La légende de la soupe au caillou

Vinaigrette 0
Image d'illustration - ©gran / CC-BY-SA Image d'illustration - ©gran / CC-BY-SA
Spécialité Légende

Késako ?


Vieille, très vieille recette paysanne bien implantée dans l'Est de la France, surtout en Lorraine et en Moselle. C'est une soupe de légumes à laquelle on ajoute un gros caillou. Ce caillou, lorsque les légumes vont cuire, va taper le fond de la marmite et ainsi broyer les légumes petit à petit.

La petite histoire


La tradition veut que la recette vienne d'une vieille légende, que voici : un beau soir d'automne, deux moines s'arrêtent dans un petit village. La misère ! Ils n'ont rien mangé depuis deux jours. Ils frappent à la porte d'une maison, à tout hasard. Des enfants leur ouvrent. Les parents ne sont pas encore rentrés des champs. Ils leur ont bien dit de ne rien offrir à des étrangers, rien à manger ! Un peu radins, les gens, grimacent les moines...

Rien ne cuit dans la cuisine d’ailleurs, aucune odeur alléchante, rien... Les gamins les font quand même entrer, leur allument un petit feu. Moui, c'est gentil, mais eux, ils veulent manger ! Alors, les deux compères proposent de faire une soupe. « Mais y'a rien pour la faire, ta soupe ! » rétorquent les gamins. « Pas grave ! » lance l'un des moines. « Parce que c'est une soupe au caillou que j'veux faire. Pas besoin d'ingrédients... »

Les gamins ouvrent des yeux ronds comme des soucoupes. Du caillou ?! Mais oui, ils n'ont qu'à leur donner de l'eau et un gros caillou bien lavé et ça ira. Les enfants leur donnent. La marmite se met à bouillir, le caillou dedans. Mais il ne cuit pas... Les moines accusent l'eau, qui ne doit pas être bonne parce que normalement, la recette marche, hein ! Il faut mettre un peu de sel dedans ! Les enfants leur donnent.

Mais il faudrait aussi du beurre, des oignons, du chou, des carottes... que les gamins leur filent, toujours émerveillés. « Ah, vous voyez ! Là, on a une excellente soupe » s'exclament les moines. Les gamins, subjugués, apportent des assiettes, du pain, et les deux gros malins peuvent manger. La soupe a été engloutie mais personne ne toucha au caillou...


Et encore !