Le château de Mayac, le chevalier d'Aydie et sa belle Aïssé

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Le château - ©Père Igor / CC-BY-SA Le château - ©Père Igor / CC-BY-SA
Château de Mayac Château Histoire d’amour Destin tragique Mlle Aïssé

Le château ne se visite pas, mais si on vous en parle c'est qu'il y a une raison... vous voulez savoir laquelle ? Parce qu'on se trouve ici sur les terres du chevalier d'Aydie, le grand amour de la célèbre Aïssé, épistolière malgré elle. Cette très belle (et triste) histoire née au cœur du XVIIIe s a laissé son empreinte ici.

Aïssé et le chevalier

Coup de foudre !

Mais faisons d'abord connaissance avec Blaise d'Aydie : un chevalier de Malte, un gentilhomme périgourdin beau et romantique. De son Périgord natal, il monte à Paris, comme on dit, faire son entrée à la cour de Versailles : pour ça il a ses entrées. Merci qui ? Merci cousin !

Une fois dans les petits papiers du roi, il vaque, se promène, tiens, dans un des salons à la mode par exemple. Là... il rencontre Aïssé, la belle Aïssé, la petite esclave achetée à Constantinople en 1698 par le comte de Ferriol, ambassadeur de Louis XIV. Bam ! Coup de foudre ! De cette histoire compliquée naîtra une petite fille : Célinie.

Loin du monde...

Mais Aïssé meurt le 13 mars 1733... Le pauvre chevalier lui survit des années encore... et quitte Paris, son agitation. Pour se retirer dans sa terre périgourdine de Mayac, chez sa sœur, Mme d'Abzac.

Il va en faire un nid douillet pour sa fille dont il s'occupe avec amour. Sainte-Aulaire raconte que le père était si fière de sa fille, si belle, qu'il l'emmenait de château en château la présenter à tout le monde !

Jusqu'à ce que leur route croise celle du vicomte de Nanthiat, Pierre de Jaubert. Et en septembre 1740, Célinie devient vicomtesse de Nanthiat... Mais de son château de Mayac, le chevalier continue d'écrire à sa fille, la conseille, la soutient, l'aime plus que tout.

Au début de l'année 1742, Célinie met au monde une petite Marie-Denise, une fille unique... On dit que le chevalier envoie un portrait d'Aïssé à sa fille comme cadeau de naissance...

Le chevalier sur ses terres

Après le mariage, D'Aydie passe tout son temps à Mayac, à « se promener, chasser, lire, rêver et goûter en paix le plaisir de ne rien faire. » On est au XVIIIe s, en province, on a un sacré train de vie dans les châteaux ! On est en Périgord en plus, on mange bien !

Sainte-Aulaire raconte qu'au château, il y a tout le temps des invités imprévus pour le dîner, une douzaine d'homme et de femmes arrivés à cheval avec chacun deux domestiques. On mange bien au château, on s'amuse aussi.

Seulement Mayac, ce n'est pas Versailles et il raconte qu'on dormait à plusieurs dans les salons, les couloirs et les boudoirs, les femmes se reposant... dans le même lit ! D'Aydie, qui passe le plus clair de son temps avec sa famille, neveux et frères réunis, raconte ses journées :

« Il gèle bien serré depuis quelques jours, et nous voilà claquemurés. Quel remède à cela ? Faire grand feu et boire du meilleur. Puis nous jouons au volant et nous dansons. »

En vieillissant, la santé déjà un peu fragile du chevalier ne s'arrange pas vraiment. La goutte le fait souffrir. Rha, saleté de goutte ! Ca ne l'empêche pas de galoper à cheval ou d'aller à la chasse mais... elle finira quand même par avoir raison de lui en 1760... (vu dans Correspondance inédite du Chevalier D'aydie faisant suite aux lettres de Mlle Aïssé)


Et encore !