! Enfin on se réunit sur la petite île.

Chacun a son camp, un grand pavillon meublé couvert de tapisseries brodées d'or. Velázquez vient spécialement d'Espagne pour décorer la tente où se signera le traité. Il faut qu'il en mette plein la vue aux Français... Le peintre se démène jour et nuit.

Tiens, fais pas bien chaud ici, pense-t-il en toussotant un jour. Trop tard : le pauvre Diego meurt d'un mauvais coup de froid attrapé sur le chantier, quelques jours après la fin des travaux...


Et encore !