La vérité de Lapalisse, la petite histoire derrière la confiserie

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Les vérités - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA Les vérités - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Jacques II de Chabannes Spécialité

Késako ?

Voilà une confiserie originaire du département de l'Allier (Auvergne). C'est un caramel enrobé dans sa fine couche de sucre, parfumé au café, à la noisette, à la myrtille ou à la framboise... Une confiserie créée en 1922 par Jean Sauvadet.

La petite histoire

Hardi, le chevalier !

Mais alors, ce fameux La Palice ? Qui est-il vraiment ? Voilà Jacques II de Chabannes, sire de La Palice (1470-1525). Il compte parmi les principaux capitaines de Louis XII. A la tête de l'armée du roi dès 1512, il devient vite maréchal de France.

Courageux, loyal, c'est un grand chevalier (dans le sens noble du terme) comme on les aimait au Moyen-Age : un des derniers de cette trempe, aussi ! Le voilà compagnon d'armes du nouveau roi, François Ier. A ses côtés, il brille par sa hardiesse...

Jusqu'au bout de l'enfer

Seulement, voilà, à Pavie, c'est la boucherie ! Nous sommes en 1525. La Palice va vivre ses derniers instants. Brantôme écrit :

« Il fit en ce jour d'aussi beaux combats que jamais il en avait fait au plus beau de son âge. »

Mais le seigneur s'emballe, se jette dans une charge qu'il n'aurait peut-être pas dû faire... son cheval se fait embrocher, tombe à terre... Jacques accuse le coup, se relève...

Mais voilà qu'un Espagnol lui décharge un violent coup d'arquebuse en pleine poitrine. Game over... Brantôme dit encore : « Il ne pouvait mourir autrement, car qui a bon commencement a bonne fin »...

La vérité en chanson

Bon. Le grand La Palice (plus tard changé en Lapalisse) vient de passer l'arme à gauche. Son nom n'est pas encore passé à la postérité... non ! La chose se fait lorsque ses fidèles amis composent un quatrain en sa mémoire.

Il se termine par la célèbre phrase : « S'il n'était mort, il ferait encore envie »... Qui plus tard par déformation a donné « il serait encore en vie » ! Tout ça à cause de la façon dont s'écrivait le « f » à l'époque... Serait, ferait, y'a qu'un pas !

2 siècles plus tard, Bernard de La Monnoye (1641-1728) compose la célèbre Chanson de La Palisse, histoire de se moquer des grandes vertus chevaleresques du seigneur... Ca ne lui a pas échappé, à Bernard, le coup du « s'il n'était mort, il serait encore en vie » !

Du coup, sa chanson et sa cinquantaine de quatrains se terminent tous par une « lapalissade », une « vérité de La Palice » : expression qui désigne une vérité qui saute aux yeux. Une affirmation évidente, un peu bébête, du coup... Pauvre La Palice ! A quoi ça tient, parfois, l'Histoire... La Vérité est emballée dans un papier imprimé d'un des quatrains tirés de la chanson de La Monnoye.


Et encore !