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Void, le fief du fardier de Cugnot, l'ancêtre de l'automobile !

Quand : 1770

Détail du monument | ©Camster / Wikimedia Commons / CC-BY-SA
Statue Inventeur et créateur Monument à Joseph Cugnot

L’ingénieur originaire de Void en Lorraine est le père de la toute première automobile jamais conçue, en 1770 !

D'où l'obélisque commémoratif en plein bourg.

Sources : Les merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes (1867).

La statue

Nicolas Joseph Cugnot naît ici, à Void, le 25 septembre 1725. Voilà pourquoi un obélisque honore sa mémoire…

La statue d’origine représentant Cugnot assis a malheureusement été fondue par les Allemands, pendant la Seconde Guerre Mondiale.

L’obélisque actuel date de 1969.

Vous remarquerez sur une des faces du piédestal l'invention principale de Cugnot : le fardier, ou la toute première automobile du monde !

L'histoire de Cugnot et de son fardier

Ingénieur en Allemagne

Cugnot commence sa carrière en Allemagne, en qualité d’ingénieur.

Il passe ensuite aux Pays-Bas, entre au service du prince Charles-Alexandre de Lorraine.

Il publie un ouvrage sur La fortification de campagne théorique et pratique et créé un nouveau modèle ingénieux de fusil, adopté par les uhlans du maréchal Maurice de Saxe.

Des premiers succès grisants, pour le jeune Lorrain, qui ne compte pas s’arrêter là !

La suite ? Elle se passe à Bruxelles, où il construit ses premiers fardiers à vapeur, de gros chariots massifs destinés à tracter de lourdes charges.

Il se retire finalement de l’armée en 1763, bien décidé à poursuivre ses propres travaux.

Quid du fardier ?

La traction hippomobile ? Pfff, dépassée, archaïque ! Il faut la remplacer. Par une auto-mobile, littéralement, « qui se meut par elle-même » !

Cugnot reprend son bon vieux fardier militaire et l’améliore.

L’engin en question mesure 7 m de long, 2 de large, pour un poids de presque 3 tonnes. L’ancêtre des chars d’assaut modernes…

Ce fardier, qui fonctionne à la vapeur, se compose de trois parties : le châssis et ses deux roues à l’arrière ; le « moteur » à deux pistons actionnant une roue avant ; la chaudière à haute pression, à l’avant.

Il y a des inconvénients de taille, toutefois ; il faut recharger le moteur toutes les 10 minutes environ, le freinage est quasiment inexistant, et niveau vitesse, même les chevaux font mieux : 4 km/h maximum !

A la base, le fardier sert pour le transport des canons, on l’a vu. Alors l’armée, vous pensez bien, se montre très intéressée et investit dans le projet...



Un ancien rapport dit :

« En 1769, un officier suisse, nommé Planta, proposa au ministre Choiseul plusieurs inventions, lesquelles, en cas de réussite, promettaient beaucoup d’utilité. Parmi ces inventions, il s’agissait d’une voiture mue par l’effet de la vapeur d’eau produite par le feu.
« Le général Gribeauval ayant été appelé pour examiner le prospectus de cette invention, et ayant reconnu qu’un nommé Cugnot ancien ingénieur chez l’étranger et auteur de l’ouvrage intitulé Fortifications de campagne, s’occupait alors d’exécuter à Paris une invention semblable, détermina l’officier suisse Planta à en faire lui-même l’examen.
« Cet officier l’ayant trouvé de tous points semblable à la sienne, le ministre Choiseul chargea l’ingénieur Cugnot d’exécuter aux frais de l’État celle par lui commencée en petit.
« Mise en expérience en présence du ministre du général Gribeauval et en celle de beaucoup d’autres spectateurs et chargée de quatre personnes, elle marcha horizontalement, et j’ai vérifié qu’elle aurait parcouru environ 1 800 à 3 000 toises par heure si elle n’avait pas éprouvé d’interruption.
« Mais la capacité de la chaudière n’ayant pas été assez justement proportionnée avec assez de précision a celle des pompes, elle ne pouvait marcher de suite que pendant la durée de douze à quinze minutes seulement, et il fallait la laisser reposer à peu près la même durée de temps, afin que la vapeur de l’eau reprît sa première force ; le four étant d’ailleurs mal fait, laissait échapper la chaleur ; la chaudière paraissait aussi trop faible pour soutenir dans tous les cas l’effort de la vapeur.
« Cette épreuve ayant fait juger que la machine exécutée en grand pourrait réussir, l’ingénieur Cugnot eut ordre d’en faire construire une nouvelle qui fût proportionnée de manière à ce que, chargée d’un poids de huit à dix milliers, son mouvement put être continu pour cheminer à raison d’environ 1800 toises par heure. Elle a été construite vers la fin de 1770 et payée à peu près 20 000 livres. »


Le fardier du musée des Arts et Métiers

Le fardier du musée des Arts et Métiers | ©Mustang Joe / Flickr / CC0

Coups durs pour Cugnot

Le fardier prêt en 1770, les premiers essais se déroulent à Vanves. Paf, l’accident : on ne parvient pas à freiner, le fardier défonce un mur en briques !

En 1771, les réparations faites, autre coup dur : Cugnot perd ses deux principaux soutiens, Choiseul et Gribeauval, respectivement secrétaire d’État à la guerre et officier ingénieur.

L’un a démissionné, l’autre a été disgracié... Les tests ne se poursuivront donc pas.

En 1793, le comité de Salut public fait main-basse sur le fardier : objectif, le fondre pour en faire des armes ! Des officiers s’y opposent. Sauvé !

Mais le fardier est laissé de côté à l’Arsenal dès 1801, puis tombe petit à petit dans la gueule obscure du temps.

Cugnot a alors 75 ans. Il meurt quatre ans plus tard, en 1804.

Des répliques à voir !

Le fardier d’origine est exposé au musée des Arts et Métiers de Paris. Il est dans un incroyable état de conservation, dû à son long oubli à l’Arsenal de Paris.

A noter aussi que vous pouvez voir à Void la réplique identique du fardier de Cugnot, réalisée par les étudiants de l’école des Arts et Métiers ParisTech en 2010. Il est même en état de marche !

À propos de l'auteure

Vinaigrette
Passionnée par les balades et par l'Histoire, grande ou petite... pleine de détails bien croustillants, si possible !