Le macaron de Joyeuse ou l'histoire d'un sacré mariage

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Les macarons - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA Les macarons - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Mariage Festivités Anne de Joyeuse Spécialité

Késako ?

Ce petit gâteau est la spécialité de la ville de Joyeuse, en Ardèche. La recette de ce macaron tout rond, au bon goût caramélisé ? Amandes, noisettes, blancs d’œufs, sucre, farine : le tout sans colorant ni conservateur !

La petite histoire

Ca commence par un mariage

Joyeuse, c'est une ville d'Ardèche. Mais c'est aussi le nom d'Anne, duc de Joyeuse ! Vous vous demandez pourquoi je vous parle de ce monsieur (oui, Anne, à l'époque est un prénom masculin) ? Parce que la petite histoire des macarons commence avec lui...

La reine Catherine de Médicis en fait faire exprès pour le banquet du mariage du duc et de Marguerite de Lorraine-Vaudémont, le 18 septembre 1581.

Alors, ce marié ? Fils aîné de Guillaume de Joyeuse et de Marthe de Batarnay. Amiral de France, gouverneur de Normandie, c'est un vrai guerrier, courageux au combat, mais maquillé comme une femme à la Cour : monsieur est un mignon et favori du roi Henri III...

Et la mariée ? Sœur de la reine, belle, blonde et délicate... Ils s'aiment, on dirait bien ! En ce beau jour encore chaud de septembre, voilà toute la cour réunie à Paris, à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.

Du jamais vu !

C'est un magnifique mariage, royal ! La plus belle fête jamais vue... Le Journal de Pierre de l'Estoile, le chroniqueur de l'époque, rapporte que le mariage, « les tournois, mascarades, présents, musique, livrées » coûtèrent au roi plus de 100 000 écus !

Une fortune pour l'époque. Pour l'occasion, il érige le fief ardéchois d'Anne, à Joyeuse, en duché-pairie. Pierre de l'Estoile, rapporte la somptuosité de l'événement... mais aussi son côté ridicule dans ses Mémoires.

Le roi avait voulu que le marié s'habille comme lui, « tant couvert de broderies et de pierreries qu'il n’était pas possible de les estimer, car tel accoutrement y avait qui coûtait 10 000 écus de façon. »

La fête donnée par Catherine de Médicis, où sont présentés les petits macarons, se passe le 15 octobre 1581. « Festin de la reine au Louvre, nous dit l'Estoile, et après le festin, le ballet de Circé et de ses nymphes ». Le 16, rapporte toujours l'Estoile, tournois ; le 19, « ballet de chevaux ».

En tout cas, les macarons ont tellement plu au duc qu'il les ramène dans son fief ardéchois de Joyeuse. Sans savoir que des siècles plus tard, le petit gâteau aux amandes passera à la postérité !


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